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  <title>L'écriturien</title>
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  <description>Créé par Jean-Marc Tera'ituatini Pambrun, écrivain polynésien, le blog de l'Écriturien est consacré à ses oeuvres littéraires, ses essais, ses articles et ses coups de coeur, mais aussi aux écrits des Polynésiens qui veulent partager ce nouvel espace de défense et d'expression de la littérature polynésienne. Stéphanie Ari'irau, doctorante en Lettres à l'Université de New-York et romancière est de ceux-là [Voir aussi le blog de Ariirau|http://ariirau.over-blog.net].</description>
  <language>fr</language>
  <pubDate>Fri, 14 Nov 2008 01:44:48 -1000</pubDate>
  <copyright></copyright>
  <docs>http://blogs.law.harvard.edu/tech/rss</docs>
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  <item>
    <title>Le catalogue de l'exposition Mana</title>
    <link>http://blog.lecriturien.org/post/2008/11/13/Le-catalogue-de-l-exposition-Mana</link>
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    <pubDate>Thu, 13 Nov 2008 15:31:00 -1000</pubDate>
    <dc:creator>Jean-Marc Tera'ituatini Pambrun</dc:creator>
        <category>Publications culturelles</category>
            
    <description>    &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://blog.lecriturien.org/public/couv._mana_copy.jpg&quot; alt=&quot;couv._mana_copy.jpg&quot; style=&quot;float:left; margin: 0 1em 1em 0;&quot; title=&quot;couv._mana_copy.jpg, nov 2008&quot; /&gt;
Pour la deuxième année consécutive, le Musée de Tahiti et des Îles a eu le
privilège d’accueillir les œuvres d’un collectif de 50 artistes originaires ou
non de Polynésie, vivants et travaillants temporairement ou totalement en terre
polynésienne. Une multitude de regards qui fait à la fois la force et l’unité
de l’exposition dédiée à l’art contemporain, brûlant au passage les oripeaux
d’un quelconque ethnocentrisme qu’il soit d’ici ou d’ailleurs. Seule concession
faite à la liberté de créer et à l’expression de sa vision : Accepter de
se rencontrer sur un thème qui puise dans le substrat culturel et spirituel
ma’ohi, mais qui n’est jamais totalement étranger à chaque artiste, quelle que
soit son origine culturelle et géographique. En témoignent les thèmes du tapu
en 2006 et du mana cette fois-ci qui ont permis à chaque artiste d’exprimer les
différences et les particularismes de sa personnalité, mais aussi de contribuer
à enrichir celle des autres et d’accroître notre sensibilité individuelle et
collective au divers.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Depuis quelques années, au gré des expositions consacrées à l’art contemporain,
un dialogue transculturel s’est instauré dans les oeuvres et dans les
consciences. Silencieux ou bruyant, coloré ou sombre, mouvant ou pétrifié, ce
dialogue des matières et des esprits n’en est pas moins constamment animé de
l’esprit de cette générosité qui consiste à donner ses œuvres au présent afin
que l’avenir puisse à son tour nous exprimer toute sa gratitude. Car si le but
de ces expositions organisées au Musée de Tahiti et des Îles n’est pas de
susciter un débat sur l’état de la culture ma’ohi, elles peuvent néanmoins y
contribuer. À contrario, l’art étant souvent le reflet ou l’expression d’autant
de quêtes qu’il y a d’artistes, c’est le débat permanent sur les cultures qui
suggère de solliciter les artistes pour apporter un éclairage aussi sensible
que détaché à la façon de combattre les idées reçues et les préjugés, ces
démons qui nous déforment la réalité et altèrent l’imagination, stigmatisent le
dogmatisme, distillent l’égoïsme et la suffisance dans nos cœurs.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mes propos paraîtront à plus d’un totalement utopistes : en quoi les
artistes pourraient-ils repousser les bornes de notre conscience pour permettre
à notre humanité de rendre le meilleur d’elle-même? À chacun justement
d’interroger sa conscience et il y trouvera sa réponse. Que la Trans Pacific
Express ait réussi à fédérer autant d’artistes autour de ce rendez-vous
thématique dorénavant annuel est déjà une petite révolution culturelle et une
victoire insensée remportée sur le cloisonnement de l’art contemporain à
l’intérieur de notre fenua. D’autres reconquêtes viendront certainement avec le
temps. En attendant, je ne peux que vous inviter à « voir » avec
votre corps tout entier les œuvres réunies dans cet ouvrage légué à la
postérité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;Mana&lt;/em&gt; sera bientôt disponible chez les libraires de Tahiti.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jean-Marc Pambrun&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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      </item>
    
  <item>
    <title>Les Voies de la Tradition</title>
    <link>http://blog.lecriturien.org/post/2008/10/16/Les-Voies-de-la-Tradition</link>
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    <pubDate>Thu, 16 Oct 2008 15:22:00 -1000</pubDate>
    <dc:creator>Jean-Marc Tera'ituatini Pambrun</dc:creator>
        <category>Ouvrages : essais</category>
            
    <description>&lt;p&gt;&lt;em&gt;Les Voies de la Tradition&lt;/em&gt; est un ouvrage qui rassemble une
sélection de textes que j'ai rédigés entre 1981 et 2007. Plusieurs sont
inédits, d'autres ont été publiés dans des magazines ou des journaux
aujourd'hui introuvables. Quand bien même, il est possible que nombre d'entre
vous n'aient pas eu l'opportunité de lire certains de ces textes au moment où
ils sont parus. Cet ouvrage rassemble donc des essais, des articles d'opinion
ou des poèmes sur différents aspects ou thèmes de la tradition Ma'ohi auxquels
vous savez combien je suis attaché depuis quelques décennies. La note de
présentation qui suit vous donnera l'essentiel des raisons pour lesquelles j'ai
décidé de publier ce recueil.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'originalité éditoriale de ce livre est qu'il est pour l'instant introuvable
en librairie, à moins que l'une d'entre elles reçoive un jour une grosse
commande, parce que je me suis adressé à un éditeur en ligne à qui j'ai confié
mon ouvrage pour expérimenter cette possibilité offerte à des auteurs qui
n'arriveraient pas à se faire éditer par la voie normale. Je me suis adressé à
cet éditeur il y a un an, mais je ne voulais pas en parler jusqu'à présent tant
que je n'avais pas expérimenté la démarche jusqu'au bout. Aujourd'hui, je peux
vous dire que ça n'a pas été simple, mais j'ai enfin mon livre entre les mains.
Je ne prétends pas savoir tout ce qu'il faut faire pour y parvenir, mais je
sais en tout cas ce qu'il ne faut pas faire. Pour ceux que ça intéresse, je ne
serai pas avare de conseils.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quoiqu'il en soit, ce livre est disponible sur le site des &lt;a href=&quot;http://www.manuscrit.com/&quot;&gt;Éditions Le Manuscrit&lt;/a&gt; au prix de 17,90 euros
(hors livraison) et en format PDF téléchargeable au prix de 7,90 euros. Pour
commander, allez directement sur ce site, rechercher &lt;strong&gt;Pambrun&lt;/strong&gt;
et suivez le fil. La sortie officielle du livre sera annoncée lors du prochain
Salon du Livre de Papeete les 22 et 23 novembre prochain.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;img src=&quot;http://blog.lecriturien.org/public/./.Couv._Voies_Tradition_copy_m.jpg&quot; alt=&quot;LES VOIES DE LA TRADITION&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; title=&quot;LES VOIES DE LA TRADITION, oct 2008&quot; /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;    &lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;NOTE DE L'AUTEUR&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les textes rassemblés dans ce recueil ont été écrits sur une vingtaine
d’années. Certains n’ont jamais été édités, d’autres ont déjà été publiés dans
différentes revues. Pour la cohérence du livre et la compréhension du
cheminement de ma pensée, il était indispensable de les offrir de nouveau à la
lecture.&lt;br /&gt;
D’autres écrits auraient mérité de figurer ici, mais ayant déjà fait l’objet
d’une édition séparée, j’ai estimé inutile de les insérer, préférant laisser au
lecteur le soin de s’y reporter. Il s’agit notamment de &lt;em&gt;L’allégorie de la
natte&lt;/em&gt; et de &lt;em&gt;La fondation du marae,&lt;/em&gt; éditées à compte d’auteur en
1993 et en 1998.&lt;br /&gt;
Une partie du lectorat sera peut-être étonnée de ne pas y trouver d’histoires
extraordinaires ni même un enseignement portant sur les connaissances
ancestrales des Ma'ohi. Ce n’était ni mon propos ni le temps.&lt;br /&gt;
L’objectif de ce livre est d’abord et avant tout de faire partager au lecteur
un parcours et une pensée, avec ses cohérences autant que ses contradictions,
pour juger par lui-même du bien-fondé de se référer aux valeurs traditionnelles
en ce début de XXIe siècle. J’espère simplement que cet ouvrage éclairera tous
ceux qui se demandent encore comment composer avec l’ancien et le nouveau, ou
qui sont à la recherche d’une autre vision pour transformer la société
actuelle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jean-Marc Tera'ituatini Pambrun&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;Les Voies de la Tradition&lt;/em&gt;, Collection Essais et Documents, Le
Manuscrit, www. manuscrit.com, Paris, 2008, 216 pages.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;</description>
    
    
    
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      </item>
    
  <item>
    <title>MYTHES ET REALITES DE LA LITTERATURE POLYNESIENNE</title>
    <link>http://blog.lecriturien.org/post/2008/09/26/Paroles-autochtones</link>
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    <pubDate>Fri, 26 Sep 2008 16:41:00 -1000</pubDate>
    <dc:creator>Jean-Marc Tera'ituatini Pambrun</dc:creator>
        <category>Articles culturels</category>
            
