Mon enfant...
Par Jean-Marc Tera'ituatini Pambrun le mardi 12 avril 2005, 04:50 - Poésie - Lien permanent
J’aime tant à te regarderJ’aime tant à te nommer
J’aime tant à t’enlacer
J’aime tant à t’embrasser
Quand je te contemple,
C’est la beauté du monde que je loue
Quand je te nomme,
C’est le mystère de l’univers que je chante
Quant je t’enlace,
C’est l’unité des peuples que j’étreins
Quand je t’embrasse,
C’est la paix de l’humanité que je salue
Avant toi, j’étais une coquille stérile
Je n’étais que pirogue à la dérive
Avant toi, j’étais un crâne creux
Je n’étais que pensée perdue
Avant toi, j’étais un corps affamé
je n’étais que ventre naufragé
Et un jour je t’ai désiré
pour te baigner de l’amour
que ta mère avait sur moi répandu
Mais je ne savais pas
Non, je ne savais pas encore
que tu serais plus que ce que je désirais
que tu serais plus que ce que j’imaginais
que tu serais bien plus que mon enfant
Une nuit, un songe m’enveloppa :
Les vagues de la mer enfantèrent une île
L’île accoucha d’une nature luxuriante
La nature mis au monde une pirogue double
Et la pirogue double engendra un oeil
Et cet œil, c’était toi
À l’écoute de mon désir,
Nos ancêtres t’avaient choisi
Ils m’avaient montré ta voie
Ils m’avait soufflé ton nom
Tu ne naîtrais pas pour rien
Tu ne naîtrais pas de rien
Tu ne serais pas seulement mon enfant
Mais un être appelé par les dieux
Pour accomplir sa destinée
Et je ne serais pas seulement ton père
Mais un être appelé par les dieux
Pour te préparer à ton destin
Ma pirogue prit une direction
Ma pensée toucha terre
Et mon esprit s’éveilla
Je t’attendis durant neuf mois
Te guettant et te devinant
À travers les yeux de ta mère
À la surface de son ventre
Dans la musique de ses paroles
Dans ses plaintes et ses rires
Au-delà du tumulte de l’univers
Et quand ton front surgit au monde
Et quand apparut ton visage tourmenté
Et quand ton corps fit éclater l’air
Et quand ton cri noya l’espace
Mon corps entier trembla
Mon cœur se serra d’angoisse
Et mon âme bascula
Tu étais là, si parfait
L’histoire du monde sculptait ta figure,
Ravinait ta peau, courrait sur ton dos
Une histoire profonde et ancestrale
Une histoire bruissante et puissante
Tu étais là, si parfait
Héros des temps anciens
Venu de lieux inconnus
Mélange de vies passées
Et de cultures oubliées
Jamais je n’ai vu d’être humain
Paré de plus de dignité et de noblesse
Riche de plus de pureté et de dépouillement
Doté de plus de force intérieure et de courage
Inspirant tant le respect et la compassion
Et je sus ce c’est tout cela
qu’il me faudrait éveiller en toi
qu’il me faudrait préserver en toi
qu’il me faudrait augmenter en moi
Mon enfant,
Tu n’es pas né de rien
Tu a jailli des Origines
Là où sont tes racines
Là où sont tes ancêtres
Là où tout a commencé
Tu n’es pas né pour rien
Tu viens pour le monde
Pour qu’il soit plus beau
Pour qu’il soit merveilleux
Pour qu’il soit plus juste
Pour qu’il soit plus généreux
Mon enfant,
J’aime tant à te nommer
Pour saluer ce que tu es.
Jean-Marc Teraìtuatini PAMBRUN, « Mon enfant » dans Arz Lebnaan, Papeete, n° 5, juillet 2002, p 27.
pour te baigner de l’amour
que ta mère avait sur moi répandu
Mais je ne savais pas
Non, je ne savais pas encore
que tu serais plus que ce que je désirais
que tu serais plus que ce que j’imaginais
que tu serais bien plus que mon enfant
Une nuit, un songe m’enveloppa :
Les vagues de la mer enfantèrent une île
L’île accoucha d’une nature luxuriante
La nature mis au monde une pirogue double
Et la pirogue double engendra un oeil
Et cet œil, c’était toi
À l’écoute de mon désir,
Nos ancêtres t’avaient choisi
Ils m’avaient montré ta voie
Ils m’avait soufflé ton nom
Tu ne naîtrais pas pour rien
Tu ne naîtrais pas de rien
Tu ne serais pas seulement mon enfant
Mais un être appelé par les dieux
Pour accomplir sa destinée
Et je ne serais pas seulement ton père
Mais un être appelé par les dieux
Pour te préparer à ton destin
Ma pirogue prit une direction
Ma pensée toucha terre
Et mon esprit s’éveilla
Je t’attendis durant neuf mois
Te guettant et te devinant
À travers les yeux de ta mère
À la surface de son ventre
Dans la musique de ses paroles
Dans ses plaintes et ses rires
Au-delà du tumulte de l’univers
Et quand ton front surgit au monde
Et quand apparut ton visage tourmenté
Et quand ton corps fit éclater l’air
Et quand ton cri noya l’espace
Mon corps entier trembla
Mon cœur se serra d’angoisse
Et mon âme bascula
Tu étais là, si parfait
L’histoire du monde sculptait ta figure,
Ravinait ta peau, courrait sur ton dos
Une histoire profonde et ancestrale
Une histoire bruissante et puissante
Tu étais là, si parfait
Héros des temps anciens
Venu de lieux inconnus
Mélange de vies passées
Et de cultures oubliées
Jamais je n’ai vu d’être humain
Paré de plus de dignité et de noblesse
Riche de plus de pureté et de dépouillement
Doté de plus de force intérieure et de courage
Inspirant tant le respect et la compassion
Et je sus ce c’est tout cela
qu’il me faudrait éveiller en toi
qu’il me faudrait préserver en toi
qu’il me faudrait augmenter en moi
Mon enfant,
Tu n’es pas né de rien
Tu a jailli des Origines
Là où sont tes racines
Là où sont tes ancêtres
Là où tout a commencé
Tu n’es pas né pour rien
Tu viens pour le monde
Pour qu’il soit plus beau
Pour qu’il soit merveilleux
Pour qu’il soit plus juste
Pour qu’il soit plus généreux
Mon enfant,
J’aime tant à te nommer
Pour saluer ce que tu es.
Jean-Marc Teraìtuatini PAMBRUN, « Mon enfant » dans Arz Lebnaan, Papeete, n° 5, juillet 2002, p 27.

Commentaires
Jean -Marc .
C'est toujours un réel plaisir de te lire .Que d'émotions tu transmets .
Mauruuru
Merci pour ce superbe poëme, qui est criant de vérité lorsque je regarde ma fille Taina.... je l'imagine sur terre pour donner...ce qu'elle fait dans son entourage et cela me comble de bonheur...
maruru, faaitoito.