Ce sonnet a été écrit à l'occasion de la dernière "biennale de Moorea" du 30
août 2008. Pour en savoir plus sur les artistes, leurs oeuvres et leurs
envolées au cours de cette journée mémorable, je vous invite à vous rendre sur
l'excellent blog réalisé par notre ami Gotz dédié au Mana
Art. Ce poème accompagne une encre de chine que je mettrai en ligne
prochainement.
Ô ma Racine!
Ô racine! Toi qui tiens la terre entre tes mains,
Laisse-moi enlacer ton ventre raboteux
Et sucer le savoir préservé par tes noeuds
De nos origines et de notre destin.
Ô Racine! Toi qui tiens à bout de bras la terre,
Montre-moi le chemin suivi par tous les miens
Et les lieux dont ils sont devenus les gardiens,
Que je puisse honorer les hauts-faits de mes pères.
Ô Racine! Laisse-moi remonter vers leur souche,
Là où les premiers noms ont jailli de leur bouche
Pour fixer la mémoire des dieux ancestraux.
Racine! Ô ma Racine! Relie-nous dans ton lit,
Casse les frontières et panse tous nos maux.
Que jamais ta course ne succombe à l’oubli.
Jean-Marc Tera’ituatini Pambrun – Pao Pao, le 30 août 2008
Poésie
mardi 2 septembre 2008
Ô ma Racine!
Par Jean-Marc Tera'ituatini Pambrun le mardi 2 septembre 2008, 15:46
vendredi 20 juillet 2007
Invocation à Ta'aroa
Par Jean-Marc Tera'ituatini Pambrun le vendredi 20 juillet 2007, 15:21
Pourquoi avoir écrit La naissance de Havai'i m'a-t-on souvent demandé? J'ai donné plusieurs raisons. En voici une de plus - inédite - tournée en forme de poème écrit en 1999 alors que je dirigeais La Maison de la Culture. Les exégètes et critiques littéraires apprécieront. D'autant qu'à l'heure où un mouvement culturel réactionnaire crypto-chétien– le groupe Hiti Roa – prône la négation des autochtones ma'ohi pour les remplacer par une communauté informe d'origine yavhiste et me font penser à ces nouveaux marchands d'identité à propos desquels j'ai écrit un autre poème visible sur ce blog, il m'a paru utile d'affirmer que les croyances religieuses autochtones ne sont pas prêtes de s'éteindre.
vendredi 3 novembre 2006
Le regard des vaincus
Par Jean-Marc Tera'ituatini Pambrun le vendredi 3 novembre 2006, 15:52
vendredi 22 juillet 2005
Sonnets à la Tradition
Par Jean-Marc Tera'ituatini Pambrun le vendredi 22 juillet 2005, 04:39
Comme une veuve à tout jamais désespérée
De voir tous ses enfants à l’aveugle destin
S’éteindre ou errer vers un avenir sans tain,
La Tradition se meurt d’un chagrin éthéré.
Elle gémit à chaque assaut de l’égoïsme
Qui enlève à ses enfants les fruits du partage
Et les rejette à la mer dès leur plus jeune âge
Quand l’entraide succombe à l’individualisme.
Seul le pilon qui extrait l’amour de la Terre,
Recueilli tel un fils au chevet de sa mère,
Peut redonner à la Tradition tout son souffle.
