L'écriturien

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vendredi 9 octobre 2009

Il a plu sur Hienghène

"Il a plu sur Hienghène" in Sillages d'Océanie : nouvelles & récits, poèmes, romans (extraits), théâtre, idées, Nouméa, Association des écrivains de Nouvelle-Calédonie, 2009, pp. 193-195. sillages_2009_copy.jpg


Auteurs d’Océanie
Venus de Kanaky,
D’Hawaii, d’Australie,
Des terres Ma’ohi.

Il a plu sur Hienghène
Des auteurs phénomènes,
Dont les mots se promènent
Encore dans mes veines.


Approche ton oreille
Quand l’alizé s’éveille
Et chante sa rengaine
Sur les bords de Hienghène.

La mer bat le tambour,
Frappe les rochers lourds,
Fouette les coquillages
Et les sables sans âge.

La pluie sculpte la terre
Et pointille la mer,
Scarifie les pensées
Et pétrit les parlers.

Il a plu sur Hienghène
Des sons aborigènes,
Des musiques lointaines,
Et des rimes bien pleines.

Il a plu des accents
Étrangers indulgents,
Des contes enivrants,
Des versets insolents.

Il a plu des mémoires
Et des tranches d’histoire
Aux horizons sans fin
D’hier et de demain.

Il a plu des histoires
Exhumés des tiroirs,
Sortis des oubliettes,
Et des coeurs des poètes.


Approche ton oreille
Quand l’alizé s’éveille
Et chante sa rengaine
Sur les bords de Hienghène.

La mer bat le tambour,
Frappe les rochers lourds,
Fouette les coquillages
Et les sables sans âge.

La pluie sculpte la terre
Et pointille la mer,
Scarifie les pensées
Et pétrit les parlers.

Il a plu la parole
Qui tonne et caracole
Sur les pins colonnaires
Aux cimes centenaires.

Il a plu des éclairs
De noms vernaculaires
Riches et éclatants
Comme des fils d’argent.

Il a plu tant de lettres
De la bouche des êtres
Que la terre abreuvée
A enfin enfanté.

Il a plu des langages
D’amour et de partage
Des bonheurs et des peines
Des peuples indigènes.


Approche ton oreille
Quand l’alizé s’éveille
Et chante sa rengaine
Sur les bords de Hienghène.

La mer bat le tambour,
Frappe les rochers lourds,
Fouette les coquillages
Et les sables sans âge.

La pluie sculpte la terre
Et pointille la mer,
Scarifie les pensées
Et pétrit les parlers.

Il a plu des lectures
Extraites des ramures
De textes enracinés
Dans le roc inspiré.

Il a plu des Enfants
Migrateurs émouvants
Qui jouaient sous la pluie
Jusque tard dans la nuit.

Et quand le dieu igname
Eut rassasié les âmes,
Que le dernier slameur
Eut apaisé les coeurs,

Il a plu un soleil
Sur des aubes vermeilles,
Aussi plein que la lune
Couchée dans la nuit brune.


Approche ton oreille
Quand l’alizé s’éveille
Et que la pluie s’égrène
Sur les toits de Hienghène


© Jean-Marc Tera’ituatini PAMBRUN 29 octobre - 4 novembre 2007, SILO

vendredi 24 juillet 2009

Masques d'encres, expressions pures de l'entre-deux mondes


1- Perception bilatérale du Monde : Iliens et Continentaux

Le cliché en noir et blanc affichant Horatio Robley, assis devant une toile sur laquelle sont pendues une trentaine de têtes humaines momifiées, a fait le tour du monde.

J’interprète cette photo avec tristesse face à la fatalité d’un monde ancestral dévidé, et je n’y peux rien. Les cultures îliennes du Pacifique sont des cultures émotives (par essence), simple conséquence de clashes coloniaux qui ont supprimé traditions païennes et transmission de « la mémoire ».
Mais ne vous méprenez pas sur la posture d’Horatio qui semble si fier devant cette collection (morbide) de têtes ancestrales. Horatio Robley n’est au fond qu’un homme de son époque, marié à une îlienne de Nouvelle Zélande, et qui vivait dans une ère où ces têtes étaient réduites à un commerce de valeur très prisé par les musées, il n’y a donc pas de « jugement de valeur » à faire sur cet homme, ou sur les autres.