    <description>&lt;p&gt;Ce texte a été donné le 12 septembre 2008 lors de l'atelier universitaire
intitulé &amp;quot;Réception des œuvres et regards vers le futur&amp;quot; organisé dans le cadre
du Carrefour international des littératures autochtones francophones qui s'est
déroulé du 9 au 14 septembre 2008 à Wendake (Québec). Ce carrefour a été
l'occasion aussi pour moi et d'autres auteurs venus de Polynésie, de Kanaky, du
Maroc et du Canada bien sûr de dire quelques textes au cours de soirées de
lectures magiques et merveilleuses. A découvrir sur le site de youtube :
&lt;a href=&quot;http://www.youtube.com/watch?v=H9oxi052zNQ&amp;amp;feature=user&quot;&gt;Extrait
CILAF&lt;/a&gt;. &lt;img src=&quot;http://blog.lecriturien.org/public/JMP_CILAF_copy.jpg&quot; alt=&quot;JMP_CILAF_copy.jpg&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; title=&quot;JMP_CILAF_copy.jpg, sep 2008&quot; /&gt;&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;&lt;strong&gt;MYTHES ET REALITES DE LA LITTERATURE POLYNESIENNE&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
''Pour ne pas dire &amp;quot;littérature de la Polynésie&amp;quot; Mais pour parler de
&amp;quot;littérature autochtone&amp;quot;&lt;br /&gt;
En attendant de pouvoir dire &amp;quot;littérature ma’ohi&amp;quot;''&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;« N'hésite pas à déclarer que ceux qui ne partagent pas les opinions
des autres, mais annoncent qu'ils feront tout pour qu'elles puissent être
exprimées, le fassent immédiatement ou alors se taisent à jamais. La liberté
d'opinion n'a que faire d'éclopés de la pensée, et la liberté tout court ne
peut souffrir de conscience borgne.(1)»&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que sur la terre de la tribu maori des Tainui dans le nord de la
Nouvelle-Zélande, je pêchais encore une fois à la lueur vacillante des
flambeaux de l’histoire oubliée des migrations de mes ancêtres, Maurizio Gatti
m’a fait cette proposition inattendue de prendre la parole devant vous pour
dire ma pensée sur la réception des œuvres de la littérature polynésienne. J’ai
accepté cette invitation comme un hommage rendu à votre accueil, mais sans
réfléchir une seule seconde à la difficulté du sujet. Car que peut dire
l’écrivain de manière objective sur la réception de la littérature de son pays
quand sa seule préoccupation reste celle d’écrire et non celle de ce que le
public en pense pour préserver sa liberté de création ? Je n’ai pas
remonté ma ligne de fond tout de suite. Je l’ai laissé errer quelque temps sur
les hauts-fonds de notre mémoire pour prendre le temps de la réflexion, et je
suis parvenu à ceci :&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Durant un millénaire, peut-être deux, la terre &lt;em&gt;ma’ohi&lt;/em&gt; s’est nourrie
de la multitude de noms que nos ancêtres ont déversé dans ses entrailles,
répandu en autant de toponymes fondateurs sur son ventre, pour y fixer la
mémoire de leurs origines et de leur passage. Chaque nom donné à tout ce qui y
pousse, rampe, court, nage ou vole évoque l’histoire des hommes qui les ont
portés, chantés, dansés, gravés dans la pierre, tatoués sur leur peau, inscrits
dans leurs généalogies, plantés sur leur langue. La terre fut pendant des
générations le grand livre parlé de la civilisation &lt;em&gt;ma’ohi&lt;/em&gt; et de son
histoire. Il suffisait de l’ouvrir à chaque arbuste, à chaque pierre, à chaque
vallée, à chaque source, à chaque rivière, à chaque chenal, à chaque récif, à
chaque passe, à chaque île pour entendre et voir ainsi se dérouler l’histoire
de nos nations, nos croyances et nos usages, les coutumes et les rituels
associés au moindre événement de notre vie sociale, politique et religieuse. La
terre et tout ce qu’elle contient étaient sacrés et animés par une foule
d’esprits qui étaient les véritables détenteurs du &lt;em&gt;mana&lt;/em&gt;.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puis un jour, le livre de la terre s’est refermé et les dieux se sont
envolés pour céder la place à la Bible apportée par ceux dont un grand prêtre
de l’île de Ra’iatea du nom de Vaita avait pourtant prophétisé l’arrivée :
&lt;em&gt;« Les glorieux enfants du tronc&lt;/em&gt; (...) appela-t-il ainsi les
Européens. &lt;em&gt;Ils seront d’aspect différent de nous et pourtant ce sont nos
semblables, (...) ils prendront nos terres. Ce sera la fin de nos coutumes
actuelles et les oiseaux sacrés de la mer et de la terre viendront se
lamenter&lt;/em&gt; (...) &lt;em&gt;sur l’arbre sacré à présent décapité&lt;/em&gt;. La parole
traditionnelle s’est donc tue pour mieux entendre la lecture des versets et des
sermons, les avaleurs d’incantations anciennes ont appris à dire les nouvelles
oraisons funèbres. L’oralité s’est agenouillée devant l’écriture. Mais avant
que les esprits ne s’endorment et que la terre ne parte s’ensommeiller avec les
parlers de nos ancêtres, quelques-uns d’entre eux, parmi les plus instruits,
ont accepté une dernière fois d’autoriser les nouveaux maîtres de la parole à
coucher sur le papier une partie de leurs savoirs. Il en est resté des ouvrages
aussi célèbres que le &lt;em&gt;Tahiti aux temps anciens&lt;/em&gt; de Teuira Henry(2), ou
&lt;em&gt;Les mémoires de la dernière de Tahiti Marau Ta’aroa&lt;/em&gt; qui font partie
des premières transcriptions des récits autochtones polynésiens et qui avec le
temps sont devenus une des références incontournables de la culture et de la
pensée &lt;em&gt;ma'ohi&lt;/em&gt;, que leur lecteurs soient Ma'ohi ou non, universitaires
ou profanes. D’autres écrits, les &lt;em&gt;puta tupuna&lt;/em&gt; ou les livres des
ancêtres ont permis à nos grands parents de relater mythes et généalogies,
histoires du temps des missionnaires et de la colonisation, mais ont disparu
pour la plupart avec leurs auteurs.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sont ces écrits, recueillis en un temps où tout était menacé de
disparaître, voire promis à l’extinction, qui marquent la naissance de la
littérature écrite autochtone contemporaine, qui vont en inspirer tous les
genres et fonder les tenants et les aboutissants de la problématique de la
réception des œuvres polynésiennes par le public et les éditeurs. Durant
plusieurs décennies, ces recueils de récits anciens serviront de livres de
chevet aux Polynésiens les plus éclairés, d’objet inépuisable de sujets de
recherches universitaires et de sources d’inspiration pour les romanciers
français et étrangers. Deux catégories de lettrés occidentaux qui vont
notamment compliquer singulièrement la nouvelle tâche à laquelle allaient
malgré tout bientôt s’atteler les écrivains polynésiens d'origine
&lt;em&gt;ma'ohi&lt;/em&gt; : rentrer à pieds joints dans le monde de l’écriture et
surtout, grâce à elle, reprendre une parole trop longtemps confisquée par le
discours de la société dominante, &lt;em&gt;cette fée édentée, ventriloque
d'arrogance de voir les Polynésiens si dépossédés et désenchantés&lt;/em&gt; dont
nous parle, un intellectuel polynésien, Aimeho dans sa préface à l’un de mes
premiers ouvrages, la légende du scolopendre de la mer sacrée(3).&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais avant d’y parvenir, il fallait bien sûr laisser le temps à l’écriture
en langue française, à défaut d’être domestiquée, d’être au moins apprivoisée
par les Ma'ohi – ce dont l’école française républicaine s’est chargée avec
talent –, mais aussi et surtout d’arriver à digérer le contenu ou sinon
l’esprit des dizaines de publications française et étrangères qui venaient
remplir chaque année les étales de nos libraires et les rayons de nos
bibliothèques pour parler de nous, mais ni par nous ni pour nous. Turo Raapoto,
Henri Hiro, Flora Devatine, Charles Manu-Tahi, Hubert Brémond et moi-même
commencerons à faire entendre nos voix à travers un foisonnement
d’interventions offertes à la presse écrite, radiophonique et télévisée et
d’articles publiés dans des revues savantes, des actes de recherche et autres
comptes-rendus. Car, jusqu’au début des années quatre-vingt, il n’existait pas
de maison d’édition en Polynésie ouverte sur les premiers écrits autochtones.
Et les pionniers de cette littérature désireux de ne pas se contenter des pages
volantes en papier journal ou des ondes audiovisuelles éphémères n’eurent
souvent pas d’autre choix que d’éditer en tirage limité à compte d’auteur ou,
pour les plus chanceux, de trouver une maison extérieure déjà sensibilisée aux
perceptions et sensibilités autochtones. Ainsi en 1978, Turo Raapoto, que l’on
peut considérer comme le chef de file de la littérature colonisée et de la
théologie culturaliste, publiera, parmi ses nombreux recueils en langue
tahitienne, son premier et l’un de ses rares articles en français intitulé
« Ma'ohi » dans le &lt;em&gt;Journal des missions évangéliques&lt;/em&gt;(4). La
même année, les éditions caraïbéennes publieront mon premier essai, &lt;em&gt;Tahiti,
un mythe qui dure&lt;/em&gt;(5). Charles Manu-Tahi éditera lui-même son premier
recueil poétique en 1979(6) qui sera suivi de plusieurs autres, et Henri Hiro,
considéré comme le premier grand poète et dramaturge tahitien fera traduire en
français et en anglais ses premiers poèmes dans la revue &lt;em&gt;Mana, a South
Pacific Journal of language and literature&lt;/em&gt; publiée par la South pacific
creative arts association basée aux îles Fiji(7). En 1980, Flora Devatine
éditera à compte d’auteur son premier ouvrage intitulé &lt;em&gt;Vaitiare,
Humeurs&lt;/em&gt;(8). Enfin en 1982, Hubert Brémond, présentera ses poèmes, aux
côtés de Henri Hiro et de Charles Manutahi, dans un numéro spécial de la revue
&lt;em&gt;Mana&lt;/em&gt; consacré à la poésie tahitienne(9).&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C’est à partir de cette période qu’il faudrait pouvoir mesurer l’impact de
notre littérature auprès des lecteurs de Polynésie française et d’ailleurs.
Mais je crains qu’une telle entreprise ne soit en partie hasardeuse. D’une part
parce qu’en l’absence de statistiques pertinentes, il me semble difficile
d’avancer des conclusions incontestables. Il faudrait pour cela faire quelque
sondage auprès des lecteurs potentiels et de contacter auteurs, éditeurs,
libraires et diffuseurs pour s’en faire une idée pouvant s’approcher de la
réalité du panel que recouvre le lectorat polynésien, autochtone ou allochtone,
et français. Vu le temps imparti pour préparer cette intervention, cette tâche
m’a donc semblé longue et ardue. Et j’ai donc choisi d’apprécier cette
réception en offrant un tableau diachronique à peu près cohérent de l’évolution
de la littérature autochtone à travers la production littéraire et la réception
de celle-là par les écrivains eux-mêmes. En effet, comme le notera Daniel
Margueron, auteur d’une anthologie intitulée &lt;em&gt;Tahiti dans toute sa
littérature&lt;/em&gt;, d’emblée les écrivains vont privilégier le roman, la poésie,
l'essai historiques. Ils &lt;em&gt;« ne rejettent pas,&lt;/em&gt; écrit-il, &lt;em&gt;tous
l'héritage littéraire européen, mais ce dernier demeure néanmoins l'expression
d'une parole étrangère à laquelle on ne peut pas vraiment s'identifier. Les
thèmes sont ceux de l'influence de la modernité sur les mentalités&lt;/em&gt; (...),
&lt;em&gt;la recherche identitaire, l'attachement à la terre (le fenua), ainsi qu'une
relecture de l'histoire dont la seule version était jusqu'alors
coloniale.»&lt;/em&gt;(10) Car s’il est vrai que la réception d’une œuvre dépend bien
entendu de l’attente du public, mais aussi et avant tout de l’intention de
l’auteur, en Polynésie française la préoccupation essentielle des pionniers de
la littérature contemporaine autochtone était, hormis de répondre à leur propre
attente et à celle de tout ceux qu’ils devinaient sensibles à leur approche,
non pas de s’interroger sur la manière dont seraient reçus leurs écrits, mais
d’écrire et d’appeler leurs contemporains à écrire.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1990, aguerri déjà par quinze années d’écriture de nombreux poèmes et
pièces de théâtre à succès en langue tahitienne, et convaincu par ailleurs de
la portée de ses écrits auprès du public polynésien, Henri Hiro déclarait un
mois avant sa mort : &lt;em&gt;« Il faut que le Polynésien se mette à
écrire. Que ce soit en ma'ohi, français, anglais, peu importe. L'important
c'est qu'il s'exprime. Qu'il le fasse !&lt;/em&gt; (...) &lt;em&gt;L'important c'est qu'il
prenne la parole par l'écriture. »&lt;/em&gt;(11) Un appel vibrant entendu par
plusieurs écrivains autochtones qui l’avait certainement déjà inscrit dans leur
propre démarche. Notamment par Ra’i Chaze qui publiera en 1990 &lt;em&gt;Vai la
rivière au ciel sans nuages&lt;/em&gt;(12) et Chantal Spitz qui écrira en 1991 dans
le premier roman polynésien contemporain, &lt;em&gt;L’île des rêves
écrasés&lt;/em&gt; : &lt;em&gt;« Tu dois publier ton histoire. Peu importe les
critiques et tu en auras, n'en doute pas. Le rêve transis d'oralité se meurt
faute de mémoire et nous devons lui redonner vie par l'écriture. D'autres après
toi écriront une parcelle du rêve qui finira par devenir réalité. »&lt;/em&gt;(13)
Cette même année, en hommage rendu à cet homme d’exception qui sera un pionnier
en bien des domaines, ses poèmes furent rassemblés et publiés par une petite
maison d’édition militante sous le titre de &lt;em&gt;Henri Hiro&lt;/em&gt;(14). Cette
intention de voir un plus grand nombre s’atteler à l’écriture du contre
discours dominant, pour ne pas dire ce projet, découlait d’un constat déjà fait
par nombre de Ma'ohi, mais formulé clairement par Turo Raapoto en 1988, qui
écrira en tahitien : &lt;em&gt;« Voilà un autre problème que le Ma'ohi
rencontre aujourd'hui : nombreux sont les gens qui veulent prendre la
parole en son nom. On a enlevé les mots de la bouche du Ma'ohi. Aujourd'hui il
est muet.&lt;/em&gt; (...) &lt;em&gt;Comme on nous a appris à nous taire, nous n'entendons
plus nos paroles que par la bouche des interprètes. »&lt;/em&gt;(15) Louise Peltzer
signera deux ans plus tard un recueil de poèmes rédigé aussi en tahitien dans
lequel elle interpellera violemment ces fameux interprètes par ces
vers&lt;em&gt;« En effet, ces gens qui ont travaillé pour nous détruire/Les
voilà qui reviennent en force pour nous éduquer/Qu'est ce que le peuple va
faire de ces usages ?/Je n'entends que des bruits confus, sa bouche est sans
doute bien pleine ?/Ai-je vécu aussi longtemps pour voir cette honte ?/Pour
regarder mourir l'essence qui m'a donné la vie ? »&lt;/em&gt;(16) D’autres
ouvrages édités à compte d’auteur ou non suivront l’embardée provoquée par
Chantal Spitz : &lt;em&gt;Charles Manu-Tahi avec Le mystère de l’univers ma’ohi
en 1992&lt;/em&gt; (17), Jean-Marc Tera’ituatini Pambrun avec &lt;em&gt;L’allégorie de la
natte&lt;/em&gt; en 1993(18) et &lt;em&gt;Le Sale petit prince&lt;/em&gt; en 1994(19) , Louise
Peltzer avec &lt;em&gt;Lettre à Poutaveri&lt;/em&gt;(20) et &lt;em&gt;Hymnes à mon île&lt;/em&gt;(21)
en1995, et enfin un Polynésien issu de la communauté chinoise de Tahiti, Jimmy
Ly avec &lt;em&gt;Bonbon soeurette et pai coco&lt;/em&gt; en1996 (22).&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette question du comment écrire et dans quelle langue écrire restera
longtemps subsidiaire. En 1997, Flora Devatine dira ceci : &lt;em&gt;« ...
dans la perspective du passage à l'écrit, il est primordial que le Polynésien
ne se laisse pas arrêter par des questions de savoir “Comment écrire...”, “Dans
quelle langue écrire”, ni s'y bloquer lui-même ! »&lt;/em&gt;(23). Une
recommandation nécessaire pour encourager le plus grand nombre à rejoindre le
camp des nouveaux poètes, conteurs, dramaturges, romanciers et autres
libérateurs de la parole autochtone, mais qui explique en partie les
difficultés rencontrées par les auteurs pour se faire éditer. En effet, jusqu’à
la fin des années quatre-vingt dix, d’une part la grande majorité des auteurs
autochtones continueront d’éditer à compte d’auteur ou sous une enseigne
éditoriale créée pour la circonstance, d’autre part les premières maisons
d’édition ne seront pas intellectuellement et commercialement en mesure de se
mettre à la portée des auteurs qui n'ont ni le temps, ni la capacité ou le
désir de se conformer aux canons d’une écriture académique, ou qui préfèrent
résolument écrire dans leur langue maternelle, tahitienne notamment. Certains
éditeurs évoqueront plusieurs raisons pour signifier leur refus poli de publier
ou tout au moins leur hésitation à le faire comme le rapporte Daniel
Margueron : &lt;em&gt;« à Tahiti : la diffusion est restreinte, la
critique littéraire difficile à assumer dans le microcosme insulaire&lt;/em&gt; (...)
&lt;em&gt;en France : la difficulté éditoriale est grande, il faut que les
productions aient une qualité narrative, que la période historique soit
porteuse afin que la littérature polynésienne puisse s’y épanouir. »&lt;/em&gt;(24)
Mais toutes ces appréciations renvoient aussi à deux raisons plus ou moins
subjectives, mais toujours occultées : en premier lieu une auto censure –
et non pas une censure comme je l’ai avancé dans un autre texte – pratiquée à
tous les niveaux de la publication. Une auto censure qui pour se faire oublier
a placé la barre de la publication très haut, ou en tout cas à la hauteur des
œuvres écrites par des Français résidants de façon durable ou non en Polynésie.
Et en second lieu en fonction d’un paramètre par trop évident, mais souvent
oublié : la littérature &amp;quot;de Polynésie&amp;quot; est née et s’est développée sur le
mythe du paradis terrestre que la terre &lt;em&gt;ma’ohi&lt;/em&gt; a suscité dans la
pensée européenne.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusque dans les années soixante, une dizaine de milliers d’ouvrages traitant
des îles polynésiennes, tous genres confondus, avait déjà été recensée. En
raison de sa très forte attractivité pour l’exotisme et du retentissement dans
l’imaginaire occidental que provoquaient la simple évocation des noms de
Tahiti, Bora Bora, Gauguin, la Polynésie française a toujours été une
destination, littéraire tout au moins, très vendeuse. Il peut paraître
extraordinaire dans ces conditions que les éditeurs de Polynésie ne se soient
pas bousculés pour éditer les auteurs autochtones. Je pense que ce sont
justement ces mêmes conditions qui les ont poussés à ne pas le faire. En effet,
le fonds de commerce des auteurs français et anglo-saxons et donc des éditeurs
français et étrangers, comme des dealers de voyages touristiques a été
constamment alimenté par les mythes classiques associés à la réputation de
l’île de Tahiti depuis sa découverte au Siècle des Lumières européen : le
mythe du Bon Sauvage, de la Nouvelle-Cythère développé par le philosophe
Diderot à la suite du voyage dans les mers du sud du capitaine français
Louis-Antoine de Bougainville. Un mythe soigneusement entretenu jusqu’à la fin
du XXe siècle et sérieusement contesté par les auteurs autochtones qui
entreprirent dès les années soixante-dix d’en éclairer la face cachée, à savoir
l’amnésie collective dans laquelle était plongée la population autochtone après
deux siècles d’assimilation politique, culturelle et religieuse. Il faudra
néanmoins 25 ans pour que les éditeurs, sans pour autant jeter à la poubelle de
l’histoire les romans de plage, les cartes postales inondées de soleil et
tapissées de peaux de vahine bien huilées, décident de modifier leur perception
