L'écriturien

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vendredi 24 avril 2009

Des dieux, des plantes et des constellations

Couverture Catalogue Mangareva

Dans la plupart des sociétés polynésiennes, notamment à Tahiti, en Nouvelle-Zélande et à Hawaii, certaines divinités étaient liées à la fois à la fertilité et à la guerre : ‘Oro à Tahiti, Tu chez les Maoris, Ku à Hawaii, considéré comme le dieu des chefs et des armées. D’une façon générale, on s’accorde à penser que les divinités guerrières ont fini par supplanter les figures traditionnellement consacrées aux rituels de fertilité et aux cérémonies guerrières. Sauf à Mangareva, et à Tonga, où le rituel est resté centré sur le traitement de la productivité et du pourvoi des récoltes. Ainsi en est-il de Tu qui, contrairement à Hawaii et en Nouvelle- Zélande, fut le premier dieu chargé exclusivement de la fertilité. D’autres divinités mangaréviennes, dont notamment Rongo et Rao, étaient vouées au culte des plantes, dont certaines, comme le curcuma (Curcuma longa),

CurcumaCurcuma, rega, Curcuma longa.

communément appelé safran des Indes ou turmeric en anglais, leur sont communes. Rongo était le dieu de la brume et de la pluie, protecteur des récoltes, tout comme en Nouvelle-Zélande ou à Hawaï. Rao, quant à lui, était plus particulièrement dédié au culte du curcuma. Ces divinités étaient représentées métaphoriquement par trois types de statuette que l’on exhibait lors de cérémonies particulières et selon des rites précis.

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jeudi 13 novembre 2008

Le catalogue de l'exposition Mana

couv._mana_copy.jpg Pour la deuxième année consécutive, le Musée de Tahiti et des Îles a eu le privilège d’accueillir les œuvres d’un collectif de 50 artistes originaires ou non de Polynésie, vivants et travaillants temporairement ou totalement en terre polynésienne. Une multitude de regards qui fait à la fois la force et l’unité de l’exposition dédiée à l’art contemporain, brûlant au passage les oripeaux d’un quelconque ethnocentrisme qu’il soit d’ici ou d’ailleurs. Seule concession faite à la liberté de créer et à l’expression de sa vision : Accepter de se rencontrer sur un thème qui puise dans le substrat culturel et spirituel ma’ohi, mais qui n’est jamais totalement étranger à chaque artiste, quelle que soit son origine culturelle et géographique. En témoignent les thèmes du tapu en 2006 et du mana cette fois-ci qui ont permis à chaque artiste d’exprimer les différences et les particularismes de sa personnalité, mais aussi de contribuer à enrichir celle des autres et d’accroître notre sensibilité individuelle et collective au divers.

Depuis quelques années, au gré des expositions consacrées à l’art contemporain, un dialogue transculturel s’est instauré dans les oeuvres et dans les consciences. Silencieux ou bruyant, coloré ou sombre, mouvant ou pétrifié, ce dialogue des matières et des esprits n’en est pas moins constamment animé de l’esprit de cette générosité qui consiste à donner ses œuvres au présent afin que l’avenir puisse à son tour nous exprimer toute sa gratitude. Car si le but de ces expositions organisées au Musée de Tahiti et des Îles n’est pas de susciter un débat sur l’état de la culture ma’ohi, elles peuvent néanmoins y contribuer. À contrario, l’art étant souvent le reflet ou l’expression d’autant de quêtes qu’il y a d’artistes, c’est le débat permanent sur les cultures qui suggère de solliciter les artistes pour apporter un éclairage aussi sensible que détaché à la façon de combattre les idées reçues et les préjugés, ces démons qui nous déforment la réalité et altèrent l’imagination, stigmatisent le dogmatisme, distillent l’égoïsme et la suffisance dans nos cœurs.

Mes propos paraîtront à plus d’un totalement utopistes : en quoi les artistes pourraient-ils repousser les bornes de notre conscience pour permettre à notre humanité de rendre le meilleur d’elle-même? À chacun justement d’interroger sa conscience et il y trouvera sa réponse. Que la Trans Pacific Express ait réussi à fédérer autant d’artistes autour de ce rendez-vous thématique dorénavant annuel est déjà une petite révolution culturelle et une victoire insensée remportée sur le cloisonnement de l’art contemporain à l’intérieur de notre fenua. D’autres reconquêtes viendront certainement avec le temps. En attendant, je ne peux que vous inviter à « voir » avec votre corps tout entier les œuvres réunies dans cet ouvrage légué à la postérité.

