L'écriturien

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Articles politiques

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mercredi 8 août 2007

Le pe’ue et le tifaifai

Les Nouvelles de Tahiti, édition du mercredi 8 août 2007

Il y a quinze ans, les 21 avril et 16 septembre 1992, Les nouvelles de Tahiti publiaient deux de mes articles dans lesquels j’exhortais les « partis frères » à déposer les armes afin d’instituer une nouvelle conscience politique. L’instauration du Taui en 2004 laissa planer un instant l’espoir de cette grande réconciliation que j’appelai alors de tous mes vœux. Mais le vent de l’utopie politique est retombé rapidement. Et aujourd’hui, il souffle à nouveau dans toutes les directions, pris au piège dans la caldeira idéologique de l’Assemblée de la Polynésie. Du coup, pour preuve que rien n’est jamais nouveau sous le soleil polynésien, le texte qui suit publié le 16 septembre 1992 reste d’une curieuse actualité, même si les protagonistes ont changé… ou si peu. Extraits.

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mercredi 1 août 2007

PLAIDOYER POUR LA PENSEE POLITIQUE

Il y a quinze ans, les 21 avril et 16 septembre 1992, Les nouvelles de Tahiti publiaient deux de mes articles (« Déposez les armes ! Appel pour une nouvelle conscience politique » ; « Le pe’ue et le tifaifai - Te nuna’a ma’ohi te ari’i nui ») dans lesquels j’exhortais les partis d’opposition au régime de Gaston Flosse à déposer les armes, de décréter la fin de l’idéologie politique actuelle afin d’instituer une nouvelle conscience politique qui rende à celle-ci ses lettres de noblesse. L’article ci-attaché a été rédigé le 12 janvier 1994, dans la continuité des deux premiers, mais j’avais renoncé à le publier. Pour autant, pour preuve que rien n’est jamais nouveau sous le soleil polynésien, il reste d’une curieuse actualité, même si les protagonistes ont changé… ou si peu.

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Réflexions sur la traîtrise en politique (Un article signé Stéphanie Ariirau)

Peut-on écrire ou exprimer ce que l'on pense, agir comme l'on pense, sans risquer, un jour, de passer pour un “traître”? Selon Alain Finkielkraut, « Penser, c’est en quelque sorte trahir : juger, agir par soi-même, c’est prendre le risque de se briser le cœur » Donc, les penseurs-acteurs ne peuvent que souffrir en politique, ne peuvent souffrir la politique, sans devenir rapidement la cible, sans risquer de devenir « Matahari » ou « Judas ».

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mardi 31 mai 2005

« Matou teie! Tamari’i paradis! »? [C'est nous, les enfants du paradis!]

À l’occasion de son discours prononcé à New-York,le 27 avril 2005, au Séminaire Tahiti Invest , le président Temaru a déclaré : La Polynésie française - Tahiti, ses îles, ses archipels, sa population – continue plus que jamais d’évoquer un mythe, celui de la Nouvelle Cythère des premiers découvreurs, cette image du "paradis sur terre" dont nous restons les gardiens. Qu’est-ce qui a pu inspirer le conseiller du président pour rédiger ce propos qui va à l’encontre de toute la critique de ce mythe développée par le courant intellectuel ma’ohi et de surcroît indépendantiste depuis les années soixante-dix? Il faudra bien que cette question trouve réponse et qu’elle fasse débat, car pour le moment un tel renversement idéologique a des implications énormes : il est économiquement aliénant, culturellement périlleux, intellectuellement incorrect et politiquement déplacé.

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mercredi 18 mai 2005

Taui ! Nous avons changé de pirogue et éclairci notre ciel

Article publié dans le Toere du 14 au 20 mai 2005 - toereami@mail.pf

Étonnante, inattendue, inespérée, la pensée libératrice polynésienne ne sera jamais à court d’épithètes pour conter la double victoire des indépendantistes emmenés par Oscar Temaru aux élections du 23 mai 2004 et du 13 février 2005. Inconcevable, invraisemblable, impossible, l’idéologie francophile aux relents du colonialisme ne trouvera plus non plus les mots pour exprimer son aversion de l’indépendance. Mais une fois la surprise savourée par les uns, et l’impact amer digéré par les autres, tous sont convaincus que les Polynésiens savent désormais que l’indépendance, n’est pas un spectre de la misère, n’est plus un miroir aux alouettes, une chimère de la littérature du colonisé, un mythe oral perdu derrière eux, mais une histoire faite par eux, pour eux, devant eux, à portée de main.