Deux mondes frères, l’un îlien l’autre continental, dans l’Humanité, et pourtant tant de différences dans la façon de penser, de percevoir la vie : « Les sociétés indigènes considèrent souvent le corps comme quelque chose de sacré, non pas comme une simple masse de molécules »… « Cette différence de perception s’illustre pleinement avec les têtes Maori « ta moko » (tatouées) et le commerce développé à partir des Mokomai, ou ‘Têtes tatouées’ au début du 19ème siècle. »

2- La réconciliation entre le Divin et l’Humain

Egalement, dans l’écriture contemporaine polynésienne transparaît régulièrement des relations entre les mondes visibles et invisibles (« le rêve » est une façon d’atteindre le monde parallèle).

Ainsi, pour les Maori, le Moko (tatouage) prend racine dans une légende : un mortel du nom de Mataoro épouse la fille d’un Chef de l’autre monde (the « underworld »). Un jour, Mataoro bat sa femme, elle le quitte pour repartir vivre dans le royaume de son père ; Mataoro veut la retrouver et une fois « de l’autre côté », le père de son épouse lui enseignera l’art du tatouage : Mataoro conservera sur le visage le tatouage comme la cicatrice de ses mauvaises actions .

Le tatouage est l’expression pure de l’entre-deux mondes, c’est, comme l’écrivent Palmer & Tano « un signe de réconciliation entre le Divin et l’Humain ». Dans une étude psychologique sur l’impact du Moko dans les vies contemporaines des Maori, Mohi Rua conclue que « la signification du Moko est double, elle marque une transition »
« TA MOKO » en langue maori se traduit en tahitien par « Mo’o » (petits lézards, margouillats). Dans ce cas « Moko » signifie « tatouage » : le margouillat est un animal qui appartient symboliquement au monde magique, fantastique, présent dans les légendes, c’est un être de « l’entre deux mondes ». De nos jours, particulièrement à Tahiti, il n’est pas rare de voir le « Mo’o » tatoué sur les pieds ou les jambes des femmes.

3- Masques d’encre, tradition polynésienne : un esthétisme du symbole

Mokomakai, ou têtes « Ta Moko », sont des têtes tatouées, séchées, qui appartenaient à des guerriers ou des Chefs de tribus, des « Ari’i ». A ce jour, il ne reste qu’une seule tête de femme, elles étaient très rares : « Il existe des exemples dans l’histoire, dans le tatouage facial traditionnel qui n’appartenait qu’aux femmes de rang social élevé (Starzecka 1996 :47). Ces femmes étaient considérées au même niveau que les chefs… elles étaient symboliquement des hommes et ne se mariaient que très rarement. »

La tradition dit que les Têtes Ta Moko portaient toute une histoire sur la peau : dans certains cas, la symétrie est essentielle. Le front porte les exploits, les côtés gauche ou droit portent la généalogie ou « Whakapapa », etc. : l’information sur la lignée, la tribu, le rang social, les exploits…

Aujourd’hui, Rihari, qui a entre 25 & 35 ans, porte un Moko au visage : il explique à Mohi Rua que « Le moko (nez & bouche) représente son lien à sa femme et ses enfants. Le « rae » (front) reflète son évolution en tant qu’être dans le monde Maori. Les côtés gauche & droit représentent ses lignées généalogiques. »

En 1986, Simmons identifie la symétrie des tatouages ainsi :

1. Ngakaipikirau, rang (centre front) 2. Ngunga, place dans la vie (front) 3. Uirere, likes of rand by hapu (tribu) (yeux) 4. Uma, 1er ou 2ème mariage (tempes) 5. Raurau, signature (nez) 6. Taiohou, travail (joues) 7. Wairura, mana (autorité spirituelle) (menton) 8. Taitoto, position à la naissance (mâchoire)

Ainsi tatouage & rang social sont intrinsèques, comme c’est finalement le cas aujourd’hui : le tatouage n’est certes pas donné sur la bravoure de la personne mais en échange d’argent (on peut se dire alors que la frontière entre vanité et identité est floutée dans notre monde…)

Le procédé du tatouage était une étape tapu/ sacrée : personne ne pouvait toucher l’homme qui devait s’abstenir de relations sexuelles & qui ne devait pas non plus se laver ; on lui donnait à manger de façon à ce qu’il n’y ait aucun contact physique. Un fare était construit spécialement à cet effet du cérémonial et le sang était lui-même sacré .