des œuvres littéraires autochtones et se dire que dans un avenir plus ou moins
proche, il se pourrait fort bien que des maisons d’édition concurrentes ou de
grands éditeurs français ou étrangers leur ravissent cette nouvelle poule aux
œufs d’or.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C’est à partir de l’année 1997, six ans après la publication du premier
roman de Chantal Spitz, que l’on constate un redémarrage de la littérature
autochtone, même si elle ne constitue qu’une maigre proportion de la production
littéraire locale. Un seul titre verra le jour cette année-là publié à compte
d’auteur : &lt;em&gt;Hakka&lt;/em&gt; en Polynésie de Jimmy Ly (25). L’année 1998
restera marquée, par l'ouvrage de Flora Devatine, &lt;em&gt;Tergiversations et
Rêveries de l'Ecriture Orale, te Pahu a Hono'ura&lt;/em&gt;(26) paru chez un éditeur
de la place, mais aussi comme chaque année par une production à compte d’auteur
encore importante : Charles Manu-Tahi, livrera son sixième ouvrage sur
&lt;em&gt;L'Histoire secrète de la vallée profonde de&lt;/em&gt; Papenoo&lt;em&gt;, île de
Tahiti&lt;/em&gt; (27) et Jean-Marc Tera'ituatini Pambrun publiera une légende du
temps présent, &lt;em&gt;La Fondation du marae ou la légende du scolopendre de la Mer
sacrée&lt;/em&gt;(28). Et même si Mohammed Aït-Aarab, professeur de lettres à
l’université de Polynésie française se réjouira de voir les éditeurs
privilégier, dit-il &lt;em&gt;« une approche de plus en plus professionnelle de
l'édition »&lt;/em&gt;(29), tous les écrivains autochtones ne bénéficieront pas tout
de suite de ce professionnalisme. Mis à part, en 1999 où une maison d’édition
présentera le seul titre autochtone publié cette année-là, &lt;em&gt;Rurutu mémoires
d’avenir d’une île australe&lt;/em&gt;, un ouvrage signé Taaria Pare Walker(30). En
2000, sur cinq titres littéraires, trois seront l'oeuvre d'autochtones, mais
aucun d'eux ne sera publié par les éditeurs de la place : &lt;em&gt;Voici le
temps de la poésie&lt;/em&gt; de Josette Tumahai, &lt;em&gt;Toriri&lt;/em&gt; de Ra’i Chaze et
&lt;em&gt;E a tau a hiti noa atu&lt;/em&gt;, une œuvre poétique en tahitien de Isidore
Hiro, publiée par la Maison de la culture. Amour-propre déplacé ou défiance
mutuelle entre des auteurs et des éditeurs qui hésitent à publier des écrits
qui risqueraient d'agiter trop les esprits ou de ne pas pouvoir conquérir le
public francophone et notamment national ? Une chose est sûre pour les uns
comme pour les autres: la conquête du marché local reste des plus hasardeuses.
Éditeurs et auteurs savent pertinemment que le lectorat tahitien, et encore
moins celui des autres archipels, n'a pas encore pris l'habitude de fréquenter
les librairies et préfère procéder à une lecture collective des oeuvres de ses
contemporains en pratiquant le photocopillage ou en faisant circuler un ouvrage
de main en main à défaut de vouloir ou pouvoir l'acheter.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pourtant, c’est durant ces années charnières encore un peu grippées que
l’aube de la littérature commencera véritablement à poindre en Polynésie
française, même si cette qualification ne correspond pas tout à fait à la
réalité, compte tenu de tout ce que j’ai dit précédemment. Mais qu’importe, il
s’agit là d’un autre débat. Le facteur déclenchant de cette aurore littéraire
se produit en 1999 quand, pour la première fois, les auteurs autochtones
participent au premier salon du livre insulaire d'Ouessant et où Taaria Pare
Walker se voit décerner le prix spécial du jury pour ses &lt;em&gt;Mémoires d'avenir
d'une île australe&lt;/em&gt;. Un résultat qui fera à dire à Louise Peltzer, devenue
depuis 1998 ministre de la culture : &lt;em&gt;« l'écriture, on y vient, en
voici la preuve... »&lt;/em&gt;(31) Une preuve qui se verra confirmée quelques mois
plus tard, puisque Patrick Amaru se verra remettre en novembre 2000 le prix
nouvellement créé du président de la Polynésie française pour son ouvrage en
tahitien &lt;em&gt;Te Oho&lt;/em&gt;(32). Ce développement de la littérature autochtone ne
s’arrêtera pas là, puisqu’en 2002 deux évènements lui permettront au contraire
de réaliser le rêve formé par les pionniers des années soixante-dix. La
naissance de la revue &lt;em&gt;Littérama’ohi – Ramées de littérature
polynésienne&lt;/em&gt; fondée par un groupe d’écrivains composé de Patrick Amaru,
Michou Chaze, Flora Devatine, Danièle Helme, Marie Claude Landgraf, Jimmy Ly et
Chantal Spitz. Une revue qui en est aujourd’hui à son 14eme numéro et qui
accueilli près de 250 textes rédigés par des auteurs confirmés ou qui le sont
devenus le temps d’une saison. Le deuxième événement qui permettra de donner au
public un accès au livre plus aisé sera la tenue du premier salon de Papeete
« Lire en Polynésie » mis en place à l’initiative des éditeurs de
Polynésie réunis au sein de l’Association des éditeurs de Tahiti et des Îles et
qui en sera cette année à sa 7ème édition. Ce salon remportera un tel succès
auprès du public, quoique modeste à l’échelle de la Polynésie et de ses 280 000
habitants, que les éditeurs autant que les auteurs comprendront rapidement que
pour à la fois encourager l’écriture et la lecture, il fallait aller à la
rencontre de la population, notamment celle des autres îles et des communes
éloignées. En 2006, sera donc organisé le premier salon annuel « Lire sous
le vent » dans l’île de Ra’iatea, puis à Bora Bora en 2007 et à Mo’orea en
2008.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces innovations vont fortement dynamiser la création littéraire et du même
coup l’édition et les ventes. Entre 2002 et 2008, de nouveaux auteurs sortiront
leurs premiers romans : Célestine Hitiura Vaite, romancière tahitienne de
langue anglaise et véritable phénomène international qui publiera trois romans
traduits de l’anglais entre 2006 et 2008 : &lt;em&gt;L’arbre à pain,
Frangipanier&lt;/em&gt; et &lt;em&gt;Tiare&lt;/em&gt;(33); Titaua Peu avec &lt;em&gt;Mutismes&lt;/em&gt; (34)
qui sera réédité à deux reprises en 2003, Stéphanie Ariirau Richard avec deux
romans : &lt;em&gt;Je reviendrai à Tahiti&lt;/em&gt; (35) et &lt;em&gt;Matamimi&lt;/em&gt; (36) en
2005 et 2006, Marie-claude Tiessier-Landgraf avec &lt;em&gt;Hutu Painu, Tahiti,
racines et déchirements&lt;/em&gt; en 2004 (37) et &lt;em&gt;Atea roa - Voyages
inattendus&lt;/em&gt; en 2006 (38), Moetai Brotherson avec &lt;em&gt;Le roi absent&lt;/em&gt; en
2007 (39) et &lt;em&gt;Tavae a Raioaoa&lt;/em&gt; avec &lt;em&gt;Te moana taui rai&lt;/em&gt; en 2007
(40). Leurs aînés poursuivront sur leur lancée comme Jimmy Ly qui publiera son
troisième ouvrage &lt;em&gt;Adieu l'étang aux chevrettes&lt;/em&gt; en 2003 (41) ;
Chantal Spitz qui fera rééditer &lt;em&gt;l’île aux rêves écrasés&lt;/em&gt; et publiera
deux nouveaux ouvrages &lt;em&gt;Hombo, transcription d'une biographie&lt;/em&gt; en 2002
(42), et &lt;em&gt;Pensées insolentes et inutiles&lt;/em&gt; en 2006 (43); Ra’i Chaze un
nouveau recueil intitulé &lt;em&gt;I te ra’i ra&lt;/em&gt; (44) en 2005 : Charles
Manu-Tahi éditera à compte d'auteur la même année une &lt;em&gt;Histoire des sites et
des ancêtres de l'île de Moorea&lt;/em&gt; (45); et Jean-Marc Tera’ituatini Pambrun
qui publiera sept ouvrages entre 2002 et 2008, dont &lt;em&gt;Les parfums du
silence&lt;/em&gt; qui obtiendra le premier prix fiction au salon insulaire du livre
d’Ouessant (46). Au total, les auteurs polynésiens auront publié en 5 ans
autant d’ouvrages que durant les quinze années précédentes.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La littérature autochtone est donc devenue à l’évidence plus foisonnante et
donc mieux reçue après des différents lectorats, mais surtout a acquis une
qualité esthétique qui s’enrichit en permanence avec la venue de nouveaux
auteurs. Cela veut-il dire que la question du comment écrire soulevée il y a
dix ans par Flora Devatine n’est plus d’actualité ? Certainement pas, mais
elle reste variable d’un auteur à l’autre. Certains doutent encore d’eux-mêmes,
d’autres ont choisi leur voie, mais tous continuent leur quête des mots, du
genre et de la syntaxe la plus appropriée pour rendre compte de l’oralité dans
et par l’écriture et de la poétique traditionnelle. Sans rentrer dans les
détails, car il s’agirait là d’une nouvelle étude qui nous ferait sortir du
sujet, ce qui uni tous ces auteurs c’est le sens de la narration et donc du
conte narratif. Qu’il s’assimile au récitatif balancé et mélodié, prosodique
dans l’intonation, incantatoire proche de la pasmoldie, continue et répétitive
à la limite de la redondance, il rappelle le rythme du battement des
instruments de percussions traditionnels ou les parlers jamais essoufflés des
anciens.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette recherche de l’esthétisme du divers littéraire annonce-t-elle l’entrée
des écrits autochones en langue française ou en langues polynésiennes dans le
champ salvateur de la critique littéraire sans laquelle elle ne pourra franchir
les mers qui la séparent de littérature ? Les avis sont partagés.
Pourtant, les œuvres des auteurs autochtones font l’objet d’une sensibilisation
de plus en plus fréquentes en milieu scolaire de la part des enseignants. Elles
sont étudiées dans certains cycles d’études universitaires et font même l’objet
de travaux de maîtrise ou de thèses de doctorats en Polynésie et ailleurs.
L’annonce de la parution de nouveaux titres est passée du commentaire trivial
et sans intérêt à une critique élaborée et intelligente frémissante, mais
prometteuse. Pour preuve les articles brillants et novateurs de Stéphanie
Ariirau Richard qui, en plus d’être une romancière autochtone prolixe, est
doctorante en Lettres à l’université de New-York et a décidé de faire de la
critique littéraire des œuvres &lt;em&gt;ma'ohi&lt;/em&gt; son domaine de spécialisation.
Que notre littérature soit mieux prise en compte par les professionnels de
l’édition qu’il y a encore seulement dix ans et qu’elle soit passée de l’espace
confidentiel à l’espace éducationnel et universitaire me paraît être un autre
signe d’une réception plus large tant d’un point de vue quantitatif que
qualitatif des œuvres autochtones.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Durant un siècle, peut-être deux, la terre &lt;em&gt;ma’ohi&lt;/em&gt; s’était endormie,
emportant avec elle dans le silence du pô, la grande nuit, le lieu originel de
toute création, les esprits de tout ce qui l’animait. L’oralité s’était
agenouillée devant l’écriture. Mais depuis une trentaine d’années, lentement
l’oralité a puisé à nouveau dans le pô les forces de sa régénérescence. Elle se
relève à présent en tirant de l’écriture tout le meilleur d’elle-même quitte à
« l’asservir » pour employer le verbe et la verve de Chantal Spitz.
&lt;em&gt;À condition toutefois, que quel que soit l'auteur, la sincérité de son
engagement, ses ruptures et ses divorces, il n'ait de cesse de se rappeler à
lui-même et aux autres que seul notre combat pour l'émancipation de la
pensée&lt;/em&gt; ma'ohi &lt;em&gt;fera émerger notre peuple de l'obscurité&lt;/em&gt; (stérile)
&lt;em&gt;dans laquelle la pensée exogène l'avait plongée et lui permettra ainsi de
recouvrer sa liberté et celle de sa terre&lt;/em&gt;(47) .&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;br /&gt;
Jean-Marc Tera’ituatini Pambrun&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(1) Jean-Marc Tera’ituatini Pambrun, « La conscience borgne », &lt;em&gt;Le
sale petit prince – Pamphlets blancs&lt;/em&gt;, édition de l’auteur, Papeete,
1994.&lt;br /&gt;
(2) Teuira Henry, &lt;em&gt;Tahiti aux temps anciens&lt;/em&gt;, Publications de la Société
des Océanistes, n° 1, Musée de l’Homme, Paris, 2000.&lt;br /&gt;
(3) Jean-Marc Tera’ituatini Pambrun, &lt;em&gt;La légende du scolopendre de la mer
sacrée – La fondation du marae&lt;/em&gt;, édité par l’auteur, 1998, 36 p.&lt;br /&gt;
(4) Turo Ra’apoto, &amp;quot;Ma'ohi&amp;quot;, in &lt;em&gt;Journal des missions évangéliques,&lt;/em&gt; pp.
114-119, n° 7-8-9, 153e année, Paris, 1978. Article publié aussi dans Problèmes
et avenir des peuples insulaires, Perspectives du Pacifique, publication de
l'Université du Pacifique Sud, pp. 111-115, Suva, 1983.&lt;br /&gt;
(5) Jean-Marc Pambrun, &lt;em&gt;Tahiti : un mythe qui dure – Phases du
néocolonialisme et du capitalisme en Polynésie française&lt;/em&gt;, Paris, Éditions
Caribéennes, 1978, 21 p.&lt;br /&gt;
(6) Charles Manutahi, &lt;em&gt;Poèmes&lt;/em&gt;, édité par l'auteur, Papeete, 1979, 74
p. ; &lt;em&gt;Contes et légendes de la Polynésie&lt;/em&gt;, Papeete, 1982 ;
« Le don d'aimer », Papeete, 1984 ; &lt;em&gt;La fleur polynésienne dans
l'histoire et la légende / Te tumu o te hiroa maohi&lt;/em&gt;, Papeete, 1986.&lt;br /&gt;
(7) Henri Hiro, &amp;quot;Dieu de la culture&amp;quot; in &lt;em&gt;Mana, a South Pacific Journal of
language and literature&lt;/em&gt;, vol.4, n° 2, janvier 1979 ; poème réédité
dans &lt;em&gt;Henri Hiro&lt;/em&gt;, Tupuna Productions, Papeete, 1991, 84 p.&lt;br /&gt;
(8) Devatine, Flora. &lt;em&gt;Vaitiare, Humeurs&lt;/em&gt;. Papeete, édité par l’auteur,
1980.&lt;br /&gt;
(9) &lt;em&gt;Mana, a South Pacific Journal of language and literature&lt;/em&gt;, vol. 7,
n° 1, 1982, 86 p.&lt;br /&gt;
(10) Daniel Margueron, &lt;em&gt;Tahiti ou l’atelier d’une invention littéraire&lt;/em&gt;.
Présentation des littératures en Polynésie française, conférence du mois
d’avril 2002.&lt;br /&gt;
(11) Henri Hiro, Interview accordé à Michou Chaze, &lt;em&gt;Les Nouvelles de
Tahiti&lt;/em&gt;, février 1990, publié le 12 mars 1990.&lt;br /&gt;
(12) Chaze, Michou. &lt;em&gt;Vai la rivière au ciel sans nuages&lt;/em&gt;. Papeete,
Cobalt/ Tupuna/ Les Éditions de l'Après-midi, 1990.&lt;br /&gt;
(3) Chantal Spitz, &lt;em&gt;L'île des rêves écrasés&lt;/em&gt;, Les éditions de la plage,
Papeete, 1991, p. 79. Réédité par les éditions Au vent des îles, Papeete, 2007,
209 p.&lt;br /&gt;
(14) Henri Hiro, &lt;em&gt;Henri Hiro&lt;/em&gt;, Tupuna Productions, Papeete, 1991, 84
p.&lt;br /&gt;
(15) Turo a Raapoto, &lt;em&gt;Te rautiraa i te parau a te atua e te iho tumu
maohi,&lt;/em&gt; Papeete, 1988, édité par l'auteur, 60 p.&lt;br /&gt;
(16) Rui a Mapuhi, &lt;em&gt;Pehepehe&lt;/em&gt;,Tutava, Papeete, 1993, édité par l'auteur,
60 p.&lt;br /&gt;
(17) Charles Teriiteanuanua Manu-Tahi, &lt;em&gt;Te Parau Huna O Te Ao Maohi = Le
mystère de l'univers maohi&lt;/em&gt;, Papeete, 1992.&lt;br /&gt;
(18) Jean-Marc Tera’ituatini Pambrun, &lt;em&gt;L’allégorie de la natte,&lt;/em&gt; édité
par l’auteur, 1993, 70 p. (bilingue).&lt;br /&gt;
(19) Jean-Marc Tera’ituatini Pambrun, Le sale petit prince – Pamphlets blancs,
1994, 140 p.&lt;br /&gt;
(20) Louise Peltzer, &lt;em&gt;Lettre à Poutaveri&lt;/em&gt;, Papeete, Scoop, 1995, 448
p.&lt;br /&gt;
(21) Louise Peltzer, &lt;em&gt;Hymnes à mon île&lt;/em&gt;. Papeete, Polycop, 1995.&lt;br /&gt;
(22) immy Ly, &lt;em&gt;Bonbon soeurette et pai coco&lt;/em&gt;. Papeete: Association Wen
Fa / Polytram, 1996, 136 pages.&lt;br /&gt;
(23) Flora Devatine, &amp;quot;Dans quelle langue écrire&amp;quot;, in D&lt;em&gt;ixit 97&lt;/em&gt;, revue
annuelle n°6, éditions Créaprint, pp. 146-150.&lt;br /&gt;
(24) Daniel Margueron, &lt;em&gt;opus cité.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;
(25) Jimmy Ly, &lt;em&gt;Hakka en Polynésie.&lt;/em&gt; Papeete, 1997, 162 p. Réédité aux
Editions Te Ite en 2004.&lt;br /&gt;
(26) Flora Devatine, &lt;em&gt;Tergiversations et Rêveries de l'Ecriture Orale, te
Pahu a Hono'ura,&lt;/em&gt; Papeete, Au vent des îles, 1998, 232 p.&lt;br /&gt;
(27)Charles Manu-Tahi, &lt;em&gt;L'Histoire secrète de la vallée profonde de Papenoo,
île de Tahiti,&lt;/em&gt; édité par l’auteur, Papeete, 142 p. (28) Jean-Marc
Tera’ituatini Pambrun, &lt;em&gt;op. cit&lt;/em&gt;.&lt;br /&gt;
(29) Mohammed Aït-Aarab , « L'année du livre à Tahiti » in
&lt;em&gt;Tahiti-Pacifique magazine&lt;/em&gt; n° 117, janvier 2001.&lt;br /&gt;
(30) Taaria Pare Walker, &lt;em&gt;Mémoires d'avenir d'une île australe,&lt;/em&gt;
éditions Haere po, 1999, 160 p.&lt;br /&gt;
(31) Louise Peltzer, &lt;em&gt;La Dépêche de Tahiti,&lt;/em&gt; 8 septembre 2000, p.
30.&lt;br /&gt;
(32) Le prix du président (le président du gouvernement de la Polynésie
française) a été institué à l'initiative du ministre de la culture. Le prix a
été décerné à l'occasion de la journée du reo ma'ohi le 28 novembre 2000.&lt;br /&gt;
(33) Célestine Hitiura Vaite, ' Frangipanier&lt;em&gt;, Au vent des îles, Papeete,
2006, 386 p. ;&lt;/em&gt; L’arbre à pain'', Au vent des îles, Papeete, 2007, 437
p.&lt;br /&gt;
(34) Titaua Peu, &lt;em&gt;Mutismes&lt;/em&gt;, Papeete, Haere po, 2003, 158 p.&lt;br /&gt;
(35) Stéphanie Ariirau Richard, &lt;em&gt;Je reviendrai à Tahiti&lt;/em&gt;, L’Harmattan,
2005, 123 p.&lt;br /&gt;
(36) Stéphanie Ariirau Richard, M&lt;em&gt;atamimi, la vie nous attend&lt;/em&gt;, Papeete,
Au Vent des îles, 2006, 130 p.&lt;br /&gt;
(37) Marie-claude Teissier-Langraf, &lt;em&gt;Hutu Painu, Tahiti, racines et
déchirements&lt;/em&gt;. Illustré par l'auteure. Papeete, Au vent des îles, 2004, 397
p.&lt;br /&gt;
(38) Marie-claude Teissier-Langraf, &lt;em&gt;Atea roa - Voyages inattendus.&lt;/em&gt;
Papeete, Au vent des îles, 2006.&lt;br /&gt;
(39) Moetai Brotherson, &lt;em&gt;Le roi Absent&lt;/em&gt;, Papeete, Au vent de îles, 2007,
512 p.&lt;br /&gt;
(40) Cet ouvrage a été rédigé en français par Lionel Duroy sous le titre
original de &lt;em&gt;Si loin du monde&lt;/em&gt;, paru chez Oh Editions et traduit ensuite
par Turo Raapoto aux éditions Au vent des îles&lt;br /&gt;
(41) Jimmy Ly, &lt;em&gt;Adieu l’étang aux chevrettes&lt;/em&gt;, Éditions Te Ite,
2003.&lt;br /&gt;
(42) Chantal Spitz, &lt;em&gt;Hombo, transcription d'une biographie&lt;/em&gt;. Papeete,
Éditions Te Ite, 2002.&lt;br /&gt;
(43) Chantal Spitz, &lt;em&gt;Pensées insolentes et inutiles&lt;/em&gt;. Papeete, Éditions
Te Ite, 2006&lt;br /&gt;
(44) Ra’i, &lt;em&gt;I te ra’i ra&lt;/em&gt;, éditions Toriri, 2005.&lt;br /&gt;
(45) Charles Teriiteanuanua Manu-Tahi, &lt;em&gt;Te parau o te mau vahi faufaa no te
mau tupuna i Moorea = L'histoire des sites et des ancêtres de l'île de
Moorea&lt;/em&gt;, Papeete, 2005.&lt;br /&gt;
(46) Jean-Marc Tera’ituatini Pambrun : &lt;em&gt;La nuit des bouches
bleues&lt;/em&gt;, Pièce de vers octosyllabiques en un acte, Papeete, Éditions de
Tahiti, 2002, 60 p. (Créée en 2002) ; &lt;em&gt;Les parfums du silence&lt;/em&gt;,
Pièce en trois actes et un épilogue, écrite sous le nom d’Étienne Ahuroa,
Papeete, Éditions le Motu, 2003, 95 p. (Prix Fiction 2004 du Livre
Insulaire) ; &lt;em&gt;Huna ou Secrets de famille&lt;/em&gt;, Nouvelles, Mantoury,
Ibis rouge éditions, 2004, 120 p. ; &lt;em&gt;Le Bambou Noir&lt;/em&gt;, Roman,
Papeete, Éditions le Motu, 2005, 210 p. ; &lt;em&gt;La Naissance de Havai'i -
Te-ti-pu-ra'a 'o Havai'i&lt;/em&gt;, Poème, Éditions le Motu, 2006, 70 p. ;
&lt;em&gt;Francis Puara Cowan - Le maître de la pirogue polynésienne&lt;/em&gt;,
autobiographie recueillie, Papeete, Éditions le Motu, 2007, 140 p. ;
&lt;em&gt;Les voies de la tradition&lt;/em&gt;, Recueil, Paris, Editions Manuscrits.com,
2008, 215 p.&lt;br /&gt;
(47) Jean-Marc Tera’ituatini Pambrun, « Paroles tragiques de l’écrivain
&lt;em&gt;ma’ohi&lt;/em&gt; » in &lt;em&gt;Dixit de la Polynésie&lt;/em&gt;, Papeete, 2001.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://blog.lecriturien.org/post/2008/09/26/Paroles-autochtones#comment-form</comments>
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      </item>
    
