Francis Puara Cowan – Le maître de la pirogue polynésienne – Tahu'a va'a
Par Jean-Marc Tera'ituatini Pambrun le jeudi 6 décembre 2007, 14:22 - Récit de vie - Lien permanent
Enfin sorti, le récit des mémoires maritimes de Francis Cowan sera dédicacé
par le célèbre navigateur et Jean-Marc Pambrun le samedi 15 décembre 2007 à la
librairie Odissey de 9 h à 12h.

Francis Puara Cowan – Le maître de la pirogue polynésienne – Tahua
va’a, Éditions
le motu, Pape'ete, 2007.
Une autobiographie recueillie par Jean-Marc Tera’ituatini Pambrun
Préface d’Olivier de Kersauzon
4ème de couverture :
Qui est Francis Puara Cowan ? Sans doute l’une des figures de la navigation polynésienne à l’ancienne du XXe siècle les moins connues du grand public, mais la plus extraordinaire.
En 1947, il a le privilège de côtoyer l’équipage du Kon Tiki à Tahiti et se lie d’amitié avec Hermann Watzinger, le second de Thor Heyerdhal. Il n’a que vingt ans et n’a plus qu’un seul but : réaliser un exploit similaire et tenter de retrouver les voies migratoires de ses ancêtres.
En 1956, Eric de Bisschop lui en donne l’occasion. Il confie à Francis Cowan la construction du radeau Tahiti Nui, l’embarque dans l’aventure comme commandant en second pour accomplir un périple vers l’est de près de sept mois qui s’achèvera au large des côtes chiliennes.
Durant les trente ans qui suivront, cet autodidacte de la navigation expérimente les gréements traditionnels polynésiens les plus divers, construit plusieurs pirogues à voile en s’inspirant des techniques anciennes.
Et en 1981, il entreprend pendant quatre ans, avec l’aide de son gendre Matahi Brightwell, de construire Havaiki Nui, une grande pirogue double entièrement faite à la main, avec laquelle il ralliera sans aucun instrument de navigation Tahiti à la Nouvelle-Zélande au terme d’un voyage de 71 jours.
Âgé aujourd’hui de 81 ans, il veut achever la construction de sa nouvelle pirogue double, Hawaiki Nui II. Objectif : faire l’aller-retour entre Tahiti et le Chili, et repartir vers l’ouest en direction de la Nouvelle-Zélande. Un parcours de 7500 milles.
Olivier de Kersauzon, qui éprouve une véritable fascination pour ce personnage hors du commun, se demande encore : « Qu’est-ce que les dieux de la mer polynésiens ont soufflé à l’oreille de Francis Cowan ? »
Extrait :
En fait, celle qui m’a peut-être indirectement incité à naviguer, c’est ma mère, Hermance Céran-Jérusalemy. Elle s’intéressait aux gens de la mer et lisait beaucoup d’ouvrages sur les navigateurs. Et moi j’en profitais ! C’est elle qui m’a transmis le virus. Comme elle, je lisais beaucoup et j’étais passionné par les récits des grands navigateurs. Quand je repense à cette période, je ne peux pas m’empêcher d’évoquer un trait de caractèretout à fait extraordinairechez ma mère. Elle avait appris la langue anglaise sans quitter la Polynésie. Elle parlait, lisait et écrivait parfaitement cette langue. J’étais toujours étonné de l’aisance avec laquelle elle parlait l’anglais, elle qui n’avait jamais mis les pieds à l’étranger. Du coup, avant l’âge de 20 ans, j’avais lu tous les classiques sur le sujet : les grands découvreurs bien sûr, comme Samuel Wallis, Louis- Antoine de Bougainville, James Cook, mais aussi Joshua Slocum, Harry Pidgeon, Henri de Monfreid, Eric de Bisschop ou Alain Gerbault, que j’avais connu étant gosse parce qu’il jouait au tennis avec André, mon frère aîné. Mais curieusement, ceux qui m’ont le plus inspiré ce sont Henri de Monfreid et Eric de Bisschop. Henri de Monfreid était un peu contrebandier et les aventures extraordinaires qu’il avait vécues en Mer Rouge me fascinaient. Par la suite, j’ai lu Eric de Bisschop, dont les périples sur des jonques chinoises, tout comme le récit de Tatibouët, son compagnon de voyage, dataient d’avant-guerre. Mais j’étais surtout habité par les récits d’Henri de Monfreid. Sans me douter qu’un jour, je tomberais sur Eric de Bisschop à Pape’ete. Mon rêve, c’était de voir ce qui se passe lorsqu’on se trouve sur un quatre-mâts autour du Cap Horn en pleine tempête. Je rêvais de ça. Je voulais voir une tempête. Eh bien, j’ai été servi sur le Tahiti Nui ! Et depuis je pense toujours aux gars qui travaillaient autrefois sur ces quatre-mâts.