« 
Il y avait deux méthodes pour créer le Moko : dans un cas, on écartait la chair et on plaçait l’encre dans la coupure, le résultat donnait les lignes noires et marquées dans la peau. L’autre cas était plus généralisé en Polynésie, il s’agissait d’insérer le pigment sous la peau à l’aide d’un peigne aux dents aiguisées (Gell 1993 : 246-7), cet outil s’appelle le Uhi »

Lorsqu’il mourait, la famille conservait sa tête, et sa mémoire restait parmi eux : la présence de la tête rappelait constamment la force et le rang de l’être défunt.

La tête tatouée/ Ta Moko heads était la conservation d’une Mémoire.

Lorsque les colons anglo-saxons ont découvert ces têtes momifiées, leurs réactions étaient à la fois du dégoût et de la curiosité, une curiosité nourrie par le mythe de l’exotisme et du « bon sauvage ». Inévitablement ces têtes momifiées & tatouées furent rapidement exploitées par les musées occidentaux.

4- Vendre la culture, c’est la travestir

Le commerce des têtes tatouées a commencé au début du 19ème siècle. A cause de conflits de territoires et de guerres intestines, certains Maori avaient besoin d’armes. Ces armes, ils les obtenaient en échangeant les têtes sacrées tatouées et momifiées, qui avaient beaucoup de succès auprès des étrangers. En fait, tout a commencé à cause d’ambitions territoriales, qui ont fait oublié aux îliens la part sacré, tapu, de leur culture incarnée dans ces têtes tatouées.

Il arriva ce qui arrive à toutes les cultures qui deviennent pur folklore et qui sont commercialisées : elles sont travesties et perdent tout leur sens.

Pour avoir plus d’armes, parce que les hommes n’ont jamais assez d’armes, certains Maori tuaient des esclaves, les tatouaient, et vendaient les têtes. Le mana/ pouvoir contenu dans le tatouage était perdu à jamais. Ces tatouages n’avaient plus de sens, mais peu importe… Hongi fut un de ces chefs Maori qui se convertit au christianisme et le trafic de tête débuta essentiellement depuis sa conversion.

5- Paroxysme du travestissement

Ça devint un commerce hors proportions, au point que les Polynésiens tatoués allaient se cacher de peur d’être trahi, tué, par un des leurs, c’est ainsi que le rituel TA MOKO s’effaçait progressivement. « Quand les commerçants quittaient les lieux, des membres de la famille attaquaient et tuaient l’homme tatoué, coupaient les membres tatoués (mains) et les séchaient… » (Robley 1998 :178)

L’horreur du commerce avait atteint son paroxysme : le commerçant, dans certains cas, choisissait lui-même un esclave, qui était tué pour être ensuite tatoué et momifié.

6- Les années 1970 marquent la Renaissance culturelle Maori

La tradition du Moko a survécu essentiellement grâce aux femmes âgées qui vivaient dans des zones éloignées l’île.

Un Maori a fait le choix du tatouage facial, c’est un changement de vie radical : (« Le Moko transforme celui qui le porte, définit son identité, chaque Moko est aussi unique qu’une emprunte de doigt » )

- Pour des raisons pratiques (trouver un travail, avoir une vie sociale dans la « normalité »)

- Pour des raisons psychologiques. Cela dépend du tatouage que tu portes au visage : ça peut être un masque d’encre camouflant ton visage, ou une dentelle d’encre qui permet d’identifier le visage.

Meredith Collins est une jeune femme qui a perdu toute connexion avec sa culture ancestrale- comme nombre d’entre nous. Le Moko sur son menton est une façon de conserver une trace d’un passé oublié sur son visage pâle. Le tatouage au menton de la femme n’est pas une particularité polynésienne, je me souviens de ce que disait Assia Djebar citant elle-même une femme kabyle : « Le tatouage que j’ai au menton vaut la barbe de tous les hommes »

Aujourd’hui, regarder un tatouage facial, c’est avoir un bouclier en face de soi : impressionnant, on peut avoir soit de l’appréhension, de la peur, surtout lorsqu’on est de culture occidentale.

Aujourd’hui, les visages tatoués sont hâtivement interprétés comme de l’activisme identitaire ethnique, Maori. Cependant les motifs diffèrent, comme les comportements. « Avant de porter mon tatouage, je n’étais pas une personne humble » dit Newaru. Son Moko a réveillé en lui la conscience du sacré, du « Mana ».

« Les médias nous font passer pour des voyous » dit Tio, interrogé par Mohi Rua.