  <item>
    <title>Carrefour international des littératures autochtones de la francophonie (CILAF)</title>
    <link>http://blog.lecriturien.org/post/2008/09/02/Carrefour-international-des-litteratures-autochtones-de-la-francophonie-CILAF</link>
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    <pubDate>Tue, 02 Sep 2008 16:06:00 -1000</pubDate>
    <dc:creator>Jean-Marc Tera'ituatini Pambrun</dc:creator>
        <category>Café littéraire de l'écriturien</category>
            
    <description>&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://blog.lecriturien.org/public/./.Logo_CILAF_copy_m.jpg&quot; alt=&quot;Logo_CILAF_copy.jpg&quot; style=&quot;float:left; margin: 0 1em 1em 0;&quot; title=&quot;Logo_CILAF_copy.jpg, sep 2008&quot; /&gt;Du 9
au 13 septembre prochain, quatre auteurs polynésiens ont été invités à
participer au Carrefour international des littératures autochtones de la
francophonie qui se tiendra à Wendake à Québec : Michou Chaze, Flora
Devatine, Chantal Spitz et moi-même. Hormis les débats, ateliers et lectures
prévus au programme, nous interviendront dans le cadre d'un atelier organisé
par le Centre interuniversitaire d’études et de recherches autochtones (la
Faculté des Sciences sociales de Québec Université Laval, Québec) et
intitulé : &lt;em&gt;Littératures autochtones émergentes: Canada, Afrique du
Nord, Océanie française&lt;/em&gt;. Le programme de cet atelier est présenté
ci-après.&lt;br /&gt;
Avant que vous refermiez la page, je me dépêche de dire aux internautes qu' une
série de soirées « Découvertes littéraires » se tiendront durant ce
carrefour et qu'elles seront diffusées sur Internet par le Conseil en éducation
des Premières Nations. Le lendemain de chaque soirée, vers 13h, les entrevues
publiques et des lectures publiques de nos auteurs seront disponibles sur le
site du &lt;a href=&quot;http://www.cepn-fnec.com&quot;&gt;CEPN&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Littératures autochtones émergentes:&lt;br /&gt;
Canada, Afrique du Nord, Océanie française&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
PROGRAMME&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lundi le 8 septembre 2008&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
19h00 – Coquetel de bienvenue&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mardi le 9 septembre 2008&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
9h00 – Ouverture de l’atelier: mot de bienvenue par Jean Sioui, poète de
Wendake; allocution de Frédéric Laugrand, directeur du CIÉRA&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
9h30 – Séance 1: Entre l'oral et l'écrit (Président: Georges Sioui)&lt;br /&gt;
« De l'oralité à l'écriture en Polynésie française »&lt;br /&gt;
Flora Devatine, écrivaine, professeur retraité, membre de l’Académie
tahitienne, Papeete.&lt;br /&gt;
« La poésie amazighe entre l'oralité et l'écriture » Ali Khadaoui,
poète, inspecteur principal de l'enseignement secondaire à la retraite, ancien
détaché en tant que chercheur au Centre d'Anthropologie à l'IRCAM(Institut
Royal de la Culture Amazighe), Kenitra, Maroc&lt;br /&gt;
« Réinventer l’oralité ? La danse de makushan des littératures
autochtones »&lt;br /&gt;
Louis-Jacques Dorais, professeur, Université Laval, Québec, Canada&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
12h00 – Déjeuner&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
13h30 – Séance 2: Langue, identité et littérature (Président: Réal
Ouellet)&lt;br /&gt;
« To Grasp the Lifting-Stone?: Reading the Classics of Inuit Literature
»&lt;br /&gt;
Keavy Martin, étudiante au doctorat, University of Toronto, Toronto,
Canada&lt;br /&gt;
« La traduction et la question de la standardisation lexicale de la langue
amazigh »&lt;br /&gt;
Ali Iken, essayiste et traducteur, Errachidia, Maroc&lt;br /&gt;
« Comme à la limite des théories de l'impérialisme: le français en
Nouvelle-Calédonie / Kanaky: langue d'oppression ET d'expression »&lt;br /&gt;
Marie Salaün, professeur, Université Paris-V René Descartes, Paris,
France&lt;br /&gt;
« Un passé francophone en mal de signification chez les auteurs métis
d'ascendance canadienne française de l'Ouest canadien et américain »&lt;br /&gt;
Pamela Sing, professeur, Campus Saint-Jean, University of Alberta, Edmonton,
Canada&lt;br /&gt;
« Le théâtre amérindien en traduction / adaptation: le cas de la pièce
Tales of an Urban Indian de Darrell Dennis »&lt;br /&gt;
Isabelle St-Amand, étudiante au doctorat, Université du Québec à Montréal,
Canada&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
17h00 – Fin de séance&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mercredi le 10 septembre 2008&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
9h00 – Séance 3: Des littératures en émergence (Président: Louis-Karl
Picard-Sioui)&lt;br /&gt;
« Émergence de la littérature écrite amazigh dans un milieu arabophone et
francophone »&lt;br /&gt;
Abdallah El Mountassir, professeur, Université d'Agadir, Agadir, Maroc&lt;br /&gt;
« Les écrivains amérindiens et la réappropriation de l'histoire de
l'Amérique du Nord »&lt;br /&gt;
Peter Klaus, professeur, Freie Universität Berlin, Allemagne&lt;br /&gt;
« Être éditeur autochtone, au Québec et n'importe où »&lt;br /&gt;
Georges Sioui, professeur, Université d'Ottawa, Ottawa, Canada&lt;br /&gt;
« Le Grénoc découvre Mélina Vassiliou »&lt;br /&gt;
Pierre Rouxel, chercheur, Collège de Sept-Îles, Sept-Îles, Canada&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
12h00 – Déjeuner&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
13h30 – Séance 4: Traits spécifiques et regards comparés (Président: Maurizio
Gatti)&lt;br /&gt;
« Une Tahitienne écrit en français: inéquation du mot à l’idée »&lt;br /&gt;
Chantal Spitz, écrivaine, Polynésie française&lt;br /&gt;
« Indigenous Literary Criticism in North America: English and
French-language Approaches »&lt;br /&gt;
Michèle Lacombe, professeur, Trent University, Peterborough, Canada&lt;br /&gt;
« How 'Fantastic' is Assiniwi's 'Fantastique'? Genre Studies and
Aboriginal Literature »&lt;br /&gt;
Heather Macfarlane, chargée de cours, Carleton University, Ottawa, Canada&lt;br /&gt;
« Quand l'Autre prend la parole. Points de vue amérindiens sur l'étranger
chez Bernard Assiniwi et Michel Noël »&lt;br /&gt;
Marie-Hélène Jeannotte, étudiante au doctorat, Université de Sherbrooke,
Canada&lt;br /&gt;
« La manifestation de la circularité: une trajectoire de la subjectivité
littéraire amérindienne »&lt;br /&gt;
MaryAnne DeWolf, étudiante au doctorat, University of Wisconsin, Madison,
États-Unis&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
17h00 – Fin de séance&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Jeudi le 11 septembre 2008&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
9h00 – Séance 5: Réception des œuvres et regards vers le futur (Présidente:
Marie Salaün)&lt;br /&gt;
« Mythes et réalités de la littérature polynésienne »&lt;br /&gt;
Jean-Marc Pambrun, écrivain, Polynésie française&lt;br /&gt;
« Pourquoi faire lire les œuvres littéraires d'auteurs autochtones à des
étudiants en sciences sociales? »&lt;br /&gt;
Natacha Gagné, professeur, Université d'Ottawa, Ottawa, Canada&lt;br /&gt;
« Parler de sa famille à un inconnu: le dialogue littéraire dans
Aimititau! Parlons-nous! »&lt;br /&gt;
Isabelle Miron, professeur, Université du Québec à Montréal, Montréal,
Canada&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
11h30 – Discussion générale: que retenir de cet atelier? Vers la création d'une
association des études littéraires sur l'autochtonie francophone? (Présidents:
Louis-Jacques Dorais et Maurizio Gatti)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
12h30 – Clôture de l’atelier par un/e auteur/e de Wendake&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’organisation de l’atelier a bénéficié du soutien des organismes
suivants&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Conseil de recherches en sciences humaines du Canada (aide aux ateliers et
colloques)&lt;br /&gt;
Agence universitaire de la Francophonie (AUF)&lt;br /&gt;
Consulat de France à Québec&lt;br /&gt;
Université Laval (Projet Yawenda)&lt;br /&gt;
Carrefour international des littératures autochtones de la francophonie
(CILAF)&lt;br /&gt;
Centre interuniversitaire d’études et de recherches autochtones (Université
Laval)&lt;br /&gt;
Association Inuksiutiit Katimajiit Inc.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Liste des intervenants&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
DEVATINE, Flora (tahitile@mail.pf)&lt;br /&gt;
DEWOLF, MaryAnne (dewolf@genevaonline.com)&lt;br /&gt;
DORAIS, Louis-Jacques (louis-jacques.dorais@ant.ulaval.ca)&lt;br /&gt;
EL MOUNTASSIR, Abdallah (elmountassir@hotmail.com)&lt;br /&gt;
GAGNÉ, Natacha (natgagne@uottawa.ca)&lt;br /&gt;
GATTI, Maurizio (mau.gatti@videotron.ca)&lt;br /&gt;
IKEN, Ali (aghilas562000@yahoo.fr)&lt;br /&gt;
JEANNOTTE, Marie-Hélène (marie-helene.jeannotte@USherbrooke.ca)&lt;br /&gt;
KHADAOUI, Ali (alikhadaoui@hotmail.com)&lt;br /&gt;
KLAUS, Peter (klauspet@zedat.fu-berlin.de)&lt;br /&gt;
LACOMBE, Michèle (mlacombe@trentu.ca)&lt;br /&gt;
MACFARLANE, Heather (heather.macfarlane@utoronto.ca)&lt;br /&gt;
MARTIN, Keavy (keavy.martin@utoronto.ca)&lt;br /&gt;
MIRON, Isabelle (isabelle_miron@yahoo.ca)&lt;br /&gt;
PAMBRUN, Jean-Marc (jm@magicmoorea.com)&lt;br /&gt;
ROUXEL, Pierre (vime@globetrotter.net)&lt;br /&gt;
SALAÜN, Marie (Marie.Salaun@ehess.fr)&lt;br /&gt;
SING, Pamela (pamela.sing@ualberta.ca)&lt;br /&gt;
SIOUI, Georges (editkanatha@videotron.ca)&lt;br /&gt;
SPITZ, Chantal (hombo@mail.pf)&lt;br /&gt;
ST-AMAND, Isabelle (i_stamand@yahoo.ca)&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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      </item>
    
  <item>
    <title>Ô ma Racine!</title>
    <link>http://blog.lecriturien.org/post/2008/09/02/O-ma-Racine</link>
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    <pubDate>Tue, 02 Sep 2008 15:46:00 -1000</pubDate>
    <dc:creator>Jean-Marc Tera'ituatini Pambrun</dc:creator>
        <category>Poésie</category>
            
    <description>    &lt;p&gt;Ce sonnet a été écrit à l'occasion de la dernière &amp;quot;biennale de Moorea&amp;quot; du 30
août 2008. Pour en savoir plus sur les artistes, leurs oeuvres et leurs
envolées au cours de cette journée mémorable, je vous invite à vous rendre sur
l'excellent blog réalisé par notre ami Gotz dédié au &lt;a href=&quot;http://mana-art.blog4ever.com/blog/lirarticle-185530-935950.html&quot;&gt;Mana
Art&lt;/a&gt;. Ce poème accompagne une encre de chine que je mettrai en ligne
prochainement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Ô ma Racine!&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ô racine! Toi qui tiens la terre entre tes mains,&lt;br /&gt;
Laisse-moi enlacer ton ventre raboteux&lt;br /&gt;
Et sucer le savoir préservé par tes noeuds&lt;br /&gt;
De nos origines et de notre destin.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ô Racine! Toi qui tiens à bout de bras la terre,&lt;br /&gt;
Montre-moi le chemin suivi par tous les miens&lt;br /&gt;
Et les lieux dont ils sont devenus les gardiens,&lt;br /&gt;
Que je puisse honorer les hauts-faits de mes pères.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ô Racine! Laisse-moi remonter vers leur souche,&lt;br /&gt;
Là où les premiers noms ont jailli de leur bouche&lt;br /&gt;
Pour fixer la mémoire des dieux ancestraux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Racine! Ô ma Racine! Relie-nous dans ton lit,&lt;br /&gt;
Casse les frontières et panse tous nos maux.&lt;br /&gt;
Que jamais ta course ne succombe à l’oubli.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Jean-Marc Tera’ituatini Pambrun – Pao Pao, le 30 août 2008&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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      </item>
    
  <item>
    <title>&quot;Mon pays est né de Dieu&quot;</title>
    <link>http://blog.lecriturien.org/post/2008/07/30/Mon-pays-est-ne-de-Dieu</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:8955fb5da56dffcec790f6d63e29c615</guid>
    <pubDate>Wed, 30 Jul 2008 22:43:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Stéphanie Ariirau</dc:creator>
        <category>L'atoll</category>
            
    <description>&lt;p&gt;Mon pays est né de Dieu, ce n’est pourtant pas le paradis&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le duvet du Roi des Cieux, y compresse toutes les envies&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pluie farine sur le bitume, peaux d’oranges et mangues vertes&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous les espoirs de gloire s’embrument, enfants, palpez du rêve à
perte.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Mon pays est né de Dieu, pourtant miné de remontrances,&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Y voient le jour tous ces envieux, jusqu’auboutismes
d’indépendance,&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils s’enracinent dans la rancune, soleil de nuit ciel saupoudré,&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils en oublient ces belles lagunes, nos beaux enfants cœurs animés,&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Tu seras toujours un peu trop blanche.)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mon pays est né de Dieu, les mots des hommes n’y valent rien,&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans jamais se satisfaire de mieux, ainsi aboie URI le chien,&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J’aurais aimé te protéger, contre le chant de ces sirènes,&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux souffles des vents de liberté, leurs âmes fécondes cherchent
l'aubaine.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mon pays est né de Dieu, et dans sa terre je reposerai,&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Touchiez-vous le monde des yeux, notre passé rompu s’y embrasait,&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Moiteur des barreaux, bambous lisses, aigreurs des fous,&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils validèrent le faux, ils ratissèrent les poux,&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l’épaisse crinière d’un ange.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
(Elle ne sera jamais assez franche.)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mon pays est né de Dieu, tous les autres pays aussi,&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans mes entrailles vibrent les fibres, qui m’ont sacrée &lt;em&gt;enfant
d’ici&lt;/em&gt;,&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Terre comme les autres, verte montagneuse piquée de défis,&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les imposteurs tels des apôtres, tous couronnés d’un sombre Viri.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Réjouissons-nous d’avoir été blessés, nous en serons plus forts.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mon pays est né de Dieu, mais tous les autres pays le sont aussi,&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On y danse, on y chante, on y vit,&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et nulle part sans toi, cette terre ne sera un paradis.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://blog.lecriturien.org/post/2008/07/30/Mon-pays-est-ne-de-Dieu#comment-form</comments>
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      </item>
    