Mana sera bientôt disponible chez les libraires de Tahiti.

Jean-Marc Pambrun

jeudi 16 octobre 2008

Les Voies de la Tradition

Les Voies de la Tradition est un ouvrage qui rassemble une sélection de textes que j'ai rédigés entre 1981 et 2007. Plusieurs sont inédits, d'autres ont été publiés dans des magazines ou des journaux aujourd'hui introuvables. Quand bien même, il est possible que nombre d'entre vous n'aient pas eu l'opportunité de lire certains de ces textes au moment où ils sont parus. Cet ouvrage rassemble donc des essais, des articles d'opinion ou des poèmes sur différents aspects ou thèmes de la tradition Ma'ohi auxquels vous savez combien je suis attaché depuis quelques décennies. La note de présentation qui suit vous donnera l'essentiel des raisons pour lesquelles j'ai décidé de publier ce recueil.

L'originalité éditoriale de ce livre est qu'il est pour l'instant introuvable en librairie, à moins que l'une d'entre elles reçoive un jour une grosse commande, parce que je me suis adressé à un éditeur en ligne à qui j'ai confié mon ouvrage pour expérimenter cette possibilité offerte à des auteurs qui n'arriveraient pas à se faire éditer par la voie normale. Je me suis adressé à cet éditeur il y a un an, mais je ne voulais pas en parler jusqu'à présent tant que je n'avais pas expérimenté la démarche jusqu'au bout. Aujourd'hui, je peux vous dire que ça n'a pas été simple, mais j'ai enfin mon livre entre les mains. Je ne prétends pas savoir tout ce qu'il faut faire pour y parvenir, mais je sais en tout cas ce qu'il ne faut pas faire. Pour ceux que ça intéresse, je ne serai pas avare de conseils.

Quoiqu'il en soit, ce livre est disponible sur le site des Éditions Le Manuscrit au prix de 17,90 euros (hors livraison) et en format PDF téléchargeable au prix de 7,90 euros. Pour commander, allez directement sur ce site, rechercher Pambrun et suivez le fil. La sortie officielle du livre sera annoncée lors du prochain Salon du Livre de Papeete les 22 et 23 novembre prochain.

LES VOIES DE LA TRADITION

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vendredi 26 septembre 2008

MYTHES ET REALITES DE LA LITTERATURE POLYNESIENNE

Ce texte a été donné le 12 septembre 2008 lors de l'atelier universitaire intitulé "Réception des œuvres et regards vers le futur" organisé dans le cadre du Carrefour international des littératures autochtones francophones qui s'est déroulé du 9 au 14 septembre 2008 à Wendake (Québec). Ce carrefour a été l'occasion aussi pour moi et d'autres auteurs venus de Polynésie, de Kanaky, du Maroc et du Canada bien sûr de dire quelques textes au cours de soirées de lectures magiques et merveilleuses. A découvrir sur le site de youtube : Extrait CILAF. JMP_CILAF_copy.jpg

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mardi 2 septembre 2008

Carrefour international des littératures autochtones de la francophonie (CILAF)

Logo_CILAF_copy.jpgDu 9 au 13 septembre prochain, quatre auteurs polynésiens ont été invités à participer au Carrefour international des littératures autochtones de la francophonie qui se tiendra à Wendake à Québec : Michou Chaze, Flora Devatine, Chantal Spitz et moi-même. Hormis les débats, ateliers et lectures prévus au programme, nous interviendront dans le cadre d'un atelier organisé par le Centre interuniversitaire d’études et de recherches autochtones (la Faculté des Sciences sociales de Québec Université Laval, Québec) et intitulé : Littératures autochtones émergentes: Canada, Afrique du Nord, Océanie française. Le programme de cet atelier est présenté ci-après.
Avant que vous refermiez la page, je me dépêche de dire aux internautes qu' une série de soirées « Découvertes littéraires » se tiendront durant ce carrefour et qu'elles seront diffusées sur Internet par le Conseil en éducation des Premières Nations. Le lendemain de chaque soirée, vers 13h, les entrevues publiques et des lectures publiques de nos auteurs seront disponibles sur le site du CEPN

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Ô ma Racine!