Commentaires
Ia ora 'oe e Tera'ituatini !
Aaaaaah, enfin ! Je salive de manière indécente depuis le salon du livre outre-mer où tu présentais le "prototype" de cet ouvrage...
Enfin donc, le bateau livre le bateau-livre du bateau ivre de la joie de lire les pages tantôt agitées, parfois calmes mais surtout mues par l'appel de cet irrésistible ailleurs que seuls les grands navigateurs tutoyent : l'horizon !
Dès demain je mets le cap vers la première librairie-port d'attache pour d'un coup de carte, d'un seul, rompre les amarres de cet ouvrage avec le fol espoir qu'il daigne rejoindre l'armada toujours incomplète de ma bibliothèque.
Te aroha ia rahi.
j'essaierais de passer.
amicalement
Je l''ai lu, mais ce n'est pas mon ouvrage favori de l'auteur.
Ce que j'ai aimé dans le parcours de Francis Cowan, c'est son approche de la vie: il rencontre des épreuves mais il demeure sans cesse concentré sur ses objectif. La passion pour la navigation est là.
J'ai trouvé que quelque chose manquait au récit; l'émotion - et ce n'est pas paradoxal - (ou sans doute était-ce mon état d'esprit pendant la lecture? la mer n'a jamais été mon domaine). A y réfléchir, ce n'est pas que l'émotion manque: le récit est pudique. Cowan lorsqu'il raconte certaines anecdotes sur des décès ou des conflits, demeure très flegmatique.
J'ai appris que les Maoris étaient un peuple de colons et que l'Histoire n'épargne jamais personne. On a l'impression nette aussi que les liens fraternels entre Polynésiens ne sont pas mis à l'épreuve par les distances entre les îles.
Quant aux toiles faites en pattes de crabes... c'est marquant.
Quant à la narration au "je" , elle est surprenante. L'auteur et l'acteur ont en commun beaucoup; de la matière du bambou, à ce caractère d'homme fort et obstiné par un objectif précis. (entre autres)
Je pose l'ouvrage sur la natte de Pambrun, mais je préfère de loin, le Sale Petit Prince ou le Bambou Noir.
bises,
Ariirau.
Merci pour la dédicace Jean-Marc. Je lirais ce livre lorsque je serais de retour GHEZ MOI à Santiago.
Tu as été plus gâté que moi, j'attends encore... Qu'en penses-tu ? Le format, l'impression, la mise en page ? Est-ce à la hauteur de ton travail ?
Au besoin nous organiserons une présentation à Raiatea si tu le souhaites, une petite soirée spéciale...
Pour répondre à Stéphanie : bien sûr que le travail est bien différent de celui du Petit Prince ou du Bambou Noir (comme à chaque nouvelle parution de JMP), il me semble que ce livre permet d'honorer enfin cette part essentielle de la culture, ce rapport à la mer, ce regard propre, et comme tu le notes, d'évoquer les rapports entre différentes communautés polynésiennes, qui manquent quotidiennement.
Ce déroulé, sobre, de la vie de F. Cowan, m'apparait comme l'occasion d'un "retour sur soi", une mesure nouvelle, ou ancienne, et qui nous manquait. En ces temps de troubles, sources et conséquences, de la culture et l'identité collective, ces horizons fondamentaux oubliés sont plus que nécessaires. Ils font du bien ! Blablabla... :-)
A très bientôt,
Stéphane
sniffffffff impossible d' avoir le livre en France ..reponse indisponible actuellement déjà épuisé....
pouvez vous transmettre à mrs Cowan tous les respects et lui dire qu'un hommage à Eric de Bisschop est en cours pour" Brest2008" ainsi qu'un article se prepare dans le chasse marée...je coordonne cet initiative benevolement et surtout par passion de ce qu'à realiser cet homme
cordialement et à bientot
Ia ora na Marie-Hélène,
Je ferai part à Francis de cet hommage rendu à Bisschop.
L'ouvrage n'est pas épuisé, mais il n'a pas encore été largement diffusé. Par contre tu devrais pouvoir le trouver sur le net (chez Amazon) dans quelques temps ou en le commandant aux Editions le Motu.
Bien à toi
Jean-Marc
Ia ora na Marie-Hélène,
Je ferai part à Francis de cet hommage rendu à Bisschop.
L'ouvrage n'est pas épuisé, mais il n'a pas encore été largement diffusé. Par contre tu devrais pouvoir le trouver sur le net (chez Amazon) dans quelques temps ou en le commandant aux Editions le Motu.
Bien à toi
Jean-Marc
Cher Stéphane,
Je ne t'ai pas oublié, mais je n'ai aucune excuse en dehors de multiples travaux envahissants.
Je dois me décider à fixer une date pour une dédicace à Ra'iatea... et là tu auras la tienne.
Je te ferai signe quand j'aurai trouvé un créneau.
Amitiés
Jean-Marc
les deux le coeur et la matiere grise!