  <item>
    <title>L’ESPRIT DE L'AMEÇON DE TÂFA'I</title>
    <link>http://blog.lecriturien.org/post/2008/07/03/LESPRIT-DE-L-AMECON-DE-TAFA-I</link>
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    <pubDate>Thu, 03 Jul 2008 16:08:00 -1000</pubDate>
    <dc:creator>Jean-Marc Tera'ituatini Pambrun</dc:creator>
        <category>Articles culturels</category>
            
    <description>&lt;p&gt;Ce texte a été donné le 18 juin 2008 à l’occasion du symposium organisé au
musée du Quai Branly à Paris les 17 et 18 juin 2008 autour du thème
&lt;em&gt;Exhibiting Polynesia : past, present and future&lt;/em&gt;. Je suis certain
qu'il suscitera nombre de questions quant à à la justesse des informations
historiques et à la cohérence de la démonstration. Mais encore une fois, nous
sommes parfois bien obligés de faire l'économie de la rigueur scientifique que
le regard occidental s'obstine à exiger si nous voulons partager et confronter
nos points de vue sur la vision qui nous anime, à moins de nous taire à jamais
par peur d'être critiqué. Ceux qui sont animés de cette soif de rassembler les
énergies polynésiennes en vue de rattacher ce qui fut séparé sauront lire dans
ou entre les lignes qui suivent le sentiment qui m'a animé à cette occasion et
l'intention profonde qui est la mienne : retrouvrer les racines communes
aux nations polynésiennes pour relier toutes les îles du grand triangle
polynésien.&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;__L’ESPRIT DE L’HAMEÇON DE TÂFA’I__(1)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;&lt;strong&gt;À la recherche de la grande terre maôhi&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;(2)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mon nom est Tera’ituatini et je sors du &lt;em&gt;marae&lt;/em&gt; Vaeara’i à Havai’i.
Depuis 80 générations, Tera’ituatini est porté par le premier-né de la branche
aînée de ma lignée, une génération sur deux, comme le veut notre tradition
familiale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
''« Havai’i, Havai’i e, e Havai’i e&lt;br /&gt;
Havai’i mai nei, Havai’i roa mai nei&lt;br /&gt;
Iho mai nei ’o Hava-i-’â, ’o Ha-vâ-i-’â&lt;br /&gt;
(…)&lt;br /&gt;
’O Havai’i te ’âi’a o te mau mâ’ohi&lt;br /&gt;
’O Havai’i te ’âi’a o te nûna’a mâ’ohi&lt;br /&gt;
No Havai’i te ta’ata i mâ’ohi ai.&lt;br /&gt;
I te maura’a mai ’o Havai’i&lt;br /&gt;
I fa’aro’ohia ai te parau o te mâ’ohi&lt;br /&gt;
I ’atutu ai te parau o te mâ’ohi&lt;br /&gt;
I ’itehia ai te parau o te mâ’ohi.&lt;br /&gt;
’Aore e mâ’ohi i râpae ’au ia Havai’i,&lt;br /&gt;
Savai’i, Avaiki, Hawaiki, Havai’i. »''(3)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Vahi Sylvia Tuheiava-Richaud&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
“Le temps où la tradition polynésienne était considérée comme un être terrassé,
difforme, diminué et exsangue est révolu. Ceux qui de tout temps constatèrent
l’agonie culturelle des peuples polynésiens n’avaient d’yeux que pour
enregistrer et classer ce qui leur était donné de voir. Pourtant, comme
d’autres, j’ai vu les paupières de la tradition tressaillir, je me suis penché,
j’ai plongé mes yeux dans les siens et je l’ai vue revenir à la vie parce que
j’y croyais. La tradition vit au creux de chacun d’entre nous. Pour qu’elle se
manifeste, il suffit de la regarder dans les yeux et de l’aimer. Et pour qui
veut la porter, panser son corps, et surtout connaître son nom, elle marchera
de nouveau.”(4)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1992, alors que j’étais directeur du département des traditions du centre
polynésien des sciences humaines, j’écrivais ceci(5):&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;« Demain, la tradition sera faite de ce que nous voudrons bien faire
pour elle : en resserrer tous les liens pour qu’elle ne reforme plus
qu’Un, qu’une seule entité, qu’un seul être ; ou continuer à tirer sur
chaque fibre dans une course folle et désespérée vers la séparation des genres
et des attributs et leur dispersion aux quatre coins de l’identité
polynésienne. Il faut retrouver la cohérence du monde des anciens pour assurer
la permanence de la tradition dans les mondes de demain.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que je dis aujourd’hui, d’autres Océaniens l’ont dit en d’autres temps et
d’une autre manière. Au cours d’un colloque sur le patrimoine culturel de la
région du Pacifique qui se déroula sous l’égide de l’U.N.E.S.C.O. du 14 au 19
décembre 1980 à Papeete(6), Malama Meleisa, originaire des Samoa occidentales
s’exprima en ces termes : « Notre culture est ce que nous pensons et
faisons et, vue sous cet angle, c’est “quelque chose que nous pouvons
manger” ! Notre culture est pour nous la possibilité d’être plus autonome
que nous le sommes à présent ! C’est le fondement et la racine de notre
vie. Ainsi, quand nous voulons préserver nos ressources historiques et protéger
et développer notre culture vivante, nous ne pouvons pas nous approcher de la
spécialisation. Nos centres culturels et nos musées devront rapprocher les
aspects sociaux, économiques, technologiques, historiques de notre culture et
les voir tressés comme les fibres d’une natte, pour former un ensemble. »
(7)&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nul ne sait de quelle façon la force de son message retentit dans l’esprit
des responsables polynésiens présents ce jour-là. (…) Il est vrai que les
délégués tahitiens pouvaient difficilement prêter une oreille attentive à la
déclaration du Samoan. Ils étaient déjà engagés dans la voie de la
spécialisation (…) Malgré toute la bonne volonté du conseiller de gouvernement
à la culture de l’époque, les structures et les moyens s’organisaient dans le
sens d’une séparation des formes d’expression et de recherche culturelles(8)
et, au sein même de celles-ci, dans la perspective fatale d’un cloisonnement
des spécialités scientifiques.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi en fut-il du Centre polynésien des sciences humaines dit
Te-ana-vaha-rau’ – « &lt;em&gt;La caverne aux bouches multiples&lt;/em&gt; – en
référence au fare aira’a upu – &lt;em&gt;la maison des avaleurs d’incantations&lt;/em&gt; –
de Ha’apape, au temps de l’enseignement de Hiro et de l’arrivée de ‘Oro à
Tahiti »(9). Créé en 1980, le Centre se vit confier une compétence générale
d’intervention dans tous les domaines touchant au patrimoine artistique,
naturel, culturel et scientifique du Territoire. Malheureusement sa mission
ambitieuse ne fut jamais remplie. Faute de n’avoir pas prévu de structure
coordonnatrice dans son fonctionnement et d’y avoir préféré une organisation
composée de trois départements autonomes au plan scientifique et dirigé chacun
par un directeur technique », le Musée de Tahiti et des Îles, le Département
d’archéologie et le Département des traditions n’ont jamais pu se concerter
« pour concevoir une politique cohérente et homogène de préservation du
patrimoine culturel polynésien. » Et la conséquence malheureuse de cette
carence conduisit à la dissolution du Centre polynésien des sciences humaines.
Le Musée de Tahiti et des Îles s’adjoignit le nom de Fare Ia manaha pour bien
marquer sa fonction de dépositaire des trésors des dieux et devint un
établissement public à part entière. Quant aux départements des traditions et
d’archéologie, ils furent remisés comme de simples bureaux techniques au
Service de la culture et du patrimoine – &lt;em&gt;Pû nô te ta’ere e nô te faufa’a
tumu&lt;/em&gt;.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis, la natte que nous tentions de tresser est restée en l’état,
délaissée et inachevée. Et le Musée de Tahiti et des Îles qui en constitue
l’une des fibres principales n’a pas encore retrouvé toute la mémoire des lieux
qui l’ont vu naître, ignore encore leur puissance, parce qu’il n’a pas reçu
l’enseignement des paroles originelles de la terre – &lt;em&gt;parau-tumu-fenua&lt;/em&gt;
qui nourrissent la tradition polynésienne. Depuis sa création il y a 34
ans(10), il ne peut que se résoudre, comme une fatalité incontournable, à
poursuivre l’unique alternative entreprise par ses pères fondateurs :
conserver ce qui fut pour éviter qu’il ne disparaisse. Une alternative soutenue
par cette bonne conscience de se conformer aux règles et aux dispositions de
conservation que les droits français et européen issu du colonialisme– ou en
réaction contre lui – ont imposées à notre pensée comme incontournable. Le
Musée de Tahiti et des Îles est condamné ainsi à appliquer une conception qui,
si nous ne réagissons pas, restera toujours éloignée de la vision que nous
Polynésiens avons de notre culture et de notre histoire. Il est donc temps de
rétablir la relation que nous avons toujours entretenue, et malgré tous les
bouleversements que notre société a traversés, avec la terre et la parole
qu’elle nous inspire. Il est temps de puiser au réservoir des noms que la
tradition a retransmis depuis des générations par les hommes qui y sont nés et
dont les noms ont été fixés à jamais sur la terre ancestrale de tous les
Polynésiens : Havai’i!&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;''« Havai’i, Havai’i e, e Havai’i e&lt;br /&gt;
Eie mai nei ’o Havai’i, ’o Havai’i teie&lt;br /&gt;
Mai roto mai ia Ta’aroa&lt;br /&gt;
Te tupuna o te mau atua ato’a. »''(11)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Havai’i! Née de Ta’aroa, l’ancêtre de tous les dieux. Havai’i! Plus connue
aujourd’hui sous le nom de Ra’i-âtea dans l’archipel de la Société. Havai’i
fanaura’a fenua – &lt;em&gt;lieu de naissance des terres&lt;/em&gt; –, le symbole du pays
lointain d’où partirent nos ancêtres à la conquête du cœur du Pacifique. C’est
de là qu’ils suivirent la route du soleil levant et c’est vers Havai’i que se
tourne depuis l’esprit de nos défunts, en empruntant le &lt;em&gt;Te rei a
varua&lt;/em&gt;, la voie des âmes, la piste dorée que tracent sur l’océan les
reflets des derniers rayons du soleil couchant. Havai’i! Là où tout a commencé.
Là où, surgit du Po qui les a créés, ils ont lancé leurs grandes pirogues sur
l’océan pour illuminer la Polynésie toute entière.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Havai’i! C’est à Havai’i que la première grande pirogue de
Ta’aroa-nui-tahi-tumu arriva un matin du 4e siècle AD sur une plage inondée de
soleil et dominée par des montagnes verdoyantes. C’était au temps des princes
venus de la nuit, au temps des îles et des pierres de corail tirées de
profondeurs de l’océan, au temps où la civilisation, qui allait des générations
plus tard s’établir sous la grande « pyramide océanique polynésienne
»(12), commençait à naître. Ta’aroa-nui-tumu-tahi posa son pied sur Havai’i et
donna naissance à Vaeara’i – l&lt;em&gt;e pied du ciel&lt;/em&gt; – le marae fondamental,
le premier &lt;em&gt;marae&lt;/em&gt; de Havai’i sur lequel il consacra son fils
Te-anuanua-e-tu-i-Vaeara’i(13).&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Son arrière arrière petit-fils, Te-ra’i-ho’aho’a-ia-tane fut le premier
grand chef consacré sur le &lt;em&gt;marae&lt;/em&gt; Vaeara’i de Havai’i et fut ceint d’un
double pouvoir politique et spirituel, celui de la ceinture rouge – &lt;em&gt;te maro
‘ura&lt;/em&gt; – et celui de la ceinture blanche – &lt;em&gt;te maro tea&lt;/em&gt;(14). C’est
ainsi que fut établie la grande dynastie royale de Havai’i. Te
ra’i-ho’aho’a-ia-Tane eut cinq fils qui étendirent leurs tentacules sur Vavau,
‘Uporu, Hitinui et Aimeho(15). Deux d’entre eux eurent un destin important pour
tout ce qui va suivre : l’aîné, Te-tua-o-ma’o-pu-ma-hoata-i-Vaeara’i et le
cadet, Tera’ituatini.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Te-tua-o-ma’o-pu-ma-hoata-i-vaeara’i, par amour pour la princesse héritière
de Vavau, Tetuanui-reia-na-ahu-e-rua-o-Vaiôtaha, renonça au trône de Havai’i à
la mort de son père et abdiqua en faveur de son frère cadet, Tera’ituatini.
Avec l’approbation de sa famille et des hautes religieuses de l’île, il emporta
à Vavau le &lt;em&gt;maro tea&lt;/em&gt; et laissa le &lt;em&gt;maro ‘ura&lt;/em&gt; à son frère(17).
Il emmena aussi avec lui le &lt;em&gt;ha’ai&lt;/em&gt;(18), le siège principal de Vaeara’i
qui lui revenait de droit, appelé Maopu Maohoata(19) et fonda le &lt;em&gt;marae&lt;/em&gt;
royal de Faanui(20). À cette occasion, il prit le titre de Teriimarotea&lt;a href=&quot;http://blog.lecriturien.org/post/2008/07/03/20&quot; title=&quot;20&quot;&gt;20&lt;/a&gt;. Il prendra par la suite une pierre de Vai-‘ôtaha pour
fonder le &lt;em&gt;marae&lt;/em&gt; Marotetini.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tera’ituatini revêtit le &lt;em&gt;maro ‘ura&lt;/em&gt; et prit le titre de
Teri’i-vetea-o-Ta’aroa(21). Plus tard, la pierre de Tera’ituatini qui portait
son nom fut transportée de Vaeara’i à la pointe Matahira-i-te-ra’i pour servir
de fondation au &lt;em&gt;marae&lt;/em&gt; Tini-rau-mata-te-papa-o-Feoro ou Feoro(22). Plus
tard encore ce &lt;em&gt;marae&lt;/em&gt; recevra aussi le nom de Vai-'ôtaha(23).&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vavau! Porapora i te fanau tahi, &lt;em&gt;Porapora la première née de
Havai’i&lt;/em&gt;(24). C’est de là que parti Te-one-ha’a-i-apapa-i-te-ra’i appelé
aussi Te Fatu, un prince de Rotuma venu épouser la princesse Teura(25), pour
établir des liens avec Rarotonga, Tâ-hiti, Te-ao-tea-roa et Hawai’i. Le
&lt;em&gt;marae&lt;/em&gt; fare-rua qui fut édifié en son honneur deviendra le berceau et
le centre de l’Alliance amicale que Te Fatu et son fils Marotetini
entreprendront de constituer(26). Plus tard, le centre de cette Alliance se
déplacera à Havai’i.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Durant plusieurs générations, les nations polynésiennes se réunirent sur ce
&lt;em&gt;marae&lt;/em&gt; à la pointe Matahira-i-te-ra’i pour perpétuer l’Alliance
amicale, &lt;em&gt;te-ao-o-te-fa’a-tau-aroha&lt;/em&gt; qui réunissaient &lt;em&gt;te-ao-uri&lt;/em&gt;
– les pays sombres qui se trouvaient dans le soleil couchant – et
t&lt;em&gt;e-ao-tea&lt;/em&gt; – les pays clairs qui baignaient dans le soleil levant.
Tâ-hiti, Mo’orea, Huahine, Mai’ao, Tuha’a pae(27) faisaient partie des pays
sombres. Pora Pora, Taha’a, Maupiti, Rarotonga, Rotuma, Te-ao-tea-roa faisaient
partie des pays clairs(28). Et à chaque retrouvaille, les pirogues des
délégations empruntaient Te-ava-mo’a, la passe sacrée qu’ils honoraient par des
offrandes avant de se rendre au &lt;em&gt;marae&lt;/em&gt;(29).&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusqu’à ce jour fatidique du 18ème siècle. Les cérémonies religieuses
étaient terminées. La fête battait son plein. Tous les invités festoyaient pour
remercier les dieux de leur avoir permis de sceller une nouvelle fois
l’alliance à Havai’i. Quand soudain un homme fit irruption parmi les convives
et hurla que Pa’oa-tea, le conseiller des pays clairs. avait été tué non loin
du &lt;em&gt;marae&lt;/em&gt; de la main du chef Te-po-rou-a-ra’i-ari’i, Pa’oa-uri, le
conseiller des pays sombres L’assemblée fut prise de stupeur, car ce meurtre
signifiait qu’une faute terrible avait été commise et allait briser l’entente
de toutes les nations polynésiennes qui s’était nouée depuis des générations.
Un grand chef de te Ao-tea, nommé Te mauri-ari’i, tenta de lever l’affront en
assommant Pa’oa-uri et en le laissant pour mort. Mais il était trop tard. Le
sang avait coulé sur la terre sacrée de Havai’i. Pour éviter que ce meurtre
n’oppose toutes les délégations au cours d’un affrontement qui n’aurait pas
laissé de survivants, les pays clairs remirent leurs pirogues à la mer et
partirent précipitamment par la passe Ava-rua, évitant de reprendre la passe
sacrée Ava-mo’a qu’ils avaient empruntée à leur arrivée(30).&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet événement entraîna la rupture de l’alliance et il s’ensuivit que les
pirogues &lt;em&gt;mâori&lt;/em&gt;(31) et &lt;em&gt;mâoli&lt;/em&gt;(32)partirent de Havai’i pour ne
plus revenir. C’est après leur départ que les prêtres des pays sombres émirent
le double &lt;em&gt;tapu&lt;/em&gt; et le &lt;em&gt;âtea&lt;/em&gt; symbolisant la coupure avec ces
pays éloignés(33). Et c’est depuis ce jour que le complexe religieux édifié
autour de Va’earai et qui s’étendait depuis la pointe Matahira-i-te-ra’i
jusqu’à la passe Ava-mo’a prit le nom de « Tapu-tapu-âtea »[(34) –
&lt;em&gt;coupé deux fois avec les pays clairs&lt;/em&gt;. Après la dispersion des pays
sombres et des pays clairs, une alliance appelée Hau Pahu Nui, le gouvernement
du grand tambour, fut conclue entre les royaumes de Tâ-hiti, Huahine, Taha’a,
Ra’i-âtea et Maupiti(35). Et ce n’est que deux siècles plus tard que le
&lt;em&gt;marae&lt;/em&gt; Taputapu-â-tea sera reconstruit pour être dédié au culte du dieu
‘Oro.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce nouveau culte essaimera dans la région, et en particulier à Tâ-hiti. Les
prêtres de ‘Oro, conduit par Tupua-nui-e-fa’aonoono vinrent à Tâ-hiti(36) pour
y installer une pierre de Taputapu-â-tea sur un &lt;em&gt;marae&lt;/em&gt; à Tâ-hiti.
D’abord à Tautira sur le &lt;em&gt;marae&lt;/em&gt; Te-ahu-o-rua-tama, puis à Ata-huru sur
le &lt;em&gt;marae&lt;/em&gt; du même nom à la pointe Nu’uroa où ils édifièrent le marae
Vai-‘ôtaha, qui prendra aussi le nom de Taputapu-â-tea, à l’endroit même où est
