
Dans la plupart des sociétés polynésiennes, notamment à Tahiti, en
Nouvelle-Zélande et à Hawaii, certaines divinités étaient liées à la fois à la
fertilité et à la guerre : ‘Oro à Tahiti, Tu chez les Maoris, Ku à Hawaii,
considéré comme le dieu des chefs et des armées. D’une façon générale, on
s’accorde à penser que les divinités guerrières ont fini par supplanter les
figures traditionnellement consacrées aux rituels de fertilité et aux
cérémonies guerrières. Sauf à Mangareva, et à Tonga, où le rituel est resté
centré sur le traitement de la productivité et du pourvoi des récoltes. Ainsi
en est-il de Tu qui, contrairement à Hawaii et en Nouvelle- Zélande, fut le
premier dieu chargé exclusivement de la fertilité. D’autres divinités
mangaréviennes, dont notamment Rongo et Rao, étaient vouées au culte des
plantes, dont certaines, comme le curcuma (Curcuma longa),
Curcuma,
rega, Curcuma longa.
communément appelé safran des Indes ou turmeric en anglais, leur sont communes. Rongo était le dieu de la brume et de la pluie, protecteur des récoltes, tout comme en Nouvelle-Zélande ou à Hawaï. Rao, quant à lui, était plus particulièrement dédié au culte du curcuma. Ces divinités étaient représentées métaphoriquement par trois types de statuette que l’on exhibait lors de cérémonies particulières et selon des rites précis.
Pour la deuxième année consécutive, le Musée de Tahiti et des Îles a eu le
privilège d’accueillir les œuvres d’un collectif de 50 artistes originaires ou
non de Polynésie, vivants et travaillants temporairement ou totalement en terre
polynésienne. Une multitude de regards qui fait à la fois la force et l’unité
de l’exposition dédiée à l’art contemporain, brûlant au passage les oripeaux
d’un quelconque ethnocentrisme qu’il soit d’ici ou d’ailleurs. Seule concession
faite à la liberté de créer et à l’expression de sa vision : Accepter de
se rencontrer sur un thème qui puise dans le substrat culturel et spirituel
ma’ohi, mais qui n’est jamais totalement étranger à chaque artiste, quelle que
soit son origine culturelle et géographique. En témoignent les thèmes du tapu
en 2006 et du mana cette fois-ci qui ont permis à chaque artiste d’exprimer les
différences et les particularismes de sa personnalité, mais aussi de contribuer
à enrichir celle des autres et d’accroître notre sensibilité individuelle et
collective au divers.

Du 9
au 13 septembre prochain, quatre auteurs polynésiens ont été invités à
participer au Carrefour international des littératures autochtones de la
francophonie qui se tiendra à Wendake à Québec : Michou Chaze, Flora
Devatine, Chantal Spitz et moi-même. Hormis les débats, ateliers et lectures
prévus au programme, nous interviendront dans le cadre d'un atelier organisé
par le Centre interuniversitaire d’études et de recherches autochtones (la
Faculté des Sciences sociales de Québec Université Laval, Québec) et
intitulé : Littératures autochtones émergentes: Canada, Afrique du
Nord, Océanie française. Le programme de cet atelier est présenté
ci-après.
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