Ce sonnet a été écrit à l'occasion de la dernière "biennale de Moorea" du 30 août 2008. Pour en savoir plus sur les artistes, leurs oeuvres et leurs envolées au cours de cette journée mémorable, je vous invite à vous rendre sur l'excellent blog réalisé par notre ami Gotz dédié au Mana Art. Ce poème accompagne une encre de chine que je mettrai en ligne prochainement.

Ô ma Racine!


Ô racine! Toi qui tiens la terre entre tes mains,
Laisse-moi enlacer ton ventre raboteux
Et sucer le savoir préservé par tes noeuds
De nos origines et de notre destin.

Ô Racine! Toi qui tiens à bout de bras la terre,
Montre-moi le chemin suivi par tous les miens
Et les lieux dont ils sont devenus les gardiens,
Que je puisse honorer les hauts-faits de mes pères.

Ô Racine! Laisse-moi remonter vers leur souche,
Là où les premiers noms ont jailli de leur bouche
Pour fixer la mémoire des dieux ancestraux.

Racine! Ô ma Racine! Relie-nous dans ton lit,
Casse les frontières et panse tous nos maux.
Que jamais ta course ne succombe à l’oubli.


Jean-Marc Tera’ituatini Pambrun – Pao Pao, le 30 août 2008

mercredi 30 juillet 2008

"Mon pays est né de Dieu"

Mon pays est né de Dieu, ce n’est pourtant pas le paradis

Le duvet du Roi des Cieux, y compresse toutes les envies

La pluie farine sur le bitume, peaux d’oranges et mangues vertes

Tous les espoirs de gloire s’embrument, enfants, palpez du rêve à perte.


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jeudi 3 juillet 2008

L’ESPRIT DE L'AMEÇON DE TÂFA'I

Ce texte a été donné le 18 juin 2008 à l’occasion du symposium organisé au musée du Quai Branly à Paris les 17 et 18 juin 2008 autour du thème Exhibiting Polynesia : past, present and future. Je suis certain qu'il suscitera nombre de questions quant à à la justesse des informations historiques et à la cohérence de la démonstration. Mais encore une fois, nous sommes parfois bien obligés de faire l'économie de la rigueur scientifique que le regard occidental s'obstine à exiger si nous voulons partager et confronter nos points de vue sur la vision qui nous anime, à moins de nous taire à jamais par peur d'être critiqué. Ceux qui sont animés de cette soif de rassembler les énergies polynésiennes en vue de rattacher ce qui fut séparé sauront lire dans ou entre les lignes qui suivent le sentiment qui m'a animé à cette occasion et l'intention profonde qui est la mienne : retrouvrer les racines communes aux nations polynésiennes pour relier toutes les îles du grand triangle polynésien.

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mardi 27 mai 2008

Sur les traces du pupu...



SUR LES TRACES DU PUPU A L'ÉPOQUE PRÉ-EUROPÉENNE, Bulletin de la Société des Etudes océaniennes N°312, Avril 2008, pp 63-79.

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EXTRAIT

Position du problème

Le pupu qui peut se traduire au plan générique par groupe constitue à mon sens le fondement de la vie sociale traditionnelle polynésienne. Cette idée que j'ai déjà affirmée par ailleurs (Pambrun, 1987, p.41) peut paraître exagérée faute d'arguments irréfutables. Il est vrai qu'elle découle beaucoup plus de l'intuition et de la représentation que de l'expérimentation scientifique. Nous conviendrons donc de la considérer en tant qu'hypothèse générale dans le cadre de ce travail dont les éléments tendront soit à la confirmer, soit à l'infirmer, soit encore à la rectifier.