L’homme au visage tatoué porte une lourde responsabilité : « Etre jeune et porter un Moko… Les gens attendent beaucoup de moi » dit Newaru. Il a sur lui, en lui, une tradition ancestrale qu’il ne peut pas bafouer par un comportement irresponsable. Il se doit d’être droit, honnête, courageux, sinon quoi il contribuerait à la dégradation spirituelle de la tradition des ancêtres. C’est là que nous devons nous rappeler la légende de Mataoro : « de façon pratique, le Moko… est un gardien contre les mauvaises actions » (Palmer & Tano)

7- Le tatouage, patrimoine matériel ou immatériel ?

Le 29 juin 2009, le sénateur polynésien Richard Tuheiava a défendu un projet au Sénat, soumis par la sénatrice Mme Catherine Morin-Desailly, qui proposait la restitution des têtes tatouées aux Maori.
Après plus d’un siècle d’errance dans les musées occidentaux, ces têtes momifiées vont retourner sur leur île. Le débat sur la réappropriation des objets d’exposition ressurgit. Mais enfin, la solidarité polynésienne qu’elle soit francophone ou anglo-saxonne, ressort comme une richesse immatérielle. Il en est ainsi des sentiments que peut éprouver tout Polynésien à l’égard de ce qui a appartenu aux ancêtres, à un passé détaché de l’Histoire. On finit toujours par retourner à sa terre, et c’est le fin mot de cette histoire.

Bibliographie:

Heather Buttle in « Maori facial tattoo (Ta Moko): implications for face recognition process”, Massey University, New Zealand

Mohi RUA « Contemporary attitudes to Traditional Facial Ta Moko : A Working Paper » in Maori and psychology: research and practice – The proceedings of a symposium sponsored by the Maori & Psychology Research Unit. Hamilton: Maori & Psychology Research Unit.

Christian Palmer & Mervyn L Tano: « Mokomokai : Commercialization and Desacralization », International Institute for Indigenous Resource Management, Denver, Colorado.

vendredi 24 avril 2009

Des dieux, des plantes et des constellations

Couverture Catalogue Mangareva

Dans la plupart des sociétés polynésiennes, notamment à Tahiti, en Nouvelle-Zélande et à Hawaii, certaines divinités étaient liées à la fois à la fertilité et à la guerre : ‘Oro à Tahiti, Tu chez les Maoris, Ku à Hawaii, considéré comme le dieu des chefs et des armées. D’une façon générale, on s’accorde à penser que les divinités guerrières ont fini par supplanter les figures traditionnellement consacrées aux rituels de fertilité et aux cérémonies guerrières. Sauf à Mangareva, et à Tonga, où le rituel est resté centré sur le traitement de la productivité et du pourvoi des récoltes. Ainsi en est-il de Tu qui, contrairement à Hawaii et en Nouvelle- Zélande, fut le premier dieu chargé exclusivement de la fertilité. D’autres divinités mangaréviennes, dont notamment Rongo et Rao, étaient vouées au culte des plantes, dont certaines, comme le curcuma (Curcuma longa),

CurcumaCurcuma, rega, Curcuma longa.

communément appelé safran des Indes ou turmeric en anglais, leur sont communes. Rongo était le dieu de la brume et de la pluie, protecteur des récoltes, tout comme en Nouvelle-Zélande ou à Hawaï. Rao, quant à lui, était plus particulièrement dédié au culte du curcuma. Ces divinités étaient représentées métaphoriquement par trois types de statuette que l’on exhibait lors de cérémonies particulières et selon des rites précis.

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jeudi 13 novembre 2008

Le catalogue de l'exposition Mana

couv._mana_copy.jpg Pour la deuxième année consécutive, le Musée de Tahiti et des Îles a eu le privilège d’accueillir les œuvres d’un collectif de 50 artistes originaires ou non de Polynésie, vivants et travaillants temporairement ou totalement en terre polynésienne. Une multitude de regards qui fait à la fois la force et l’unité de l’exposition dédiée à l’art contemporain, brûlant au passage les oripeaux d’un quelconque ethnocentrisme qu’il soit d’ici ou d’ailleurs. Seule concession faite à la liberté de créer et à l’expression de sa vision : Accepter de se rencontrer sur un thème qui puise dans le substrat culturel et spirituel ma’ohi, mais qui n’est jamais totalement étranger à chaque artiste, quelle que soit son origine culturelle et géographique. En témoignent les thèmes du tapu en 2006 et du mana cette fois-ci qui ont permis à chaque artiste d’exprimer les différences et les particularismes de sa personnalité, mais aussi de contribuer à enrichir celle des autres et d’accroître notre sensibilité individuelle et collective au divers.

