Le basalte de mon pays sue de la peine,
Te ramener à la raison est chose vaine.
Le monde est triste sans le fou
Contraint à abandonner les repaires,
Je le lamente au creux de ce trou.
Des regards métalliques m’accusent d’un dysfonctionnement psychique.
Des bouches sans visages accusent ma tendresse cynique
Déversée sur un crabe bleu nacré

Mais c’est ma liberté
Qu’ils n’ont jamais pu accepter.
Oui, je suis libre.

Vivre libre vivre sans chaînes,
Les chaînes des mots, celles de la haine,
Vivre libre et laisser courir en moi,
Le sifflement du vent maudit
Qui résonne à l’intérieur de ma vie.
Libre et impuissante.
Je suis libre. Dans ma tête.
Pourquoi subir comme une bête,
Libre des autres, ceux qui se vautrent
Ceux qui vendent des idées, qui marchandent tout,
Et qui fendent en bagatelle les cœurs mous.

Vivre libre
La lame inox si malfaisante,
Dans mon labeur de mal-pensante,
Laissez-moi la liberté d’avoir pitié
De celui qui m’a aimée.
J’ai le droit d’être humaine.
Je suis libre.
Laissez-moi libre, laissez-moi chialer.
Pour tous les fous qui déambulent,
Des âmes nues, écorces vives,
Laissez-moi libre, écorchée vive.

Vivre libre ou pourrir,
Il reste si peu de loyauté
Dans l’arène de notre humanité


Ariirau.