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jeudi 10 février 2005

Le triple échec de la contre-révolution

Élections polynésiennes du 13 février 2005

En rassemblant près de 25 000 personnes, soit quasiment autant qu'en octobre 2004, la marche du 5 février organisée par l’UPLD a confirmé l’accélération du processus révolutionnaire en cours et qu’une page de l’histoire politique polynésienne était définitivement tournée. Au terme de quatre mois de propagande orange, de manœuvres coloniales orchestrées par l’Etat français et de recomposition du panel des partis autonomistes, elle a aussi révélé la justesse et la cohérence de la stratégie de l’UPLD, l’échec de ses adversaires actifs comme l’État français, le Tahoera’a huira’atira et ses formations satellites autonomistes, et peut-être même celui d’ ADN.

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jeudi 3 février 2005

La parole retrouvée

Article publié dans Toere du 14 au 20 octobre 2004 - toereami@mail.pf

Vendredi et samedi dernier, une trentaine d’orateurs s’est succédée au perchoir de l’assemblée de la Polynésie française pour parler pendant près d’une quinzaine d’heures. Au-delà ce que les auditeurs ont ressenti en bien ou en mal à l’écoute de ce déluge de discours, cet événement restera inscrit dans les annales de l’histoire institutionnelle contemporaine de la Polynésie comme le moment où un gouvernement à fait la démonstration éclatante de sa volonté à libérer la parole, mais surtout comme la possibilité pour le pays de construire une démocratie conforme à ses valeurs culturelles. Quels que soient les motifs tactiques liés au dépôt de la motion de censure qui ont inspiré la majorité plurielle à demander à ses élus d’occuper le temps de parole ouvert par cette session de l’assemblée, il me paraît utile de tirer les enseignements institutionnels, culturels, idéologiques et politiques de ce moment que je qualifierai d’encore plus extraordinaire que la session parlementaire qui l’a fait naître.

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Indépendance mon amour

Élections polynésiennes du 13 février 2005 - Toere du 3 au 9 février 2005

La propagande fasciste orange peut bien manipuler ton nom, t’ériger en épouvantail, salir ta réputation, noircir ton personnage, déformer tes intentions, diffamer et mentir, ils n’arriveront jamais à te réduire au silence et à te faire disparaître de la conscience de notre peuple. Tu existais bien avant que ne naisse la notion moderne d’autonomie et tu lui survivras, car tu as animé toutes les luttes de libération nationale autour de la planète depuis les temps les plus reculés jusqu’à nos jours. Sans doute ne triompheras-tu chez nous que dans un bon quart de siècle, mais c’est le prix de la sagesse à mettre pour que notre pays puisse retrouver sa souveraineté perdue un 30 décembre 1880 et se gouverner en tant que nation. Nul ne peut prédire que tu apporteras le chaos en Polynésie, mais chacun est sûr que le simple fait de te chérir est un acte d’amour répréhensible.

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jeudi 27 janvier 2005

Pour mieux servir la démocratie

Élections polynésiennes du 13 février 2005 - Toere du 27 au 3 février 2005

Les résultats du dernier sondage réalisé par le quotidien de la Fatau’a ont révélé une chose : Le processus de démocratisation de la vie politique polynésienne en marche depuis le 23 mai 2004 s’amplifie. Cette accélération de la revendication démocratique a été favorisée par trois facteurs : la faillite du système flossiste et le début de l’effondrement du Tahoera’a huira’atira; le rapprochement de l’opposition avec les partis nationaux comme le PS et l’UDF; les pressions internes dues à la situation économique désespérée des plus défavorisés, à une gestion basée sur le clientélisme et la corruption, aux atteintes à la liberté d’expression et d’opinion, .... J’en ajouterai un quatrième, et c’est la rançon du Taui : le refus, non seulement de la bipolarisation de la vie politique, mais aussi du monopartisme.

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jeudi 20 janvier 2005

Révolution et indépendance

Élections polynésiennes du 13 février 2005 - Toere du 20 au 26 janvier 2005

Ce n’est pas tous les jours que le Tahoera’a huira’atira a une pensée lumineuse qui peut servir la cause de tous les polynésiens qui veulent se libérer des chaînes de l’exploitation capitaliste et du colonialisme. Cela mérite d’être signalé. Et cette fois-ci, elle vient d’Yves Haupert, le directeur de conscience de Gaston Flosse. À l’occasion de la sortie de son livre Taui, l’espoir trahi, dans une interview accordée à RFO, il a déclaré « Le Taui est en train de mettre une sorte de processus révolutionnaire en place pour tenter de faire accoucher dans notre pays d’un autre mode de société, en particulier de conduire notre pays à l’indépendance ». Il a raison, sauf que quand il dit que cette intention relève d’une « volonté cachée » et que le Taui a trahi l’espoir de changement exprimé par les électeurs, c’est lui et tout la classe dominante qu’il représente qui se voilent la face et masquent leur véritable intention : maintenir le peuple dans la servitude.

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