Paradoxalement, malgré les multiples observations faites sur l'existence du pupu dans les domaines les plus divers de l'activité humaine polynésienne contemporaine, celui-ci n'a jamais été pris comme objet de recherche anthropologique. Pourtant, et bien que peu d'auteurs l'aient jusqu'à aujourd'hui brièvement exposé, commenté, sinon à peine évoqué, chacun d'entre eux a reconnu que le pupu devait constituer l'une des formes traditionnelles de regroupement des populations polynésiennes fondée sur l’entraide. Mention particulière doit néanmoins être faite des travaux de C. Robineau (1984, 1985) qui a développé plus largement et sous des aspects divers le fonctionnement du pupu. Bien que chacun s'accorde à reconnaître, que le pupu correspond à une forme de coopération et d'entraide (Ottino, 1965, pp.39-40 ; Bitard, 1966, p.1 ; Desroches, 1966, pp.73-74 ; Panoff, 1970, pp.91-92 ; Ringon, 1970 (a), p.79 / 1970 (b), p.199), il reste néanmoins difficile, d'une part d'affirmer que le pupu constitue le cadre des regroupements les plus divers des Polynésiens, d'autre part de savoir « quelles étaient la structure, l'inspiration et la finalité premières de cette forme d'entraide spontanée. » (Pambrun, 1983 p.1314). A travers mon exposé, je voudrais apporter des éléments de réponse à ces deux problèmes pour deux raisons principales. Certains ont vu dans le pupu un « tremplin au développement » en tant que forme pré-coopérative (Desroches, 1966, pp.74-75). Ensuite, je pense pour ma part qu'à l'occasion de certains évènements nécessitant la constitution de pupu, une bonne partie des relations sociales, économiques et symboliques étaient réglées, voire déterminées par, ou au sein du regroupement lui-même. En effet, il n'est pas possible d'accepter le dynamisme et la permanence du pupu même dans ses formes les plus contemporaines, sans que quelque part celui-ci ne joue pas un rôle déterminant dans la vie sociale polynésienne, et par extension dans son organisation. Il apparaît donc urgent de commencer, sinon de poursuivre à la suite des travaux de C. Robineau, une étude approfondie de cette notion afin de fournir, tant à l'ethnologie qu'à l'économie du développement, des éléments et des éclairages nouveaux qui leur permettent de mieux saisir les comportements associatifs et coopératifs actuels et les formes de regroupements les mieux appropriées au développement économique et social de la Polynésie. Le texte qui suit présente de manière synthétique, l'ensemble des hypothèses et des développements que je me propose d'éprouver et d'étudier dans le cadre d'une approche du pupu à l'époque pré-européenne. Cet intitulé ne signifie pas pour autant que je prétende me référer à la littérature des premiers Européens pour tenter de cerner les origines du pupu. Cette absence ne devrait porter en fait aucun préjudice à l'analyse car celle-ci prend appui sur une méthodologie qui n'exige pas pour le moment une compilation exhaustive de la littérature des XVIIIè et XIXè siècles portant sur la Polynésie Française. En effet ma démarche s'organisera essentiellement autour de la recherche des constantes et des variables significatives concernant le pupu, à travers un état des travaux effectués en la matière. Le but ultime de cette analyse étant de proposer pour des recherches ultérieures un guide d'exploration plus sûr de la littérature ethnographique et le cas échéant de la mémoire orale de nos contemporains.


Jean-Marc Pambrun

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PENSER LA SPHERE DU POLITIQUE...

Dans un article paru en 2007 dans la Revue juridique polynésienne n° 13, Sylvie André analyse les oeuvres des écrivains polynésiens à la lumière comparative des littératures africaines et océaniennes. Si d'un côté, on peut se réjouir de voir que la littérature polynésienne laisse de moins indifférent les universitaires, de l'autre on peut s'interroger sur la pertinence des conclusions que l'auteure de cet article amène. J'ai été surpris par exemple de lire avec quelle facilité Sylvie André avait conclu que le héros de mon roman Le bambou noir et moi-même ne faisions qu'un alors que j'ai sans cesse insisté pour dire que mon roman pouvait ressembler à son auteur autant qu'un enfant à son père. Quoi qu'il en soit, en attendant une analyse aprofondie des thèses qui y sont avancées et qui ne saurait tarder, cet article est consultable sur le lien www.upf.pf et peut être téléchargé en PDF. Un défaut regrettable aussi à cet article : On ne sait pas qui a écrit quoi, car les références bibliographiques des citations empruntées aux auteurs polynésiens ne sont pas toujours signalées, comme en témoigne l'extrait que j'ai publie ci-après.

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