Depuis quelques années, au gré des expositions consacrées à l’art contemporain, un dialogue transculturel s’est instauré dans les oeuvres et dans les consciences. Silencieux ou bruyant, coloré ou sombre, mouvant ou pétrifié, ce dialogue des matières et des esprits n’en est pas moins constamment animé de l’esprit de cette générosité qui consiste à donner ses œuvres au présent afin que l’avenir puisse à son tour nous exprimer toute sa gratitude. Car si le but de ces expositions organisées au Musée de Tahiti et des Îles n’est pas de susciter un débat sur l’état de la culture ma’ohi, elles peuvent néanmoins y contribuer. À contrario, l’art étant souvent le reflet ou l’expression d’autant de quêtes qu’il y a d’artistes, c’est le débat permanent sur les cultures qui suggère de solliciter les artistes pour apporter un éclairage aussi sensible que détaché à la façon de combattre les idées reçues et les préjugés, ces démons qui nous déforment la réalité et altèrent l’imagination, stigmatisent le dogmatisme, distillent l’égoïsme et la suffisance dans nos cœurs.

Mes propos paraîtront à plus d’un totalement utopistes : en quoi les artistes pourraient-ils repousser les bornes de notre conscience pour permettre à notre humanité de rendre le meilleur d’elle-même? À chacun justement d’interroger sa conscience et il y trouvera sa réponse. Que la Trans Pacific Express ait réussi à fédérer autant d’artistes autour de ce rendez-vous thématique dorénavant annuel est déjà une petite révolution culturelle et une victoire insensée remportée sur le cloisonnement de l’art contemporain à l’intérieur de notre fenua. D’autres reconquêtes viendront certainement avec le temps. En attendant, je ne peux que vous inviter à « voir » avec votre corps tout entier les œuvres réunies dans cet ouvrage légué à la postérité.

Mana sera bientôt disponible chez les libraires de Tahiti.

Jean-Marc Pambrun

jeudi 16 octobre 2008

Les Voies de la Tradition

Les Voies de la Tradition est un ouvrage qui rassemble une sélection de textes que j'ai rédigés entre 1981 et 2007. Plusieurs sont inédits, d'autres ont été publiés dans des magazines ou des journaux aujourd'hui introuvables. Quand bien même, il est possible que nombre d'entre vous n'aient pas eu l'opportunité de lire certains de ces textes au moment où ils sont parus. Cet ouvrage rassemble donc des essais, des articles d'opinion ou des poèmes sur différents aspects ou thèmes de la tradition Ma'ohi auxquels vous savez combien je suis attaché depuis quelques décennies. La note de présentation qui suit vous donnera l'essentiel des raisons pour lesquelles j'ai décidé de publier ce recueil.

L'originalité éditoriale de ce livre est qu'il est pour l'instant introuvable en librairie, à moins que l'une d'entre elles reçoive un jour une grosse commande, parce que je me suis adressé à un éditeur en ligne à qui j'ai confié mon ouvrage pour expérimenter cette possibilité offerte à des auteurs qui n'arriveraient pas à se faire éditer par la voie normale. Je me suis adressé à cet éditeur il y a un an, mais je ne voulais pas en parler jusqu'à présent tant que je n'avais pas expérimenté la démarche jusqu'au bout. Aujourd'hui, je peux vous dire que ça n'a pas été simple, mais j'ai enfin mon livre entre les mains. Je ne prétends pas savoir tout ce qu'il faut faire pour y parvenir, mais je sais en tout cas ce qu'il ne faut pas faire. Pour ceux que ça intéresse, je ne serai pas avare de conseils.

Quoiqu'il en soit, ce livre est disponible sur le site des Éditions Le Manuscrit au prix de 17,90 euros (hors livraison) et en format PDF téléchargeable au prix de 7,90 euros. Pour commander, allez directement sur ce site, rechercher Pambrun et suivez le fil. La sortie officielle du livre sera annoncée lors du prochain Salon du Livre de Papeete les 22 et 23 novembre prochain.