érigé le Musée de Tahiti et des Îles(37). L’histoire contemporaine ne dit pas
si les fondateurs de ce musée avaient choisi en connaissance de cause ce lieu
religieux ancestral pour l’édifier. Mais comment en aurait-il pu être
autrement? Dans toute la Polynésie, les lieux consacrés au patrimoine culturel
et spirituel se perpétuent par la seule vigilance des ancêtres qui continuent à
inspirer à leurs enfants par les songes et les visions la conduite à tenir pour
préserver l’équilibre du monde maôhi. Quoi qu’il en soit, en attribuant au
Musée de Tahiti et des Îles les terres de Vaiparaoa, Manua et Faataufafao, les
fondateurs avaient scellé son destin, et avec lui celui du Service de la
culture et du patrimoine dont les missions sont communes : l’étude, la
conservation, la mise en valeur et la diffusion du patrimoine culturel et
naturel polynésien. De sorte que les agents qui y travaillent, tout comme les
anciens, ne peuvent que rendre hommage à ce haut lieu et lui exprimer leur
considération.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car, pour qui veut bien ouvrir son cœur et désentraver les portes de sa
connaissance, le Musée de Tahiti et des Iles – &lt;em&gt;Te Fare Ia Manaha&lt;/em&gt; ne
peut pas être qu’un musée, il perpétue les maisons dédiées aux objets de rituel
des ancêtres et des dieux qui s’élevaient autrefois sous ses fondations.
Implanté sur la péninsule Nu’uroa qui forme l’extrémité littorale de Hiti, la
frontière première, dans la commune dénommée Puna’auia et située sur l’île de
Tâ-hiti, il rappelle à ses usagers l’origine de ces lieux. Hiti se situe dans
la mythique entité géographique et clanique du ari’i nui Pô-hue-tea de
Puna-’aui-a qui prit le titre de Te-tua-nui-e-maru-ai-te-ra’i. Un espace qui
s’étend depuis le sommet du mont ‘Oro-hêna jusqu’à Nu’uroa, en passant par la
vallée Puna-ru’u. « Cette entité géographique et communautaire est
intimement liée à l’histoire glorieuse et prestigieuse de l’ancienne communauté
clanique, le &lt;em&gt;va’a mata’eina’a&lt;/em&gt; de A-ta-huru qui regroupait autrefois
Te-mano-tahi et Te-mano-rua, sous la tutelle de la Grande Chefferie ou va’a
Hiva du clan des Te-’oro-pâ’a, plus anciennement dénommés Te-râa-â-pâ’a.
»(38)&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En outre, l’évocation de Hiti renvoie naturellement à l’île de Ta-hiti et à
son rayonnement en tant que Frontière Première et référence pour le monde mâori
connue aussi sous le nom de Hiti-tautau-roa. Car l’origine du concept et de
l’appellation Tâ-hiti prend naissance là même, au sein de cette entité qui
porte le nom de son illustre ancêtre fondateur Hiti-a-Hiti quand il débarqua au
nord de la pointe Nu’uroa pour construire le &lt;em&gt;marae&lt;/em&gt; Tâ-hiti(39). Plus
tard les &lt;em&gt;marae&lt;/em&gt; Tâ-hiti, Ra’itua, Ata-huru, Puna-‘aui-a, Vai-’ôtaha,
Tapu-tapu-a-tea, et bien d’autres et la foule de noms qui les accompagnent
viendront remplir Hiti.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant-hier soir, quand j’ai pénétré dans les salles de l’exposition pour
laquelle nous sommes réunis aujourd’hui, j’ai encore une fois eu du mal à taire
ce sentiment d’émotion partagé entre la compassion et la colère de percevoir
l’espace d’incarcération dont les objets sont victimes, privés de parole et
surtout dépossédés de leur identité. Mais j’y ai vu aussi un moment de
soulagement, une possibilité pour eux d’atténuer leur condition de détention
ici en Occident. Et je veux remercier Steven Hooper et ses partenaires d’avoir
souhaité qu’ils se retrouvent en famille même pour un court laps de temps afin
de mêler leurs mémoires et, pourquoi pas, rassembler leurs esprits pour nous
aider à poursuivre notre quête.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car comme je l’ai déjà dit, « l’objet est un être qui se pense dont
l’existence est assurément déterminée par l’homme, à fortiori quand il y
incorpore l’esprit de ses ancêtres. »(40)Et si n’importe quel objet se pense,
autant qu’un enfant puisse être désiré par ses ancêtres et élevé par ses
parents, il s’appelle, il porte un nom. Donner un nom et l’appeler par son nom,
c’est cet usage que l’adhésion aux nouvelles religions nous a fait perdre et
c’est ce qui nous reste à redécouvrir. L’important pour un musée polynésien
aujourd’hui n’est pas tant les œuvres que nos ancêtres nous ont permis de
préserver, mais de les appeler par leurs noms, de les saluer et de savoir leur
rendre hommage. Récemment, un messager, initié à l’art de communiquer avec les
esprits des défunts, m’a adressé une longue requête de Kapotai, ancêtre de
Tamati Waka Nene de la tribu Ngapuhi de Te-ao-tea-roa dont je ne dévoilerai pas
le contenu ici, mais qui fit cette remarque en lui demandant pourquoi je ne lui
dis pas bonjour quand je viens visiter le musée d’Auckland où il est
représenté.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette manifestation est destinée à nous rappeler encore une fois ce que j’ai
déjà affirmé ici lors des rencontres inaugurales du Musée du quai Branly du 21
juin 2006. À savoir qu’« un objet n’appartient pas à un passé
préhistorique mais à une communauté »(41)qui étend ses ramifications familiales
dans tout le triangle polynésien et qui continue à entretenir des rapports
affectifs et émotionnels avec lui, même s’ils ont deux cents ou trois cents
d’âge comme Kapotai, fils de Maiao, fils de Warenga(42), fils de
Tamatekapua(43), le chef de la grande pirogue &lt;em&gt;Arawa&lt;/em&gt; qui quitta
Havai’i, et plus précisément Tâ-hiti où elle fut construite au milieu du 14e
siècle(44). Les images de nos ancêtres peuvent demeurer dans les musées, leur
esprit est libre.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui! ce témoignage doit nous convaincre que pour nous les Polynésiens, ce
qui importe ce n’est pas la matière, fut-elle la plus ornée et la plus soignée
qui soit, mais l’esprit. À l’instar de nos ancêtres pour qui, l’esthétisme qui
séduit l’homme occidental formé au Beau ou qui fascine autant les créateurs ne
« découlait, non pas forcément d’une intention, mais d’une représentation
ou de quelque chose à figurer, d’un pouvoir à installer à l’intérieur de
l’objet &lt;a href=&quot;http://blog.lecriturien.org/post/2008/07/03/%E2%80%A6&quot; title=&quot;…&quot;&gt;…&lt;/a&gt; Encore une fois, « il est donc
important de distinguer l’objet en soi, sa matérialité, et ce qu’il représente,
sa spiritualité »(45), si l’on veut être capable de repenser, en tant que
Polynésiens, la fonction d’un musée en terre polynésienne.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un autre messager, un Français celui-là, rêveur invétéré à qui nos ancêtres
polynésiens ont décidé de délivrer des messages qui nous sont destinés, m’a
retransmis un songe qu’il à fait il y une dizaine de jours. Dans ce songe, il
me remettait un objet de rituel a priori totalement inconnu des
muséologues : un hameçon de 50 cm de haut taillé dans une branche de
corail et recouvert de nacre. Il s’inspire du crochet de Tâfa’i avec lequel
Mâui pêcha, entre autres, l’île de Fakarava qui porte aussi le nom de
Hawaiki(46). Cet hameçon n’est pas destiné à être retrouvé, mais à nous
enseigner qu’aujourd’hui nous avons à nouveau la possibilité de faire évoluer
notre civilisation selon nos valeurs traditionnelles.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C’est la vision qui m’anime à présent pour que les communautés polynésiennes
puissent se réapproprier plus complètement leur patrimoine. Il ne s’agit pas de
restitution de biens culturels, mais d’autre chose que l’Occident ne pourra
jamais nous rendre parce qu’il ne l’a jamais possédé : le &lt;em&gt;mana&lt;/em&gt;,
le &lt;em&gt;tapu&lt;/em&gt; et le &lt;em&gt;pa’ari&lt;/em&gt;, tout ce qui constitue en définitive
notre énergie vitale, notre être spirituel et notre connaissance des paroles de
la terre. C’est cela que la terre de Hiti, qui porte à la fois le Musée de
Tahiti et des Îles et le Service de la culture et du patrimoine peut nous
offrir pour donner un nouveau sens à notre travail de muséologue,
d’anthropologue ou d’archéologue. À la condition que nous sachions écouter les
voix de nos ancêtres, communiquer avec les esprits des pierres qui parlent et
communier avec les descendants de tous ceux qui sont partis de Havai’i et qui
ne cessent depuis trente ans de revenir pour retrouver cet esprit polynésien
que Peter Buck dit Te Rangi Hiroa pensait perdu lorsqu’il vint, au bord des
larmes, visiter le &lt;em&gt;marae&lt;/em&gt; Taputapu-â-tea en 1929(47).&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis une trentaine d’années, la Polynésie française est le théâtre de deux
types de ballets étonnants mais imperceptibles pour la plupart d’entre nous.
L’un, cantonné au Musée de Tahiti et des Îles et des collectionneurs privés, se
joue dans des bureaux et sur le marché de l’art pour acquérir des pièces qui
enrichissent constamment les collections du Pays. L’autre est en représentation
sur un espace beaucoup plus large qui concerne tous les archipels polynésiens
et permet aux acteurs culturels et spirituels d’échanger des généalogies, des
danses, des usages culinaires, des plantes, des rituels oubliés et surtout des
pierres. Pendant que les objets marqués du sceau de l’ethnographie se
bousculent pour trouver une place dans la réserve de notre musée, des pierres,
la plupart du temps jamais travaillées par la main de l’homme, sont posées sur
les lieux ancestraux par les descendants actuels des premiers hommes qui les
habitèrent puis les quittèrent pour coloniser toutes les îles du
Pacifique.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le retour de ces enfants prodigues a commencé en 1976 avec &lt;em&gt;Hokulea&lt;/em&gt;,
la pirogue hawaïenne qui fera une première tentative de renouer avec Havai’i.
De tout temps, les Polynésiens sont revenus sur les lieux de leurs aïeux. Alors
pourquoi le premier voyage de &lt;em&gt;Hokulea&lt;/em&gt; fut-il si important ? Parce
que, comme nous disons chez nous, « jusqu’à présent nous étions rentrés
par les fenêtres comme des voleurs, mais pas par la porte ». Les terres sacrées
et les &lt;em&gt;marae&lt;/em&gt; ont tous une porte et un chemin pour y conduire, et quand
on revient dans une île, c’est forcément par la mer et par la passe qui permet
d’y accéder. La mémoire tahitienne entretenue par le Pupu Arioi s’était
souvenue que la dernière pirogue qui quitta Taputapu-â-tea lors du conflit qui
mit fin à l’alliance amicale fut &lt;em&gt;Hotu Nui&lt;/em&gt; en laissant un
&lt;em&gt;tapu&lt;/em&gt;, un interdit derrière elle dans la passe sacrée, et que c’était à
une pirogue hawaïenne de faire le retour par la même passe pour lever le
&lt;em&gt;tapu&lt;/em&gt;(48). Mais en 1976, &lt;em&gt;Hokulea&lt;/em&gt; se trompa de passe. Il lui
fallu attendre l’année 1985 – 10 ans plus tard – pour qu’elle réalise la
prophétie. Quand elle s’apprêta à franchir la passe sacrée, un arc-en-ciel
apparu, la pirogue glissa en son centre et se dirigea vers l’île, le gouvernail
levé, comme si une force la poussait à se diriger elle-même. Quand elle sortit
de l’arc-en-ciel, Hawaiki s’offrit à la vue de l’équipage(49).&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le &lt;em&gt;tapu&lt;/em&gt; étant levé, il fallait à présent que les nouveaux
représentants des pays sombres et des pays clairs acceptent de se réconcilier.
Et le moment attendu arriva encore 10 ans plus tard, en 1995. Des légendes
rapportées par les Mâori disaient clairement que le groupe qui avait été pris
pour victime 600 ans plus tôt venait de Te-ao-tea-roa et que s'ils pardonnaient
ce qui s'était produit, le &lt;em&gt;tapu&lt;/em&gt; qui avait été posé sur Taputapu-â-tea
pourrait à nouveau être levé. Des cérémonies préalables furent organisées pour
lever ce &lt;em&gt;tapu&lt;/em&gt; et enfin le samedi 18 mars 1995 à 8 heures, pour
l'inauguration et la réouverture du marae Taputapu-â-tea, les pirogues
s’engagèrent par la passe sacrée Te ava mo'a, en respectant l'ordre suivant du
protocole:&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Te Aurere&lt;/em&gt; de Te Aotearoa&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;Te Au o Tonga&lt;/em&gt; de Rarotonga&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;Takitumu&lt;/em&gt; de Rarotonga&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;Hawai'i Loa&lt;/em&gt; de Hawaii&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;Hokule'a&lt;/em&gt; de Hawaii&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;Makali'i&lt;/em&gt; de Hawaii&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;A'a Kahiki-Nui&lt;/em&gt; de Tâ-hiti&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;Tahiti Nui&lt;/em&gt; de Tâ-hiti&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant d'atteindre la terre ferme, les équipages exécutèrent le rituel de
Maro Tai: Chaque membre d'équipage déposa une petite pierre de corail rapportée
de la lagune, en signe d’offrande de Ruahatu et Tane, les dieux de l'océan.
Après avoir atteint la terre ferme, les équipages ont édifié un autel de
pierres sacrées, Te Ahu Ti'araa Toa Mo'a qui est situé à mi-chemin entre la
plage et grand &lt;em&gt;marae&lt;/em&gt; Taputapu-â-tea. Au cours de cet arrêt, chaque
délégation déposa sa pierre sacrée sur l'autel et poursuivit sa route vers le
marae. Ces pierres marquent dorénavant le passage des pirogues à Taputapu-â-tea
et contribuent à rétablir le grand &lt;em&gt;marae&lt;/em&gt; de Taputapu-â-tea au centre
du triangle polynésien comme lieu de rassemblement international des peuples du
Grand Océan(50).&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hiti ne fut pas en reste. Entre-temps, en 1993, &lt;em&gt;Takitumu&lt;/em&gt;, la
pirogue de Rarotonga qui partit autrefois de Tâ-hiti, revint, guidée par Tom
Davies pour déposer une pierre sur le &lt;em&gt;marae&lt;/em&gt; que les descendants des
Pô-hue-tea avaient édifié sur la terre Tetaitapu, à proximité du Musée de
Tahiti et des Îles, pour tenter de s’opposer à la construction de l’hôtel
Méridien(51). La même année, lors d’une rencontre des aînés spirituels des
peuples autochtones qui s’est tenue sur le &lt;em&gt;marae&lt;/em&gt; mMnu-ariki à
Taumarunui à Te-ao-tea-roa, Tera’ituatini, accompagné du président de
l’association Ia ora o Nu’uroa qui occupait le site se vit confier une pierre
par une femme du nom de Parata qui la lui remit à la demande de ses ancêtres en
lui précisant qu’elle appartenait à la tribu Ati Awa, du marae Whaka-rongo-tai
qui se dresse à Waikanae dans l’île de Tapiti(52).&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus tard, En 1997, Tera’ituatini sera de nouveau invité à se rendre sur le
&lt;em&gt;marae&lt;/em&gt; Manu-ariki pour guider une délégation tahitienne de
l’association Te-niu-papa-maôhi invité à déposer une pierre sacrée afin de
consacrer un nouveau centre spirituel dédié aux quatre vents et à tous les
peuples autochtones. La pierre fut choisie par une dénommée Lorna Morohi(53) au
pied de la montagne blanche, autre nom pour certains de la montagne ‘Oro-hêna
en raison de la Beauté, de l’Harmonie, et la Paix primordiales qu’elle
symbolise et qu’elle puise dans la divinité ’Oro. Lorna Morohi s’éteindra un an
plus tard après avoir ce dernier acte dédié à l’unité des peuples
autochtones(54).&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et en 2007, Kekuhi Kanahele fille de Pualani Kanaka’ole de Hilo à Hawaii est
venue au Musée de Tahiti et des Îles, plus exactement sur la terre de Vaiparaoa
pour retrouver la trace des origines de son peuple(55). Car c’est de là que
leurs ancêtres sont partis, de la pointe Nukuroa sur leur grande pirogue
Manua-tere, bien connue autant des Hawaiiens que des Mâori qui tire son nom de
Manua, l’une des trois terres sur lesquelles est édifié le Musée de Tahiti et
des Îles(56). Au cours de cette journée d’accueil et de rencontres
spirituelles, une cérémonie spéciale fut organisée pour ouvrir Te-ara-o-tâ-hiti
– le chemin de Tâ-hiti – connu par les Hawaiiens sous le nom de
Ke-ala-o-Kâhiki. Et c’est Wilfred Tetuanui, descendant des grandes familles
ari’i de Puna-’aui-a, qui a ouvert pour les temps à venir Te-ara-o-Tâ-hiti
avant de rejoindre ses ancêtres illustres le 30 avril dernier. Aujourd’hui les
portes du chemin tracé par Hiti sont ouvertes mais bien gardées par le guerrier
Tuatau, le gardien ancestral de Hiti, depuis la montagne ‘oro-hêna, le plateau
du Te-tâ-manu où est érigé son &lt;em&gt;marae&lt;/em&gt; jusqu’à la zone littorale qui
s’étend de la terre Tetaitapu à l’embouchure de la rivière
Puna-ru’u(57).&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Même si la vision de Malama Meleisa ne s’est pas encore réalisée en terre
tahitienne, l’esprit de la natte est toujours parmi nous et nos ancêtres
lointains ou proches guident nos pas, tracent nos routes, montrent les lieux
pour qu’enfin tous les clans puissent se réunir à nouveau. Les portes de
Te-ara-o-Tâ-hiti sont ouvertes. Bienvenue à tous! Hier, c’est la descendante de
Pele qui est venue reconnaître et sentir la terre de ses ancêtres, demain une
autre délégation viendra, cette fois-ci de Te-ao-tea-roa et il est prédit
qu’elle viendra déposer une pierre sur le &lt;em&gt;marae&lt;/em&gt; qu’ils connaissent