Il suffit que la noblesse et la compassion
De l’âme d’un guerrier qu’aucun effort n’essouffle,
L’inspirent, pour hâter sa régénération.
vendredi 6 mai 2005
Marchands d’identité
Par Jean-Marc Tera'ituatini Pambrun le vendredi 6 mai 2005, 23:34
Pourquoi être ce que je suis déjà
On m’a dit autrefois que j’étais déraciné
Mais j’étais bien vivant
Mais j’étais parfaitement développé
Né d’un rejet
Né d’une racine
J’ai remonté cette racine
dimanche 17 avril 2005
Terre, ô ma terre
Par Jean-Marc Tera'ituatini Pambrun le dimanche 17 avril 2005, 01:22
Terre, ô ma terrePourquoi abandonnes-tu tes enfants
Pourquoi les laisses-tu t’ignorer
Oublier ton nom, te vendre et te détruire
Terre, dis leur qui tu es et d’où tu viens
Enseigne leur ta fondation et ton histoire
Terre, dis leur tes paroles originelles
Montre leur tes signes et tes gardiens
Terre, récite leurs généalogies
Raconte les exploits de leurs héros
Terre, dis leur tout cela
Dis leur que c’est cela la tradition
Que tes paroles doivent être retransmises
Qu’elles doivent être exactes
Que la retransmission doit être fidèle
mardi 12 avril 2005
Mon enfant...
Par Jean-Marc Tera'ituatini Pambrun le mardi 12 avril 2005, 04:50
J’aime tant à te regarderJ’aime tant à te nommer
J’aime tant à t’enlacer
J’aime tant à t’embrasser
Quand je te contemple,
C’est la beauté du monde que je loue
Quand je te nomme,
C’est le mystère de l’univers que je chante
Quant je t’enlace,
C’est l’unité des peuples que j’étreins
Quand je t’embrasse,
C’est la paix de l’humanité que je salue
Avant toi, j’étais une coquille stérile
Je n’étais que pirogue à la dérive
Avant toi, j’étais un crâne creux
Je n’étais que pensée perdue
Avant toi, j’étais un corps affamé
je n’étais que ventre naufragé
mardi 15 février 2005
Au cœur du rêve ma'ohi
Par Jean-Marc Tera'ituatini Pambrun le mardi 15 février 2005, 15:39
Comme une veuve à tout jamais inconsolable
De voir sa progéniture éteinte ou errante
Sans pouvoir faire le bien dont elle capable.
La pensée coloniale sûre de son Droit
A enfoui nos coutumes sous ses propres lois
Et laissé notre peuple orphelin et sans voix,
Forcé de se détourner de sa propre voie.
Le cœur du peuple est le lit de l’indépendance
Qui saura le remettra aux bons soins de sa mère
Pour qu’il batte et vibre au son des clameurs immenses
Qui s’élèveront de toutes parts sur la Terre.
Alors la tradition l’emplira à nouveau
De tout ce qui fait de son peuple le génie.
Ce grand événement viendra bien assez tôt ;
L’indépendance est au cœur du rêve ma'ohi.
mercredi 2 février 2005
C'est une terre ma'ohi...
Par Jean-Marc Tera'ituatini Pambrun le mercredi 2 février 2005, 18:05


Tahiti n’est pas un pays
qui se lève avec ses couleurs,
c’est une terre maòhi
qui se répand sur ses douleurs
en tranches épaisses de basalte
pour empêcher que son chagrin
ne vienne gronder sous l’asphalte
et y répandre son venin.
C’est une terre pathétique
qui se glisse sur ses blessures
comme un emplâtre volcanique
et comble toutes ses fractures
de pluies de lave de sang noir,
de crânes blanchis par le temps
pour mieux colmater sa mémoire
et jouir de l’instant présent.
L'écorché
Par Jean-Marc Tera'ituatini Pambrun le mercredi 2 février 2005, 03:41
Le corps est posé sur une chaise bancaleQu’une force inconnue maintient en équilibre
Sur une natte en bambou nervuré d’or pâle
Aux contours inachevés comme des vers libres.
Là, ses chevilles s’enchevêtrent et se fondent
En une souche tordue, éventrée et nue
Sur laquelle des jambes épuisées et longues
S’arc-boutent animées d’un amour éperdu.
Le tronc douloureusement penché en avant
Ne cherche plus à s’adosser depuis longtemps.
Suspendu et figé, aux portes du néant,
Il s’est recroquevillé à l’abri du temps.