LES VOIES DE LA TRADITION

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vendredi 26 septembre 2008

MYTHES ET REALITES DE LA LITTERATURE POLYNESIENNE

Ce texte a été donné le 12 septembre 2008 lors de l'atelier universitaire intitulé "Réception des œuvres et regards vers le futur" organisé dans le cadre du Carrefour international des littératures autochtones francophones qui s'est déroulé du 9 au 14 septembre 2008 à Wendake (Québec). Ce carrefour a été l'occasion aussi pour moi et d'autres auteurs venus de Polynésie, de Kanaky, du Maroc et du Canada bien sûr de dire quelques textes au cours de soirées de lectures magiques et merveilleuses. A découvrir sur le site de youtube : Extrait CILAF. JMP_CILAF_copy.jpg

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mardi 2 septembre 2008

Carrefour international des littératures autochtones de la francophonie (CILAF)

Logo_CILAF_copy.jpgDu 9 au 13 septembre prochain, quatre auteurs polynésiens ont été invités à participer au Carrefour international des littératures autochtones de la francophonie qui se tiendra à Wendake à Québec : Michou Chaze, Flora Devatine, Chantal Spitz et moi-même. Hormis les débats, ateliers et lectures prévus au programme, nous interviendront dans le cadre d'un atelier organisé par le Centre interuniversitaire d’études et de recherches autochtones (la Faculté des Sciences sociales de Québec Université Laval, Québec) et intitulé : Littératures autochtones émergentes: Canada, Afrique du Nord, Océanie française. Le programme de cet atelier est présenté ci-après.
Avant que vous refermiez la page, je me dépêche de dire aux internautes qu' une série de soirées « Découvertes littéraires » se tiendront durant ce carrefour et qu'elles seront diffusées sur Internet par le Conseil en éducation des Premières Nations. Le lendemain de chaque soirée, vers 13h, les entrevues publiques et des lectures publiques de nos auteurs seront disponibles sur le site du CEPN

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Ô ma Racine!

Ce sonnet a été écrit à l'occasion de la dernière "biennale de Moorea" du 30 août 2008. Pour en savoir plus sur les artistes, leurs oeuvres et leurs envolées au cours de cette journée mémorable, je vous invite à vous rendre sur l'excellent blog réalisé par notre ami Gotz dédié au Mana Art. Ce poème accompagne une encre de chine que je mettrai en ligne prochainement.

Ô ma Racine!


Ô racine! Toi qui tiens la terre entre tes mains,
Laisse-moi enlacer ton ventre raboteux
Et sucer le savoir préservé par tes noeuds
De nos origines et de notre destin.

Ô Racine! Toi qui tiens à bout de bras la terre,
Montre-moi le chemin suivi par tous les miens
Et les lieux dont ils sont devenus les gardiens,
Que je puisse honorer les hauts-faits de mes pères.

Ô Racine! Laisse-moi remonter vers leur souche,
Là où les premiers noms ont jailli de leur bouche
Pour fixer la mémoire des dieux ancestraux.

Racine! Ô ma Racine! Relie-nous dans ton lit,
Casse les frontières et panse tous nos maux.
Que jamais ta course ne succombe à l’oubli.


Jean-Marc Tera’ituatini Pambrun – Pao Pao, le 30 août 2008

mercredi 30 juillet 2008

"Mon pays est né de Dieu"

Mon pays est né de Dieu, ce n’est pourtant pas le paradis

Le duvet du Roi des Cieux, y compresse toutes les envies

La pluie farine sur le bitume, peaux d’oranges et mangues vertes

Tous les espoirs de gloire s’embrument, enfants, palpez du rêve à perte.


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jeudi 3 juillet 2008

L’ESPRIT DE L'AMEÇON DE TÂFA'I

Ce texte a été donné le 18 juin 2008 à l’occasion du symposium organisé au musée du Quai Branly à Paris les 17 et 18 juin 2008 autour du thème Exhibiting Polynesia : past, present and future. Je suis certain qu'il suscitera nombre de questions quant à à la justesse des informations historiques et à la cohérence de la démonstration. Mais encore une fois, nous sommes parfois bien obligés de faire l'économie de la rigueur scientifique que le regard occidental s'obstine à exiger si nous voulons partager et confronter nos points de vue sur la vision qui nous anime, à moins de nous taire à jamais par peur d'être critiqué. Ceux qui sont animés de cette soif de rassembler les énergies polynésiennes en vue de rattacher ce qui fut séparé sauront lire dans ou entre les lignes qui suivent le sentiment qui m'a animé à cette occasion et l'intention profonde qui est la mienne : retrouvrer les racines communes aux nations polynésiennes pour relier toutes les îles du grand triangle polynésien.

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