sous le nom de Tâ-hiti-Rangi-Toa avant que le vent Mara’amu ne retombe(58).
Qu’il soit ou non comme je le pense non loin du Musée de Tahiti et des Îles,
sachons les accueillir pour se concerter afin de faire de nos musées océaniens
des lieux que les Polynésiens pourront enfin se réapproprier pour réconcilier
le passé et le présent en vue de construire un avenir qui suive les
enseignements de nos ancêtres.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant que son esprit ne parte rejoindre la montagne blanche, Lorna Morohi
n’avait de cesse de faire cette prière :&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;« O Tumu nui, je suis la respectueuse enfant de la montagne blanche.
Donne-moi l’amour, donne-moi la vie, donne-moi la force, donne-moi la foi,
donne-moi la lumière. O Tumu nui e, je t’en supplie, enlève cette souffrance.
Mon corps et mon âme ont mal, trop mal de voir mon peuple s’éloigner de notre
culture maôhi. »&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tumu nui a écouté ses prières. Il l’a libérée de ses souffrances un matin de
l’année 1998. Mais son esprit veille, tel un oiseau survolant l’île de Tâ-hiti,
et il dit ceci : « Il existe un lieu que Ta’aroa a préparé pour nous
afin que nous puissions festoyer et entonner les chants de nos ancêtres. Cet
endroit s’appelle &lt;em&gt;La grande terre des Maôhi&lt;/em&gt; où nous pourrons nous
asseoir et parler afin d’entretenir la mémoire de nos ancêtres au milieu des
dieux de la terre, de la mer et du ciel et en présence de Ta’aroa. Alors nos
peaux reflèterons la lumière de nos âmes et nous ressentirons une joie
extrême. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;pre&gt;
Jean-Marc Tera'ituatini Pambrun&lt;br /&gt;
&lt;/pre&gt;
&lt;p&gt;(Directeur du Musée de Tahiti et des Îles - &lt;em&gt;Te Fare Manaha&lt;/em&gt;)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puna’auia – juin 2008&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(1) Personnage de la mythologie polynésienne à qui est attribué la
découverte de Vaihi (Hawaii).&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(2) NdA : Ce texte a été donné le 18 juin 2008 à l’occasion du
symposium organisé au musée du Quai Branly à Paris les 17 et 18 juin 2008
autour du thème &lt;em&gt;Exhibiting Polynesia : past, present and
future.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(3) Vahi Sylvia Tuheiava-Richaud, « Parau ‘ômuara’a », préface de
l’ouvrage de Jean-Marc Tera’ituaini Pambrun, &lt;em&gt;La naissance de Havai’i,&lt;/em&gt;
Papeete, Editions le Motu, 2006.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(4) L’esprit de la natte, p. 1, 1992. Ce texte a été présenté dans le cadre
du IIIe Festival International de la Fête et de la Culture, créé par la Ville
le de Valbonne-Sophia Antipolis, où s’est tenu du 5 au 9 février 1992 un
colloque intitulé &lt;em&gt;De la Tradition à la post-modernité. Rencontres autour de
Jean Poirier&lt;/em&gt;, document multigraphié, archives de l’auteur.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(5) &lt;em&gt;Idem,&lt;/em&gt; pp. 1-2.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(6) Organisée par l’Icom pour le compte de l’U.N.E.S.C.O., cette rencontre
avait pour but de consulter plusieurs spécialistes sur les modalités à mettre
en oeuvre afin de sauvegarder le patrimoine culturel de la région
Pacifique.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(7) Malama Meleisa, « “La culture n’est pas quelque chose que l’on peut
manger” : quelques réflexions sur les moyens de préserver la culture et
son développement en Océanie », &lt;em&gt;Museum&lt;/em&gt;, 1981, p. 123.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(8) Entre 1978 et 1981, quatre offices et établissements publics
territoriaux dotés de l’autonomie morale et financière voient le jour : le
Centre des métiers d’arts, l’Office territorial d’action culturelle, le
Conservatoire artistique territorial et le Centre polynésien des sciences
humaines.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(9) Cette histoire a été transmise à l’auteur par Danielle Carlson dit Dani.
Les références à cette école de Ha'apape et aux évènements qui situent son
origine et son développement sont relatés dans &lt;em&gt;Teuira Henry, Tahiti aux
temps anciens&lt;/em&gt;, Publications de la société des océanistes n° 1, Musée de
l’Homme, Paris, 2000, &lt;a href=&quot;http://blog.lecriturien.org/post/2008/07/03/le%20district%20de%20Ha'apape&quot; title=&quot;le district de Ha'apape&quot;&gt;le district de Ha'apape&lt;/a&gt;, pp. 551-556 &lt;a href=&quot;http://blog.lecriturien.org/post/2008/07/03/la%20l%C3%A9gende%20de%20Hiro&quot; title=&quot;la légende de Hiro&quot;&gt;la légende de
Hiro&lt;/a&gt;, pp. 136-138 &lt;a href=&quot;http://blog.lecriturien.org/post/2008/07/03/l%E2%80%99arriv%C3%A9e%20de%20Oro%20%C3%A0%20Tahiti&quot; title=&quot;l’arrivée de Oro à Tahiti&quot;&gt;l’arrivée de Oro à Tahiti&lt;/a&gt; ; Cf. aussi Te
Arapo (Archives du Département des traditions, cassette B, face B) in :
Jean-Marc Tera’ituatini Pambrun, &lt;em&gt;L’allégorie de la natte ou le
tahu’a-parau-tumu-fenua dans son temps&lt;/em&gt;, Papeete, éd. Jean-Marc
Tera’ituatini Pambrun, ouvrage bilingue tahitien-français, 1993, p.
26.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(10) Le Musée de Tahiti et des Iles fut officiellement créé le 7 mars 1974
par délibération de l'Assemblée Territoriale en tant qu'établissement public
territorial. L'ouverture au public des trois premières salles d'exposition
permanente interviendra le 30 mai 1977 et dans sa totalité, le 30 juin
1979.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(11) Vahi Sylvia Tuheiava-Richaud, &lt;em&gt;Op. cit.&lt;/em&gt;, p.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(12) L’expression est de Aimeho Charousset (Aimeho a Ra’a Ari’iotima),
intermittent culturel à la Mairie de Faa’a.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(13) Mai-Arii, &lt;em&gt;Généalogies commentées des arii des îles de la
Société,&lt;/em&gt; Société des études océaniennes, Papeete, 1991, p. 4.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(14) &lt;em&gt;Idem&lt;/em&gt;, p. 5.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(15) &lt;em&gt;Id&lt;/em&gt;., pp. 5-6. &lt;a href=&quot;http://blog.lecriturien.org/post/2008/07/03/Vavau%20est%20l%E2%80%99ancien%20nom%20de%20Pora%20Pora,%20%E2%80%98Uporu%20de%20Taha%E2%80%99a,%20Hitinui%20de%20T%C3%A2-hiti%20et%20Aimeho%20de%20Mo%E2%80%99orea&quot; title=&quot;Vavau est l’ancien nom de Pora Pora, ‘Uporu de Taha’a, Hitinui de Tâ-hiti et Aimeho de Mo’orea&quot;&gt;
Vavau est l’ancien nom de Pora Po...&lt;/a&gt;.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(16) &lt;em&gt;id&lt;/em&gt;, p. 7.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(17) &lt;em&gt;Ibidem.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(18) Princesse Takau Pomare, &lt;em&gt;Mémoires de Marau Taaroa,&lt;/em&gt; Publication
de la Société des Océaniste, n° 27, Musée de l’Homme, Paris, 1971, p. 51.
(C’est Marau Ta’aroa qui révèle le nom du ha’ai de
Te-tua-o-ma’o-pu-ma-hoata-i-vaeara’i).&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(19) &lt;em&gt;Idem&lt;/em&gt;. D’après Mai-arii, ce &lt;em&gt;marae&lt;/em&gt; sera
&lt;em&gt;« également appelé Vai-‘ôtaha en souvenir du premier marae royal de
l’ancêtre Firiamata-o-Vavau »&lt;/em&gt;, Mai-arii, &lt;em&gt;Op. cit.&lt;/em&gt;, p. 8.
&lt;em&gt;Cf.&lt;/em&gt; aussi &lt;em&gt;Porapora i te fanau tahi – Mille ans de mémoire&lt;/em&gt;,
Cahiers du patrimoine, Musée de Tahiti et des Îles, n° 2, Papeete, 2001, pp.
21-22. Ces deux documents corroborent l’information selon laquelle
Firiamata-o-Vavau est né de ‘Ôfa’i Honu (la pierre tortue) et Hohoi-ra’i (la
paroi de la montagne Te-tara-o-Pai’a), ce qui fait de lui l’ancêtre fondateur
de Vavau.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(20) Mai-Arii, &lt;em&gt;Ibidem&lt;/em&gt;. Marau Ta’aroa dit que c’est Tera’ituatini
qui prit le titre de Teriimarotea (Peut-être s’agit-il d’une erreur puisqu’elle
précise qu’il &lt;em&gt;« ceignit le maro ura »&lt;/em&gt;. Marau Ta’aroa, Op. cit.,
p. 51)&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(21) D’après les propos de la mère de Marau Ta’aroa recueillis par Handy, il
s’appelait aussi turi-teri’i-tino-ruai-havai’i ou te-ra’i-vetea. (E.S.C. Handy,
1927: &lt;em&gt;Polynesia religion&lt;/em&gt;, Bernice Puahi Bishop Museum, n°34,
Honolulu.)&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(22) Ce nom de &lt;em&gt;Tinirau hui mata te papa o feoro&lt;/em&gt; a été donné à ce
&lt;em&gt;marae&lt;/em&gt;, en mémoire des huit chefs ayant régné sur l’île de Raiâtea
(transmis en 1887 par Tuapaia de &lt;em&gt;motu-tapu&lt;/em&gt;, Teuira Henry, &lt;em&gt;Op.
cit&lt;/em&gt;. p.127)&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(23) Feoro prendra le nom de Vai-‘ôtaha, quand il sera dédié au dieu Oro,
ainsi que tous les &lt;em&gt;marae&lt;/em&gt; qui seront consacrés à son culte. Vai-‘ôtaha
(l’eau de la frégate) renvoie au symbole de la frégate, le ‘ôtaha, considéré
comme l’ombre de Oro. (Teuira Henry, &lt;em&gt;Op. cit.&lt;/em&gt;, pp. 127-128). D’après
Douglas Olliver, le &lt;em&gt;marae&lt;/em&gt; de vai-‘ôtaha aurait été construit sur la
pointe de Matahira-i-te-ra’i par le grand-père de Hiro. (&lt;em&gt;Ancient tahitian
society, volume II, social relations&lt;/em&gt;, Australian national university
press, Canberra, 1974, p. 662.)&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(24) Teuira Henry, &lt;em&gt;Op. cit.&lt;/em&gt;, p. 480.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(25) &lt;em&gt;Idem&lt;/em&gt;, p. 129.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(26) &lt;em&gt;Id.,&lt;/em&gt; pp. 110-111.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(27) Les îles Australes.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(28) &lt;em&gt;Id.,&lt;/em&gt; pp. 129-130.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(29) &lt;em&gt;Id.,&lt;/em&gt; p. 131.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(30) &lt;em&gt;Id&lt;/em&gt;., p. 133.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(31) Nom servant à désigner les autochtones de la
Nouvelle-Zélande.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(32) Nom servant à désigner les autochtones des îles Hawaii.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(33) Paul Niva, &lt;em&gt;« tapu-tapu-a-tea » selon Tuihana.&lt;/em&gt;
Multigr., Punaauia, septembre 2006, p. 14.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(34) &lt;em&gt;Ibidem&lt;/em&gt;.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(35) Teuira Henry, &lt;em&gt;Op. cit&lt;/em&gt;., p. 135.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(36) &lt;em&gt;Idem&lt;/em&gt;, p. 137.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(37) Aurora Natua, &lt;em&gt;Te marae rahi i Atahuru&lt;/em&gt;, Editions Haere Po no
Tahiti, Papeete, 1992, pp. 1 et suivantes.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(38) Vairea Teissier, &lt;em&gt;Hiti la frontière première&lt;/em&gt;, multigr.,
Punaauia, juin 2008, p. 1.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(39) Anne Lavondès, &lt;em&gt;Note sur l’histoire de Punaauia,&lt;/em&gt; 9 décembre
1982, 8 p., multigr., Archives du Musée de Tahiti et des îles. À ce propos,
Vairea Teissier précise que &lt;em&gt;« Tâ-hiti se situe à la pointe Puna-’aui-a
ou Hiti, appellation originelle de la terre Tâ-hiti. Les traditions orales
parlent de marae Tâ-hiti souvent confondu avec le marae de Te Ara o Tâ-hiti
»&lt;/em&gt; (Vairea Teissier, &lt;em&gt;Op. cit.&lt;/em&gt;, p.16)&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(40) &lt;em&gt;No hea mai matou – Destins d’objets polynésiens&lt;/em&gt;, Musée de
Tahiti et des Îles, Papeete, 2007, p. 3.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(41) &lt;em&gt;Le Dialogue des cultures. Actes des rencontres inaugurales du musée
du quai Branly (21 juin 2006)&lt;/em&gt;, Babel, Paris, 2007, p. 100.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(42) Edward Shortland, M.A., M.R.C.P., &lt;em&gt;Maori Religion And
Mythology&lt;/em&gt;, London : Longsman, Green, And Co.,1882, p. 85.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(43) Tamatekapua était le fils de Houmaitawhiti, un de six fils de
Atuamatua.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(44) L’information selon laquelle la pirogue &lt;em&gt;Arawa&lt;/em&gt; aurait transité
par Tâ-hiti de Havai’i avant de se rendre à Rarotonga puis en Nouvelle-Zélande
est rapportée par différentes sources, dont James Cowan (&lt;em&gt;Legends of the
Maori&lt;/em&gt;, Vol 1, Wellington: Fine Arts Ltd, 1930., p. 26), ou Karen
Marguerite Molon, qui écrit ceci : &lt;em&gt;« Te Arawa, or &amp;quot;The Shark,&amp;quot; is
the name of the sailing canoe which, roughly six hundred years ago, carried
from Tahiti to New Zealand the ancestors of the Rotorua tribes named after her.
»&lt;/em&gt;, in : « A Bread-and-Butter Note », &lt;em&gt;Sunstone magazine&lt;/em&gt;,
issue 63, Salt lake city, janvier 1988, p. 26.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(45) &lt;em&gt;Le Dialogue des cultures, Op. cit.&lt;/em&gt;, p. 121.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(46) &lt;em&gt;« Tahiti was called Tahiti-nui, but first Havaiki by mistake,
for our ancestor Maui, who was of Paumotu, fished it up from the darkness of
the deep ocean with the kanehu, fish-hook which belonged to Tafai. The name of
the hook was Marotake. »&lt;/em&gt; in : J. L. Young , &lt;em&gt;The origin of the
name Tahiti: as related by Marerenui, a native of Faaiti Island, Paumotu
Group,&lt;/em&gt; Journal of Polynesian Society, Volume 7, No. 2, June 1898, p
109-110.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(47) &lt;em&gt;« I had made my pilgrimage to Taputapu-atea, but the dead
could not speak to me. It was sad to the verge of tears. I felt a profound
regret, a regret for-I knew not what. Was it for the beating of the temple
drums or the shouting of the populace as the king was raised on high? Was it
for the human sacrifices of olden times? It was for none of these individually
but for something at the back of them all, some living spirit and divine
courage that existed in ancient times and of which Taputapu-atea was a mute
symbol. It was something that we Polynesians have lost and cannot find,
something that we yearn for and cannot recreate. The background in which that
spirit was engendered has changed beyond recovery. The bleak wind of oblivion
had swept over Opoa. »&lt;/em&gt; Peter H. Buck (Te Rangi Hiroa). &lt;em&gt;Vikings of the
Sunrise&lt;/em&gt;, Frederick A. Stokes Company, New-York, 1938, pp. 81-82.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(48) Pupu Arioi. &lt;em&gt;Letter to the Polynesian Voyaging Society&lt;/em&gt;,
1985.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(49) Herb Kawainui Kane, The Seekers. &lt;em&gt;A Story of Hokule'a's 1985 Visit
to Taputapuatea&lt;/em&gt;, http://pvs.kcc.hawaii.edu/seekers.html.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(50) Les événements liés à cette rencontre en 1995 sont narrés dans
l’article publié sur le site de la Polynesian Voyaging Society
http://pvs.kcc.hawaii.edu/Ohana3-7.html, sous le titre : &lt;em&gt;« Spring
1995 : Na 'Ohana Holo Moana_Ceremonies at Taputapuatea, Ra'iatea (Mar.
7-29) ».&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(51) Témoignage rapporté par l’auteur.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(52) Jean-Marc Tera’ituatini Pambrun, &lt;em&gt;La fondation du marae – La légende
du scolopendre de la Mer sacrée&lt;/em&gt;, Edition de l’auteur, Papeete, 1998, P.
29.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(53) Co-fondatrice avec son mari, Jacques Morohi, de l’association
culturelle Te Niu Papa Maôhi.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(54) L’histoire évoquée dans ce paragraphe est racontée plus longuement dans
une nouvelle de l’auteur : « La Pierre de la montagne blanche »,
&lt;em&gt;in : Huna – Secrets de Famille,&lt;/em&gt; Ibis Rouge Editions, Matoury,
2004, pp. 89-103.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(55) Kekuhi Kanahele conduisait le groupe hawaiien Unukupukupu du Hawai’i
Community College de Hilo. La rencontre culturelle entre cette délégation, le
Service de la culture et le Musée de Tahiti et des Îles a été organisée et
coordonnée par Vairea Teissier.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(56) Informations recueillies auprès de Vairea Teissier, au cours
d’entretiens menés durant la semaine du 9 au 13 juin 2008.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(57) Les divers éléments apportés dans ce paragraphe sont tirées du
manuscrit de Vairea Teissier (&lt;em&gt;Op. cit.&lt;/em&gt;, p. 8 (Tuatau), p. 13
(Te-ara-o-Tâ-hiti), p. 18 (Wilfred Tetuanui).&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(58) Information transmise par des messagers anonymes de la commune de Faa’a
dans l’île de Tâ-hiti.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://blog.lecriturien.org/post/2008/07/03/LESPRIT-DE-L-AMECON-DE-TAFA-I#comment-form</comments>
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      </item>
    
  <item>
    <title>Sur les traces du pupu...</title>
    <link>http://blog.lecriturien.org/post/2008/05/27/Sur-les-traces-du-pupu</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:7fa7902a8ff41570110f0a455e40b331</guid>
    <pubDate>Tue, 27 May 2008 16:15:00 -1000</pubDate>
    <dc:creator>Jean-Marc Tera'ituatini Pambrun</dc:creator>
        <category>Écrits ethnologiques</category>
            
    <description>&lt;p&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;SUR LES TRACES DU PUPU A L'ÉPOQUE PRÉ-EUROPÉENNE&lt;/strong&gt;, &lt;a href=&quot;http://www.seo.pf/&quot;&gt;Bulletin de la Société des Etudes océaniennes&lt;/a&gt; N°312,
Avril 2008, pp 63-79.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://blog.lecriturien.org/public/couv_BSEO_avril_2008_copy.jpg&quot; alt=&quot;couv_BSEO_avril_2008_copy.jpg&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;EXTRAIT&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Position du problème&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le &lt;em&gt;pupu&lt;/em&gt; qui peut se traduire au plan générique par groupe constitue
à mon sens le fondement de la vie sociale traditionnelle polynésienne. Cette
idée que j'ai déjà affirmée par ailleurs (Pambrun, 1987, p.41) peut paraître
exagérée faute d'arguments irréfutables. Il est vrai qu'elle découle beaucoup
plus de l'intuition et de la représentation que de l'expérimentation
scientifique. Nous conviendrons donc de la considérer en tant qu'hypothèse
générale dans le cadre de ce travail dont les éléments tendront soit à la
confirmer, soit à l'infirmer, soit encore à la rectifier.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;Paradoxalement, malgré les multiples observations faites sur l'existence du
&lt;em&gt;pupu&lt;/em&gt; dans les domaines les plus divers de l'activité humaine
polynésienne contemporaine, celui-ci n'a jamais été pris comme objet de
recherche anthropologique. Pourtant, et bien que peu d'auteurs l'aient jusqu'à
aujourd'hui brièvement exposé, commenté, sinon à peine évoqué, chacun d'entre
eux a reconnu que le &lt;em&gt;pupu&lt;/em&gt; devait constituer l'une des formes
traditionnelles de regroupement des populations polynésiennes fondée sur
l’entraide. Mention particulière doit néanmoins être faite des travaux de C.
Robineau (1984, 1985) qui a développé plus largement et sous des aspects divers
le fonctionnement du &lt;em&gt;pupu&lt;/em&gt;. Bien que chacun s'accorde à reconnaître,
que le &lt;em&gt;pupu&lt;/em&gt; correspond à une forme de coopération et d'entraide
(Ottino, 1965, pp.39-40 ; Bitard, 1966, p.1 ; Desroches, 1966,
pp.73-74 ; Panoff, 1970, pp.91-92 ; Ringon, 1970 (a), p.79 / 1970
(b), p.199), il reste néanmoins difficile, d'une part d'affirmer que le
&lt;em&gt;pupu&lt;/em&gt; constitue le cadre des regroupements les plus divers des
Polynésiens, d'autre part de savoir &lt;em&gt;« quelles étaient la structure,
l'inspiration et la finalité premières de cette forme d'entraide spontanée.
»&lt;/em&gt; (Pambrun, 1983 p.1314). A travers mon exposé, je voudrais apporter des
éléments de réponse à ces deux problèmes pour deux raisons principales.
Certains ont vu dans le &lt;em&gt;pupu&lt;/em&gt; un &lt;em&gt;« tremplin au développement
»&lt;/em&gt; en tant que forme pré-coopérative (Desroches, 1966, pp.74-75). Ensuite,
je pense pour ma part qu'à l'occasion de certains évènements nécessitant la
constitution de &lt;em&gt;pupu&lt;/em&gt;, une bonne partie des relations sociales,
économiques et symboliques étaient réglées, voire déterminées par, ou au sein
du regroupement lui-même. En effet, il n'est pas possible d'accepter le
dynamisme et la permanence du &lt;em&gt;pupu&lt;/em&gt; même dans ses formes les plus
contemporaines, sans que quelque part celui-ci ne joue pas un rôle déterminant
dans la vie sociale polynésienne, et par extension dans son organisation. Il
apparaît donc urgent de commencer, sinon de poursuivre à la suite des travaux
de C. Robineau, une étude approfondie de cette notion afin de fournir, tant à
l'ethnologie qu'à l'économie du développement, des éléments et des éclairages
nouveaux qui leur permettent de mieux saisir les comportements associatifs et
coopératifs actuels et les formes de regroupements les mieux appropriées au
développement économique et social de la Polynésie. Le texte qui suit présente
de manière synthétique, l'ensemble des hypothèses et des développements que je
me propose d'éprouver et d'étudier dans le cadre d'une approche du
&lt;em&gt;pupu&lt;/em&gt; à l'époque pré-européenne. Cet intitulé ne signifie pas pour
autant que je prétende me référer à la littérature des premiers Européens pour
tenter de cerner les origines du &lt;em&gt;pupu&lt;/em&gt;. Cette absence ne devrait porter
en fait aucun préjudice à l'analyse car celle-ci prend appui sur une
méthodologie qui n'exige pas pour le moment une compilation exhaustive de la
littérature des XVIIIè et XIXè siècles portant sur la Polynésie Française. En
effet ma démarche s'organisera essentiellement autour de la recherche des
constantes et des variables significatives concernant le &lt;em&gt;pupu&lt;/em&gt;, à
travers un état des travaux effectués en la matière. Le but ultime de cette
analyse étant de proposer pour des recherches ultérieures un guide
d'exploration plus sûr de la littérature ethnographique et le cas échéant de la
mémoire orale de nos contemporains.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&lt;br /&gt;
Jean-Marc Pambrun&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;&lt;strong&gt;BIBLIOGRAPHIE&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;BITARD, Jean (1966) &lt;em&gt;Etude préliminaire du problème de la coopérative en
Polynésie française&lt;/em&gt;, Publication du Service de l'agriculture et des eaux
et forêts, Papeete, 73 p. multigr.&lt;br /&gt;
DAVIES (J) 1851 &lt;em&gt;A Tahitian and English Dictionary&lt;/em&gt;, London missionary
society, Tahiti.&lt;br /&gt;
DESROCHES, Henri 1966 &lt;em&gt;Développement coopératif et promotion sociale en
Polynésie française&lt;/em&gt;, Publication de l'Inspection des Affaires
Administratives et du Secrétariat du Conseil de Gouvernement du 18 janvier
1967, Papeete, 127 p. multigr.&lt;br /&gt;
ELLIS (W) 1972 &lt;em&gt;A la recherche de la Polynésie d'autrefois, Polynesian
Researches&lt;/em&gt;, Publication de la Société des Océanistes, n°25, 2 vol., Musée
de l'Homme, Paris, 947 p.&lt;br /&gt;
FAGES, Jean et alii. 1970, &lt;em&gt;Tahiti et Moorea - Etude sur la société,
l'économie et l'utilisation de l'espace&lt;/em&gt;, Travaux et documents de
l'O.R.S.T.O.M. n°4, O.R.S.T.O.M., Paris.&lt;br /&gt;
HANDY (E.S.C.) 1932, &lt;em&gt;Houses, Boats and Fishing in the Society Islands&lt;/em&gt;,
Bishop Museum, Bulletin n°90, Hawaï.&lt;br /&gt;
LEMAITRE, Yves 1973, &lt;em&gt;Lexique du tahitien contemporain :
tahitien-français, français-tahitien&lt;/em&gt;, O.R.S.T.O.M., Paris.&lt;br /&gt;
OTTINO, Paul 1965, « La pêche au grand filet à Tahiti », &lt;em&gt;in :
Cahiers de l’O.R.S.T.O.M., série Sciences Humaines&lt;/em&gt;, Vol. II, N°2,
O.R.S.T.O.M., Paris, 75 p.&lt;br /&gt;
PAMBRUN, Jean-Marc&lt;br /&gt;
- 1983 « La notion de pupu - contribution à l'étude des traits liés aux
mentalités et comportements des communautés rurale aux Îles Sous-le-Vent »
&lt;em&gt;in : Bulletin de la société des études océaniennes&lt;/em&gt;, Papeete,
N°223, Tome XVIII - N°12, juin 1983, pp.1313-1322.&lt;br /&gt;
- 1987, « La vie associative », &lt;em&gt;in : Encyclopédie de la
Polynésie&lt;/em&gt;, Volume 9, Editions Christian Gleizal/ Multipress, Papeete,
pp.41-56.&lt;br /&gt;
PANOFF, Michel 1970, &lt;em&gt;La terre et l'organisation sociale en Polynésie
Française&lt;/em&gt;, Payot, Paris, 286 p.&lt;br /&gt;
RINGON, Gérard&lt;br /&gt;
- 1970(a) « Mutations et changements sociaux dans deux districts de
Moorea : étude comparative d'Afareaitu et de Paopao », &lt;em&gt;in :
FAGES, Jean et alii., Tahiti et Moorea - Etude sur la société, l'économie et
l'utilisation de l'espace&lt;/em&gt;, Travaux et documents de l'O.R.S.T.O.M. n°4,
O.R.S.T.O.M., Paris, Livre II, pp. 72-100.&lt;br /&gt;
- 1970(b) « Mutations et changements sociaux dans un village de la
Polynésie Française, Afaraeitu, Moorea » &lt;em&gt;in : Journal de la
société des océanistes&lt;/em&gt;, 28, Tome XXVI, septembre 1970, Musée de l'homme,
Paris, pp.177-234.&lt;br /&gt;
ROBINEAU, Claude&lt;br /&gt;
1970, « Moorea 1968 - Une économie en transition, du coprah au
tourisme » &lt;em&gt;in : FAGES, Jean et alii., Tahiti et Moorea - Etude
sur la société, l'économie et l'utilisation de l'espace&lt;/em&gt;, Travaux et
documents de l'O.R.S.T.O.M. n°4, O.R.S.T.O.M., Paris, Livre II, pp.
33-71.&lt;br /&gt;
1984, « Tradition et modernité aux îles de la Société »- &lt;em&gt;Livre
I : Du coprah à l'atome,&lt;/em&gt; O.R.S.T.O.M., Collection MEMOIRES N°100,
Paris, 489 p.&lt;br /&gt;
1985, « Tradition et modernité aux îles de la Société »- &lt;em&gt;Livre
II : Les racines&lt;/em&gt;, O.R.S.T.O.M., Collection MEMOIRES N°100, Paris, 387
p.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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      </item>
    
  <item>
    <title>PENSER LA SPHERE DU POLITIQUE...</title>
    <link>http://blog.lecriturien.org/post/2008/05/27/PENSER-LA-SPHERE-DU-POLITIQUE</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:2ef15908227d3f888f45e22b28501f06</guid>
    <pubDate>Tue, 27 May 2008 11:41:00 -1000</pubDate>
    <dc:creator>Jean-Marc Tera'ituatini Pambrun</dc:creator>
        <category>Café littéraire de l'écriturien</category>
            
    <description>&lt;p&gt;Dans un article paru en 2007 dans la Revue juridique polynésienne n° 13,
Sylvie André analyse les oeuvres des écrivains polynésiens à la lumière
comparative des littératures africaines et océaniennes. Si d'un côté, on peut
se réjouir de voir que la littérature polynésienne laisse de moins indifférent
les universitaires, de l'autre on peut s'interroger sur la pertinence des
conclusions que l'auteure de cet article amène. J'ai été surpris par exemple de
lire avec quelle facilité Sylvie André avait conclu que le héros de mon roman
&lt;em&gt;Le bambou noir&lt;/em&gt; et moi-même ne faisions qu'un alors que j'ai sans cesse
insisté pour dire que mon roman pouvait ressembler à son auteur autant qu'un
enfant à son père. Quoi qu'il en soit, en attendant une analyse aprofondie des
thèses qui y sont avancées et qui ne saurait tarder, cet article est
consultable sur le lien &lt;a href=&quot;http://www.upf.pf/IMG/pdf/01-andre.pdf&quot;&gt;www.upf.pf&lt;/a&gt; et peut être téléchargé
en PDF. Un défaut regrettable aussi à cet article : On ne sait pas qui a
écrit quoi, car les références bibliographiques des citations empruntées aux
auteurs polynésiens ne sont pas toujours signalées, comme en témoigne l'extrait
que j'ai publie ci-après.&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;PENSER LA SPHERE DU POLITIQUE:&lt;br /&gt;
LA CONTRIBUTION DES ECRIVAINS&lt;br /&gt;
DES PAYS «E